livré · livre

livré

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Remis. Les marchandises livrées à l'acheteur.

  2. Remis entre les mains de. Fig.

    Le plus innocent des hommes [Jésus] traité comme le plus criminel et livré à d'impitoyables bourreaux — Bourdaloue (1632-1704)

    Parmi les flots d'un peuple à soi-même livré — Voltaire (1694-1778)

  3. Qui est dévoué à quelqu'un. Absolument.

    Le régent devait savoir qu'on n'est jamais sûr de ceux qui se vendent, et que le premier président était de tout temps livré au duc du Maine par goût et par intérêt — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

    Que n'êtes-vous pas pour eux, pour leur nom, pour leur famille [des Grignans] ? toute livrée, toute dévouée, toute ruinée, toute détachée de votre famille, hors de votre maman — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Abandonné à, en proie à.

    [Mme de Guitaut qui venait d'accoucher] ne s'est non plus ménagée sur le bruit que si elle était reine ou dauphine, c'est tout dire ; car ces sortes de personnes sont entièrement livrées au bruit que donne la joie de leur accouchement — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Livré au péché, captif sous ses lois — Bossuet (1627-1704)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée LIVRÉ, ÉE.

livre

nom, /livʁə/

Définitions

  1. Assemblage de pages imprimées ou manuscrites réunies en un volume destiné à la lecture.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Œuvre de l'esprit publiée sous forme de volume, considérée dans son contenu.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Partie numérotée ou titrée structurant un ouvrage ancien ou un texte long en sections distinctes.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — ébauche — en attente de relecture · méthode.

  4. Registre où sont consignées des opérations comptables ou commerciales.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (16 sens) · 1873 (4 sens) · 1873 (6 sens) — Académie 1935 (41 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Réunion de plusieurs cahiers de pages manuscrites ou imprimées. Livre manuscrit. Livre imprimé. Les livres d'une bibliothèque. Livre doré sur tranche. Livres reliés, brochés. Les marges d'un livre. Chez les anciens, les livres étaient des rouleaux, c'est-à-dire une longue feuille de papyrus écrite sur une ou plusieurs colonnes, et roulée autour d'un bâton central (d'où volumen, rouleau, volume). Livre in-folio, in-quarto, in-octavo, in-douze, in-seize, in trente-deux, voy. ces mots. Livre en feuilles, livre imprimé qui n'est encore ni broché ni relié. Collationner un livre, voir si un livre est complet, s'il n'y manque pas quelque feuillet. Livre dépareillé, volume séparé des autres volumes d'un même ouvrage. Terme d'antiquité romaine. Livres de lin ou lintéens, voy. LINTÉENS. Livre contrefait, s'est dit autrefois d'un faux livre, c'est-à-dire d'un bloc de bois ou d'une boîte ayant la forme et les ornements extérieurs d'un livre. Cette locution n'est plus usitée. Traduire un auteur à livre ouvert, le traduire facilement à la première lecture. Fig. On dit aussi en parlant de la musique : chanter, accompagner, lire la musique à livre ouvert, lire, chanter, accompagner sans avoir besoin de préparation. À l'ouverture du livre, en ouvrant le livre. Je suis tombé à l'ouverture du livre sur le passage dont j'avais besoin. Ouvrir, fermer un livre. Fig. Après cela il faut fermer le livre, le point décisif est trouvé, et il n'y a plus rien à dire.

    Quoiqu'il soit plus vrai qu'il ne fut jamais que c'est faire de grands péchés que de faire de grands livres — Guez de Balzac (1597-1654)

    Ils reconnurent avec soin la terre, et la divisèrent en sept parts, qu'ils écrivirent dans un livre — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Fig. Terme de théologie. Le livre de vie ou des vivants, le décret de Dieu touchant les élus. Être écrit dans le livre de vie, être prédestiné à jouir du bonheur éternel.

    N'est-ce pas assez que ces dons fussent écrits de la main même du Seigneur dans le livre de vie ? — Massillon (1663-1742)

    Un prophète ouvrit le livre de vie : le nom d'Hiéroclès était effacé — Chateaubriand (1768-1848)

  3. Fig. Le livre du destin, des destins, l'ordre immuable suivant lequel les événements doivent s'accomplir. Cela était écrit dans le livre du destin, se dit d'un événement où l'on croit voir quelque fatalité.

