lion

lion

nom, masculin, /ljɔ̃/

Définitions

  1. Grand félin carnivore d'Afrique, dont le mâle porte une crinière.

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  2. Personne d'un grand courage, hardie et redoutable.

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  3. Signe du zodiaque correspondant à la constellation du même nom.

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Voir aussi : forme féminine lionne

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m. et f.

  1. Quadrupède carnivore, très courageux, qui habite principalement l'Afrique ; le mâle a le cou entouré d'une crinière. Fig. Il faut coudre la peau du renard à celle du lion, il faut joindre la ruse, la prudence à la valeur. C'est l'âne couvert de la peau du lion, se dit d'un faux brave qui prend un ton menaçant. Dans le monde des précieuses, on avait donné le surnom de la Lionne à Mlle Paulet. Le partage du lion, tout d'un côté et rien de l'autre, par allusion à la fable où la chèvre, la génisse et la brebis sont en société avec le lion. Fig. Battre le chien devant le lion, se dit, lorsque, quelqu'un ayant fait une faute dont on n'ose le reprendre directement, on reprend un autre devant lui de la même faute. Fig. C'est un lion, un vrai lion, c'est-à-dire il est hardi comme un lion, il est très brave. Cœur de lion, un homme vaillant et magnanime. Se défendre comme un lion, se défendre avec un très grand courage. Familièrement. Être comme un lion, comme un petit lion, montrer beaucoup de chaleur, d'emportement, de colère dans un débat. Fig. C'est une lionne, une vraie lionne, elle est comme une lionne, se dit d'une femme en fureur. Fig. Le lion populaire, le peuple déchaîné dans quelque grande et vaillante action.

    Le malheureux lion se déchire lui-même, Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs, Bat l'air qui n'en peut mais.... — La Fontaine (1621-1695)

    Le lion, terreur des forêts, Chargé d'ans, et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par ses propres sujets, Devenus forts par sa faiblesse — La Fontaine (1621-1695)

  2. Fig. Homme hardi et courageux.

    Et lions au combat, ils [les chrétiens] meurent en agneaux — Pierre Corneille (1606-1684)

    S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prévoyance et un courage intrépide, ce fut lorsqu'il s'agit d'assurer la garde des trois illustres captifs [le prince de Condé et les deux autres princes].... mais où garder des lions toujours prêts à rompre leurs chaînes ? — Bossuet (1627-1704)

  3. Terme d'astronomie. Lion de Némée ou Lion cléonien (ainsi dit de Cléones dans l'Argolide), une des constellations du zodiaque (on met une majuscule). Petit Lion, constellation boréale placée entre le Lion et la grande Ourse. Le cinquième signe du zodiaque, c'est-à-dire le signe qui, à raison de la révolution annuelle de la terre, semble parcouru, à peu près du 20 juillet au 20 août, par le soleil (voy. SIGNE pour la différence entre signe et constellation).

    Le droit a ses époques : l'entrée de Saturne au Lion nous marque l'origine d'un tel crime — Pascal (1623-1662)

    Tout l'été, loin de toi, demeurant au village, J'y passe obstinément les ardeurs du Lion — Boileau (1636-1711)

  4. Terme venu d'Angleterre, et qui, par allusion aux lions de la tour de Londres visités par tous les voyageurs, a été appliqué d'abord à des personnages célèbres à un titre quelconque que la haute société invitait pour se faire honneur de leur présence. Le lion du jour. Se dit, par extension, de jeunes gens riches, élégants, libres dans leurs mœurs, et qui affectent une certaine originalité, et particulièrement font de grandes dépenses. C'est un lion. Lionne se dit d'une femme qui a à peu près le même genre de vie et les mêmes prétentions.

