lisière

lisière

nom, féminin, /lizjɛʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Ce qui forme le bord d'une étoffe dans le sens de la longueur, ou, ce qui est la même chose, dans le sens de la chaîne ; ce bord est plus serré que le reste de l'étoffe. Lever les lisières d'un drap. Dans quelques étoffes, la lisière est d'un autre tissu et d'une autre couleur que le fond. Chaussons de lisières, chaussons faits avec des lisières. Les lisières sont pires que le drap, se dit à un homme, qui, se défendant d'être d'un pays qui a quelque mauvais renom, assure qu'il n'en est que voisin. Dans les campagnes normandes, ce proverbe est : la lisière est pire que le drap, et signifie que les domestiques sont plus insolents envers les étrangers que les maîtres.

    Leurs lisières seront rayées à milles raies, dans telles couleurs que les fabricants jugeront convenable d'adopter,

  2. Cordons attachés à la robe d'un enfant pour le soutenir quand il marche ; ainsi dits parce qu'ils sont souvent faits avec de la lisière de drap. Fig. Ce qui sert à guider, à soutenir, comme une lisière guide, soutient. Fig. Il sera toujours à la lisière, c'est un homme qu'on mène à la lisière, par la lisière, se dit d'un homme qui se laisse gouverner.

    Émile n'aura ni bourlet ni lisières — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    La duchesse de Bourgogne fut peut-être trop enfant pour tenir une lisière — Saint-Simon (1675-1755)

  3. Parties extrêmes d'un champ, d'un pays, par comparaison avec la lisière qui borde une étoffe. La lisière de Champagne, de Picardie. La lisière, les lisières d'un bois, d'une forêt. Fig. Par extension, les plantes mêmes qui viennent sur le bord d'un terrain. Terme d'eaux et forêts. Les arbres qui se trouvent sur l'extrémité d'un bois, d'un canton de bois, ou même d'une coupe.

    Du côté de la terre, au delà de cette large lisière de palétuviers... s'étendent encore des savanes noyées — Buffon (1707-1788)

    La lisière du bois était bordée d'une infinité de noisetiers, de mûriers et de framboisiers — Mme de Genlis (1746-1830)

  4. Adj. Vaches lisières, deuxième classe de vaches laitières dans le système de classification de Guenon, caractérisées par un écusson qui s'élève, des mamelles jusqu'à la vulve, sous forme d'une bande étroite comme une lisière.

Étymologie : Berry, liseire ; esp. lisiera. Lisière est, d'après Diez, pour listière, et est dérivé de liste, bordure (voy. LISTE 1). Cela paraît très probable ; cette étymologie est encore appuyée par lisse 4, qui est évidemment pour liste.

Historique : XIIIe s. Nus ne puet avoir drap espaulé, c'est à savoir drap delquel la chayne ne fust aussi bone au milieu come aus lisieres, que il ne soit en vingt sols d'amende Estanforz et tous dras à lisiere XVIe s. Timoleon n'estoit encore que attaché, par maniere de dire, à une petite lisiere de la Sicile, n'y tenant encore que la petite ville de Tauromenion avec bien peu de puissance Faut que les bandes n'ayent aucun ourlet, liziere, ny cousture [les différentes rimes qui entrent dans une pièce de vers sont appelées] lisieres c'est à dire terminaisons

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Ce qui termine des deux côtés la largeur d’une étoffe; la partie où la trame s’est bouclée par le retour de la navette sur elle-même. Dans quelques étoffes, la lisière est d’un autre tissu et d’une autre couleur que le fond. Lisière rouge, bleue, rayée, etc. Lisière d’or, d’argent. Ce drap a un mètre quarante centimètres de large entre les deux lisières. Chaussons de lisières.

  2. Il se dit, par extension, des Bandes d’étoffe, des cordons, qu’il a été d’usage d’attacher par derrière aux vêtements des petits enfants pour les soutenir quand ils commençaient à marcher.

  3. Fig. et fam., Tenir quelqu’un en lisières se dit de Quelqu’un qui exerce un empire, une tutelle sur un autre.

  4. Il a signifié aussi figurément les Extrémités d’une contrée, d’un pays considéré comme limitrophe d’un autre. La lisière de Champagne, de Picardie. On dit encore La lisière, les lisières d’un bois. En lisière d’une forêt.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • lisières — pluriel — /lizjɛʁə/
  • lisière — singulier — /lizjɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lisière#37156.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.