    Il ouvrit à ses yeux le livre du destin — Voltaire (1694-1778)

  4. Ouvrage d'esprit, soit en prose, soit en vers, d'assez grande étendue pour faire au moins un volume. Livre bien écrit, mal écrit. Mettre un livre au jour. Publier, faire paraître un livre. Fig. Commencer, achever un livre, en commencer, en achever la lecture. Peuples du livre, nom qui désigne, dans le Coran, les juifs, les chrétiens et les sabéens. Les mauvais livres, les livres qui contiennent des doctrines subversives, et aussi les livres licencieux. Livre populaire, celui qui, par la modicité de son prix, est à la portée des moindres fortunes. Livres élémentaires, ceux qui enseignent les éléments de quelque science. Livres classiques, ceux des ouvrages littéraires qui, consacrés par le temps et par une approbation universelle, font autorité. Livres classiques, se dit aussi des livres qui servent dans les classes à l'instruction de la jeunesse. Livres de bibliothèque, ouvrages d'une grande étendue que l'on a pour les consulter, ou ouvrages sérieux qui figurent bien dans une bibliothèque et y font honneur. Livres d'église, livres de prières, les livres qui servent au clergé pour célébrer l'office divin, et aux fidèles pour suivre les prières qui se récitent ou se chantent à l'église. Livres de dévotion, livres qui servent aux exercices de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques. Livre de paix, le livre qu'on donne à baiser à la messe. Les saints livres, la Bible, la sainte Écriture. Fig. On ferait un livre de.... se dit pour exprimer que la chose dont on parle fournirait matière à de longs discours. Familièrement. Il n'a jamais mis le nez dans un livre, il n'a jamais rien lu, il est fort ignorant. Dévorer un livre, dévorer des livres, les lire avec une extrême avidité, une extrême promptitude. Sécher, pâlir sur les livres, lire avec une assiduité excessive. Familièrement. Parler comme un livre, parler sur un sujet avec grande connaissance, élégance et facilité. Parler comme un livre, se dit aussi pour faire la critique de quelqu'un qui s'exprime avec facilité, mais en termes recherchés. Parler livre, parler en savant. Fig. Brûler ses livres, voy. BRÛLER, n° 1.

    Et disent pour bonjour : Monsieur, je fais des livres — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Hâte-toi, mon ami, tu n'as pas tant à vivre ; Je te rebats ce mot, car il vaut tout un livre — La Fontaine (1621-1695)

  5. Fig. Il se dit de ce qui enseigne, instruit comme fait un livre. Le livre, le grand livre de la nature. Le livre du monde.

    Et me résolvant de ne chercher plus d'autre science que celle qui se pourrait trouver en moi-même ou bien dans le grand livre du monde — Descartes (1596-1650)

  6. Fig. Livre opposé à réalité, pratique.

    J'étais trop bien à Paris pour être longtemps bien à la cour ; c'était là mon crime dans l'esprit d'un Italien [Mazarin] politique par livre — Cardinal de Retz (1613-1679)

  7. Une des principales parties qui forment la division de certains ouvrages. Livres sacrés, livres canoniques, les livres de l'Écriture sainte qui sont reçus de toute l'Église. Livres apocryphes, ceux que l'Église ne reconnaît pas pour authentiques. Livres sapientiaux, les livres de la Bible qui sont plus particulièrement destinés à l'instruction morale, tels que la Sagesse, les Proverbes, etc. Livres historiques, livres prophétiques, certaines autres parties de l'Ancien Testament.

    Mes derniers livres [de l'Énéide] sont négligés ; je ne prétendais pas les laisser si imparfaits ; vous savez que je voulais les brûler — Fénelon (1651-1715)

    Il serait bien à souhaiter qu'on eût pu conserver son histoire [de Tite Live] ; il ne nous en reste que trente-cinq livres, dont quelques-uns même ne sont pas entiers ; ce n'est pas la quatrième partie de l'ouvrage, quelle perte ! — Rollin (1661-1741)

  8. Terme de musique. Se dit pour livraison, volume. Œuvre 51, 10e livre de duos de violon. Chant sur le livre, se dit du plain-chant ou contre-point à quatre parties, que les musiciens composent et chantent impromptu sur une seule.