    On sait que la race à laquelle le lion appartient a toujours vécu en France sous divers noms ; ainsi le lion s'est appelé autrefois raffiné, muguet, homme à bonnes fortunes, roué ; plus tard muscadin, incroyable, merveilleux ; dernièrement enfin dandy et fashionable ; aujourd'hui c'est lion qu'on le nomme — FR. SOULIÉ

    C'est ma maîtresse, ma lionne — Alfred de Musset (1810-1857)

  5. Terme de blason. Lion dragonné, monstre, moitié lion, moitié serpent, qui figure dans quelques armoiries. Lion d'hermine, lion couvert d'une fourrure d'hermine. Lion de Saint-Marc, lion ailé, symbole de l'ancienne république de Venise. Lion de Belgique, animal héraldique qui a figuré dans les armoiries des différentes provinces des Pays-Bas, depuis les croisades. On dit plus souvent aujourd'hui le lion belge.

    En vain au lion belgique Il voit l'aigle germanique Uni sous les léopards — Boileau (1636-1711)

  6. Terme de marine. Pièce de bois servant à relier la tête des épontilles de la cale avec le pont. Pièce de bois sculptée qui orne le dessous du beaupré. Fosse aux lions ou aux liens, magasin où l'on sert divers cordages.

  7. Lion, monnaie, sous le règne de François 1er, qui portait la figure de cet animal, valait 53 sols 9 deniers, et pesait 3 deniers 5 grains. Lion d'or, lion d'argent, monnaies de Belgique.

  8. Chien-lion, sorte de chien.

    L'épagneul et le petit danois produisent le chien-lion, qui est maintenant fort rare — Buffon (1707-1788)

  9. Lion des pucerons, nom donné à des larves d'hémérobes.

  10. Terme d'alchimie. Lion vert, le mercure philosophal et la teinture du vitriol. Lion rouge, le plomb suroxydé ou minium.

  11. Dent de lion, pissenlit.

Étymologie : Provenç. leo, leona, leonessa ; espagn. leon ; portug. leão, leoa ; ital. leone ; du lat. leonem, qui vient du grec λέων. Selon Pictet, λέων, pour λέϝων, viendrait du sanscrit lavant, participe présent du radical lu, déchirer ; il est certain que l'hiatus des voyelles ε-ω fait supposer un ϝ intermédiaire, et que ων-οντος est une forme de participe présent.

Historique : XIe s. Vus lui durrez [donnerez] ors [ours] et leons et chiens XIIe s. Il fiert Gerin en l'escu à lion Et en bataille hardi come lion XIIIe s. Ours ne lion n'est ne beste sauvage, Qui, tel foiz est, ne freigne son vouloir De faire mal et ennui et domage Et fu acompli la prophesie que on dist que Merlins avoit dit ; car il dist que li dous lions de France morroit à Monpansier XIVe s. Et aussi le lyon ne se esjoit pas en oïr la voix du beuf, mes pour le beuf mengier XVe s. Qui chevalier est.... doit estre fier et hardi comme un lion quand il a le bassinet en la teste XVIe s. Il n'y eut jamais bo…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n.

  1. Quadrupède carnivore, de la famille des Félins, d’un poil tirant sur le roux, très fort, très courageux, qui habite principalement l’Afrique : le mâle a le cou entouré d’une crinière. On appelle le lion le roi des animaux. La gueule, les ongles d’un lion. Le lion rugit. Une lionne qui défend ses petits est redoutable.

  2. Fig., C’est un lion, un vrai lion, il est hardi comme un lion, Il est très brave. Se défendre comme un lion, Se défendre avec un très grand courage.

  3. Fig., C’est une lionne, une vraie lionne, elle est comme une lionne, se dit d’une Femme en fureur.

  4. Prov. et fig., Coudre la peau du renard à celle du lion, Joindre la ruse à la force.

  5. Fig. et fam., C’est l’âne couvert de la peau du lion, se dit d’un Faux brave qui prend un ton menaçant.

  6. Fig., Il s’est fait la part du lion, La part démesurée dont s’empare le plus fort.

  7. Lion marin, Quadrupède amphibie du genre des phoques qui porte une crinière.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • lions — pluriel — /ljɔ̃/
  • lion — singulier — /ljɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lion#37101.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.