lièvre
nom, masculin, /ljɛvʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
Quadrupède sauvage, très léger à la course et fort timide, de l'ordre des rongeurs. On a employé le sang de lièvre comme médicament. ....Pour vous faire juger de l'état de ma jambe.... je marche tant que je veux ; je mets d'une eau d'émeraude. Prendre un lièvre à l'accroupie, le prendre le matin dans son terrier. Lièvre en forme, voy. FORME, n° 22. Terme de blason. Lièvre en forme, lièvre arrêté et assis sur ses pattes. Lièvres ladres, lièvres qui cherchent les eaux et se font chasser dans les étangs, les marais et autres lieux fangeux ; ils ont la chair de mauvais goût. Familièrement. Être peureux comme un lièvre, être fort peureux. Lancer un lièvre, le faire partir de son gîte ; et fig. soulever une difficulté. Fig. Lever le lièvre, être le premier à faire quelque ouverture, à proposer quelque chose dont les autres ne s'étaient point avisés. Il a une mémoire de lièvre, il la perd en courant, ou, simplement, il a une mémoire de lièvre, se dit d'un homme qui n'a pas bonne mémoire, qui oublie facilement ce qu'on lui dit, ce qu'on l'envoie quérir. Mener une vie de lièvre, être poursuivi, harcelé, tourmenté. Gentilhomme à lièvre, gentilhomme qui avait peu de revenu, et qui était réduit à vivre de sa chasse. Fig. Bailler le lièvre par l'oreille, amuser quelqu'un, le leurrer, le tromper. Fig. Prendre le lièvre au corps, aller directement à ce qui est essentiel, locution tirée du lévrier qui saisit le lièvre par le corps. Fig. Courir le même lièvre, ambitionner la même place, rechercher la même femme, etc.
Le lièvre est impur, parce que, quoiqu'il rumine, il n'a point la corne fendue — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Un lièvre en son gîte songeait ; Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe ? — La Fontaine (1621-1695)
Terme de chirurgie. Bec de lièvre, vice de conformation, dans lequel la lèvre supérieure est fendue. Avoir un bec de lièvre. Être bec de lièvre.
Lièvre changeant, espèce de lièvre propre aux climats froids et qui est plus grand d'un quart que le nôtre, ainsi dit parce que son pelage est différent en hiver et en été. Lièvre des Patagons, lièvre pampa, différents noms de l'agouti. Lièvre sauteur, l'helamys, rongeur voisin des gerboises, habitant le cap de Bonne-Espérance.
Terme d'astronomie. Le Lièvre, nom d'une constellation de l'hémisphère austral (on met une majuscule en ce sens).
Lièvre marin, genre de mollusques qu'on nomme aussi aplysie. Lièvre de mer, lièvre marin, se dit aussi du cycloptère lump et de la blennie ocellée, poissons.
Lin de lièvre, voy. LIN.
Étymologie : Wallon, lîv ; Maine, gueuvre ; Berry, lieuve, lieube ; picard, lieuve, yeuve ; génev. la lièvre ; du lat. lepus, leporem ; bas-lat. leborem.
Historique : XIe s. Pour un sul levre [il] vat tute jor cornant XIIe s. Plus il a d'enemis que lievres en essart [lande] [Je] Ne doi mie avoir cuer [cœur] de lievre, Quant por lui sui en ceste queste XIIIe s. Cil qui fait grant force comment on doit depecier [découper] le lievre et la geline Et si sunt il plus gentil homme, Que cil qui vont chacier as lievres XIVe s. L'en congnoist l'aage d'un lievre au nombre des pertuis qui sont dessoubs la queue ; car pour tant de pertuis, tant d'ans XVe s. Sire, dist la dame, besoin fait vieille trotter, et cremeur [crainte] fait lievres tumber Ce n'est pas viande pres…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Quadrupède mammifère rongeur, à longues oreilles, qui a les pattes de derrière plus longues que celles de devant, ce qui le rend très rapide à la course. Un lièvre au gîte. Courir, faire lever, lancer le lièvre. Pâté de lièvre. Civet de lièvre. Un râble de lièvre.
Fam., être peureux comme un lièvre, être fort peureux, fort timide.
Fig. et fam., Lever le lièvre, être le premier, dans une recherche, à signaler un fait significatif et important, le plus souvent dissimulé, ou être le premier, dans une discussion, à soulever à l’improviste une question embarrassante. C’est lui qui a levé le lièvre. Il ne fallait pas lever ce lièvre-là.
Prov. et fig., Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois; qui court deux lièvres n’en prend aucun, Quand on poursuit deux affaires à la fois, on s’expose à ne réussir ni dans l’une ni dans l’autre.
Fig. et fam., Courir le même lièvre, Ambitionner la même place, poursuivre la même affaire.
Bec-de-lièvre, Difformité congénitale qui consiste à avoir la lèvre supérieure fendue. Avoir un bec-de-lièvre. être-bec-de-lièvre.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- lièvres — pluriel — /ljɛvʁə/
- lièvre — singulier — /ljɛvʁə/
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