  9. Il s'est dit jadis dans le sens de livret, libretto.

    L'opéra [de Proserpine, de Quinault] est au-dessus de tous les autres ; le chevalier dit qu'il vous a envoyé plusieurs airs, et qu'il a vu un homme [Quinault] qui doit vous avoir envoyé le livre — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Quinault apporta au roi chez Mme de Montespan trois livres d'opéra pour cet hiver — Dangeau (1638-1720)

  10. Registre sur lequel on inscrit ce qu'on reçoit et ce qu'on dépense. Livre de compte. Livre de dépense. Terme de banque et de commerce. Registre sur lequel on inscrit toutes les opérations financières ou commerciales qui se font. Livre de mise et de recette. Livres de commerce. Livre de caisse. Livres d'acceptations, d'échéances, etc. Tenir les livres, se dit, chez un négociant, de l'occupation qui consiste à enregistrer tout ce qui est vendu et acheté, et toutes les opérations commerciales en général. Ce commis sait bien tenir les livres. Étudier la tenue des livres. Il tient ses livres en partie double. Être porté, ou, simplement, être sur le livre d'un marchand, y être inscrit pour marchandise achetée. Fig. Être sur le livre de quelqu'un, être noté par lui comme objet de ressentiment, dont on essayera de se venger tôt ou tard. Livre journal, ou, simplement, journal, registre où l'on écrit jour par jour et de suite ce qu'on a reçu ou payé. Livre d'extrait, ou grand livre, ou, quelquefois, livre de raison, livre où l'on enregistre et classe les articles du livre journal. Par extension.

    Le maître d'hôtel et le cuisinier lui apporteront, tous les matins, leurs livres de dépenses — Mme de Genlis (1746-1830)

    L'anabaptiste Jacques en fit son teneur de livres — Voltaire (1694-1778)

  11. Absolument. Le grand-livre, la liste générale des créanciers de l'État. Ouvrir, fermer le grand-livre, contracter un emprunt, renoncer à en contracter jamais.

    La principale base du projet de votre commission pour annuler promptement tous les anciens titres de créances, pour simplifier les mutations, les oppositions et la comptabilité, et pour faciliter le payement annuel dans les chefs-lieux de district, consiste à former un livre qu'on appellera grand-livre de la dette publique ; il sera composé d'un ou plusieurs volumes ; on y inscrira toute la dette non viagère — CAMBON

    Toute la dette publique non viagère sera enregistrée par ordre alphabétique des noms des créanciers, sur un grand-livre en un ou plusieurs volumes, dont le modèle est annexé au présent décret — ID.

  12. Terme d'ancienne administration. Garde des livres, officier qui avait soin des titres de la chambre des comptes.

  13. Terme de marine. Livre du bord, registre sur lequel on enregistre les marchandises et même les passagers. Livre de loch, registre sur lequel on inscrit, outre les routes mesurées par le loch, les variations du vent, les différentes voilures sous lesquelles le navire a couru, enfin tous les incidents et accidents de la navigation. Anciennement, registre sur lequel l'écrivain inscrivait les marchandises embarquées. Livre de signaux, ouvrage qui contient la nomenclature des signaux et des instructions sur la tactique.

  14. Terme d'administration militaire. Cahier de compte employé dans les régiments. Livre de compagnie, de police, de punition, d'ordre, de détail, etc.

  15. Livre blanc, livre qui est tout de papier blanc, sur lequel on n'a encore rien écrit. Livre rouge, registre sur lequel étaient portées les dépenses secrètes de la cour, pendant les règnes de Louis XV et de Louis XVI. Fig. Il est écrit sur le livre rouge, c'est-à-dire il est marqué ou noté pour quelque faute qu'il a déjà commise. Livre noir, se dit des livres qui traitent de sorcellerie, de nécromancie. Le livre d'or, le registre où étaient inscrits les noms des nobles, dans quelques républiques. Livre d'or s'est dit, sous la Restauration, du registre contenant les noms des pairs de France.

  16. Aujourd'hui, livre, accompagné d'une épithète désignant la couverture du livre, se dit des pièces, documents, rapports, etc. que les gouvernements soumettent aux chambres ou au pays pour leur faire connaître leur politique, leur conduite. En France, le livre bleu est pour les affaires intérieures, et le livre jaune pour les affaires extérieures (cet usage ne date que de 1852). En Angleterre, il y a aussi un livre bleu. Le compte rendu de Necker sur les finances de 1781 avait une couverture bleue, et, comme les conclusions en furent contestées, on l'appela le conte bleu.

Étymologie : Provenc. libre ; catal. llibre ; espagn. libro ; portug. livro ; ital. libro ; du lat. liber, proprement la pellicule entre le bois et l'écorce, pellicule qui a donné son nom au livre, attendu qu'on a écrit anciennement dessus.

Historique : XIe s. Marsiles fait porter un livre avant XIIe s. Seient eslavé [effacé] del livre des vivanz, e ot [avec] les justes ne seient escrit Il prist un livre, si i list sans faillance De pluisurs altres choses unt entr'els desputé, Dunt um ne m'a encore acointié n'acerté, Ne tut ne puet pas estre en mun livre noté XIIIe s. Qui le livre as histoires me montra, où je vi.... À desenor [à déshonneur] muert [meurt] à bon droit Qui n'aime livre ne ne croit XVe s. Les bons livres font les bons clers Serment sur le livre et sur la croix Ou j'arderay tous les livres que j'ay, Qui ont traitté de vertus et d…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Ancienne unité de poids en France, mais unité très mal déterminée puisqu'elle variait, selon les provinces, de 380 à 552 grammes ; de plus, la division n'était pas partout la même : à Paris, elle se divisait en 16 onces ; dans l'Ain, elle en valait 18 ; à Lyon, elle n'en valait que 12. Une demi-livre. Une livre et demie. Des chandelles de six à la livre. Vendre à la livre, vendre au poids. Il porterait cent livres pesant, il porterait un poids de cent livres. Dans cette locution, on peut supprimer le mot livres : cent pesant, deux cents pesant, etc.

    La livre de pain valait alors à Paris vingt-quatre de nos sous ; le peuple souffrait, les aumônes ne suffisaient pas ; plusieurs provinces étaient dans la disette — Voltaire (1694-1778)

    Des douze onces qui composaient la livre de Charlemagne, Philippe 1er en prit huit pour former le poids de marc à l'usage des monnayeurs ; le roi Jean doubla le marc et composa la livre actuelle de seize onces — SAIGEY

  2. Livre métrique ou livre nouvelle, livre de 500 grammes ou demi-kilogramme.

  3. Poire de livre, variété de poire qui est très grosse, dite à Paris poire de catillard.

  4. Terme de tapissier. Demi-livre allongée, petit clou à tête plate, servant à fixer la toile de tenture sur les châssis. Se dit aussi d'un petit clou propre à arrêter les treillages.

Étymologie : Lat. libra ; comp. le grec λίτρα.

Historique : XIIIe s. Pesée m'est à la grant livre Mesaventure et mescheance

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 3

s. f.

  1. Anciennement, monnaie de compte qui valait un poids d'argent d'une livre, et qui fut progressivement réduite dans le cours du temps.

    Charlemagne ayant ordonné que le sou d'argent serait précisément la vingtième partie de douze onces, on s'accoutuma à regarder, dans les comptes numéraires, vingt sous comme une livre — Voltaire (1694-1778)

    Le legs que fit Louis VIII de trente mille livres une fois payées à son épouse la célèbre Blanche de Castille, revenait à cinq cent quarante mille livres d'aujourd'hui — Voltaire (1694-1778)

  2. Monnaie de compte qui se divisait en sous et deniers, et qui représentait un poids d'argent de moins de 5 grammes et une valeur moindre que le franc du système métrique. La livre tournois était de vingt sous, la livre parisis de vingt-cinq sous. Compter par livres, sous et deniers. En calculant, on pouvait employer livre dans tous les cas, et dire : une livre, deux livres, trois livres, quatre livres, cinq livres, six livres, cinq cents livres, etc. ; mais, dans le langage ordinaire, on disait plutôt : vingt sous, quarante sous, un écu, quatre francs, cent sous, six francs, cinq cents francs, etc. Mais, lorsque la somme ne faisait pas un compte rond, on préférait le mot livre : trois livres cinq sous, cinq cent trente-deux livres, etc. Fig. Faire de cent sous quatre livres et de quatre livres rien, dissiper son bien en mauvais marchés, en folles dépenses.

    Plus une potion cordiale et préservative, composée avec douze grains de bézoard, sirop de limon et grenades, et autres, suivant l'ordonnance, cinq livres — Molière (1622-1673)

    Prends-moi le bon parti, laisse-là tous les livres ; Cent francs au denier cinq, combien font-ils ? vingt livres ; C'est bien dit, va, tu sais tout ce qu'il faut savoir — Boileau (1636-1711)

  3. Il se dit aujourd'hui pour franc, quand on parle d'un revenu annuel. Avoir dix mille livres de rente.

  4. Au sou, au marc, la livre (c'est-à-dire un sou, un marc pour une livre), en proportion de ce que chacun a mis de fonds dans une entreprise, ou de ce qui lui est dû dans une affaire commune. Venir, partager, payer au marc la livre.

  5. Livre sterling, voy. STERLING.

  6. Livre de terre, portion de terrain qui rapportait une livre de rente.

Étymologie : Livre 2, parce que la livre monnaie fut, dans l'origine, aussi pesante que la livre poids.

Historique : XIe s. Mielz [mieux] en valt [vaut] l'orl [ourlet] que ne font cinq cenz livres XIIe s. Car teiz [tel] a un denier en sa borce qui n'i a pas cinq livres Li mueble et li heritage au deteur doivent estre pris et vendus et paiés as creanciers à la livre, selonc ce que le dette est grans Cinq cens livres par an à chascun [il] donra

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Assemblage de plusieurs feuilles de papier, de vélin ou de parchemin, imprimées ou écrites à la main, cousues ensemble et formant un volume broché ou relié. Livre manuscrit. Livre imprimé. Livre stéréotypé. Livre doré sur tranche, marbré sur tranche. Les livres d’une bibliothèque. Catalogue de livres. La marge, les marges d’un livre. Les feuilles, les feuillets, les pages, la couverture, la tranche, le dos, le signet, les coins d’un livre.

  2. Livre en feuilles, Les feuilles imprimées d’un livre qui n’est encore ni broché ni relié.

  3. Livre in-folio ou In-folio. Voyez

  4. IN-FOLIO. Livre in-octavo ou In-octavo. Voyez IN-OCTAVO. On dit de même Livre in-douze, in-seize, in- trente-deux, etc.

  5. Livre dépareillé, Volume séparé des autres volumes d’un même ouvrage, par la perte ou par la destruction de ceux-ci.

  6. LIVRE signifie aussi Registre sur lequel on inscrit ce qu’on reçoit et ce qu’on dépense, ce qu’on achète et ce qu’on vend, ses dettes actives et ses dettes passives, etc. Livre de compte. Livre de dépense. écrivez, mettez cela sur votre livre. Livres de commerce. Livre de caisse. Livre d’inventaire. Livre de marchandises. Livres paraphés. Exhiber ses livres en justice.

  7. Livre de raison désignait jadis un Journal tenu par le chef de famille qui inscrivait, avec ses comptes, les événements tels que naissances, mariages, etc., et ses propres réflexions.

  8. En termes de Commerce, Livre de recettes, Livre de dépenses, Livre de copies de lettres, Livres d’échéances.

  9. Livre journal. Voyez

  10. JOURNAL.

  11. Tenue, teneur de livres. Voyez

  12. TENUE , TENEUR. Tenir les livres en partie double. Voyez TENIR.

  13. Grand Livre. Voyez ce mot à son ordre alphabétique.

  14. Livre de bord, Registre sur lequel le capitaine d’un navire doit inscrire tous les ordres donnés et tient le journal de la traversée.

  15. Livre de loch, Registre sur lequel on inscrit, outre les routes mesurées par le loch, les variations du vent et les divers incidents de navigation.

  16. Le livre d’or, Le registre où étaient inscrits les noms des nobles, dans quelques républiques. Le livre d’or de Venise.

  17. Livre d’or se dit aujourd’hui de la Liste des personnes qui sont l’honneur d’une Société, d’une compagnie.

  18. LIVRE se prend aussi pour Un ouvrage de l’esprit, soit en prose, soit en vers, d’assez grande étendue pour faire au moins un volume. Livre bien écrit, mal écrit. Livre instructif, futile, dangereux. Livre prohibé, vendu sous le manteau, mis à l’index. Livre anonyme, posthume. Livre revu, corrigé et augmenté par l’auteur. Livre de théologie, de droit, de jurisprudence, de médecine, d’architecture, etc. Le titre, l’index, la table d’un livre. Publier, faire paraître un livre. Dédier un livre à quelqu’un. Lire, feuilleter, parcourir un livre.

  19. Mauvais livre, Livre dangereux, condamnable.

  20. Livres élémentaires, Ceux qui contiennent les éléments de quelque science.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • livres — pluriel — /livʁə/
  • livre — singulier — /livʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée livre#37260.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.