lieutenant

lieutenant

nom, masculin, /ljœtənɑ̃/

Voir aussi : forme féminine lieutenante

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Celui qui tient la place d'un chef et qui commande en son absence. Fig.

    [L'homme que].... Ton absolu pouvoir [Ô Dieu] a fait son lieutenant — Malherbe (1555-1628)

    Je lui prête mon bras et veux dès maintenant, S'il daigne s'en servir, être son lieutenant — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Lieutenant général du royaume, celui qui fait les fonctions du roi, quand le roi n'est pas reconnu pour quelque cause que ce soit, quand il est prisonnier, etc. ; titre donné à quelques grands officiers, et qui fut pris par le duc de Mayenne pendant la ligue après l'assassinat de Henri III, et avant que les catholiques eussent reconnu Henri IV ; et conféré en 1830 au duc d'Orléans, dans l'intervalle entre la déchéance de Charles X et l'établissement de la royauté de la branche cadette.

    Henri II déclare le duc de Guise vice-roi de France, sous le nom de lieutenant général du royaume, il était en cette qualité au-dessus du connétable — Voltaire (1694-1778)

    [Le duc de Mayenne] Ce lieutenant sans chef, ce roi sans diadème, Toujours dans son parti garde un pouvoir suprême — Voltaire (1694-1778)

  3. Dans l'armée, officier qui est immédiatement après le capitaine, le deuxième officier d'une compagnie. Lieutenant-colonel, celui qui commande le régiment après le colonel. Lieutenant général, officier supérieur qui occupait le second grade dans les armées. Lieutenant général des armées du roi, ou, simplement, lieutenant général, s'est dit aussi pour le grade qu'on nomme aujourd'hui général de division. Lieutenant de roi, ou commandant d'armes, celui qui commandait en l'absence du gouverneur, dans une place de guerre.

    D'Alchy était capitaine avec le commandement de mestre-de-camp, après avoir été lieutenant-colonel — Saint-Simon (1675-1755)

    Il [le prince de Condé] avait pour lieutenants généraux MM. les maréchaux d'Humières et de Bellefonds — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Dans la marine, aujourd'hui, lieutenant de vaisseau, officier dont le grade est immédiatement inférieur à celui de capitaine de frégate, et qui a le rang des capitaines de l'armée de terre, dont il porte les insignes, consistant en deux épaulettes d'or à petites torsades. Lieutenant en pied, l'officier en second d'un bâtiment de guerre, quel que soit son grade. Anciennement, lieutenant général des armées navales, titre de l'officier général qui commandait sous le vice-amiral ; au XVIIe siècle, il avait le rang des vice-amiraux actuels. Anciennement, lieutenant général des galères, officier général qui commandait les galères de France, sous les ordres du général des galères. Anciennement, lieutenant de l'amiral, fonctionnaire qui, dans les siéges particuliers d'amirautés, exerçait, au nom de l'amiral de France, une surveillance active sur tout ce qui était de la charge et des prérogatives de ce dignitaire. Anciennement, lieutenant de galère, officier qui, dans le commandement d'une galère, remplaçait au besoin le capitaine. Anciennement, lieutenant de galiote, grade créé en 1684 ; les lieutenants de galiote eurent rang immédiatement après les lieutenants de vaisseau, à la place des lieutenants de frégate légère.

    Anciennement, lieutenant de frégate légère, officier qui prenait rang entre les lieutenants et les enseignes de vaisseau,

    Anciennement, lieutenant de flûte, titre d'un officier qui servait sur les flûtes, en qualité de lieutenant,

  5. Dans l'ordre civil. Lieutenant civil, le magistrat du Châtelet, lieutenant du prévôt de Paris, qui connaissait des causes civiles. Lieutenant criminel, magistrat qui connaissait des causes criminelles. Lieutenant général, celui qui présidait le tribunal d'une sénéchaussée, d'un bailliage. Lieutenant général de police, magistrat qui avait à Paris la direction de la police. