litière
nom, féminin, /litjɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Lit couvert porté sur deux brancards, par deux ou plusieurs chevaux ou mulets, l'un devant, l'autre derrière. Fig. Tête-à-tête, secret, par comparaison avec le tête-à-tête d'une litière.
Vous y allez donc en litière, quelle fantaisie ! j'ai vu que vous n'aimiez les litières que quand elles étaient arrêtées ; vous êtes bien changée — Mme de Sévigné (1626-1696)
Mme de la Fayette arriva avant-hier de Chantilly en litière ; c'est une belle allure ; mais son côté ne peut souffrir le carrosse — Mme de Sévigné (1626-1696)
Chez les anciens Romains, voiture portée par des hommes.
Lucile le premier.... Vengea l'humble vertu de la richesse altière, Et l'honnête homme à pied du faquin en litière — Boileau (1636-1711)
Espèce de chaise à porteurs dans laquelle on s'étendait sur un matelas.
Par extension, lit de paille ou de fourrage bien sec, placé sur le sol des écuries et étables pour protéger les animaux contre le froid, favoriser leur repos, absorber les excréments liquides, etc. Litière fraîche. Vieille litière. Litière sautée, se dit de la litière des étables, quand on a enlevé le crottin, en la remuant avec une fourche. Ce cheval est sur la litière, il est malade ou estropié à ne pouvoir sortir de l'écurie. Par extension. Être sur la litière, être malade au lit ou incapable d'agir par suite de fatigue ou par l'effet d'une âge avancé. Fig. Faire litière d'une chose, la prodiguer, la répandre avec profusion, comme on répand la litière sous les animaux. Il signifie aussi sacrifier misérablement. Faire litière de son honneur.
Elles [des mules] avaient, dans les écuries du couvent, de la litière jusqu'au ventre — Lesage (1668-1747)
Pour litière on ne leur donne [aux chevaux] en Perse que du sable et de la terre en poussière bien sèche, sur laquelle ils reposent et dorment aussi bien que sur la paille — Buffon (1707-1788)
Terme de magnanerie. Le résidu de la feuille non mangée et les excréments des vers.
Étymologie : Berry, letière ; bourg. liteire ; prov. leisiera, littiera ; catal. llitera ; esp. litera ; du bas-latin lectaria, qui vient de lectus, lit.
Historique : XIIe s. À son tinel [avec sa massue] fist de Turs tel lietiere, Que sus la terre cuert li sans com riviere XIIIe s. Que cest bois ne te soit à tousjours mais litiere [tombeau] Blanchefleur la royne [ils] ont en litiere mis Entre deux palefrois Puis [ils] establerent les cevaux [chevaux] ; Moult les firent bien aaisier Et de litiere et de mangier Si come li rois et li archevesques de Rains s'en revenoient, si les prist maladie grans, et furent mis en litiere et furent portés jusques à Monpansier XIVe s. Aux chiens qui vienent des bois et de la chasse fait l'en lictiere devant leur maistre À mes…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Paille ou autre espèce de fourrage qu’on répand dans les écuries, dans les étables pour que les bêtes puissent s’y coucher. Faire la litière aux chevaux, aux vaches, etc.
Ce cheval est sur la litière, Il est malade ou estropié à ne pouvoir sortir de l’écurie.
Fig., Faire litière d’une chose signifiait autrefois La prodiguer, la répandre avec profusion.
On dit encore aujourd’hui Faire litière de son honneur, Faire peu de cas de son honneur, le fouler aux pieds.
Il se disait et se dit encore quelquefois d’une Sorte de lit ordinairement couvert, porté sur des brancards par des chevaux, des mulets et quelquefois des hommes.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- litières — pluriel — /litjɛʁə/
- litière — singulier — /litjɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée litière#37221.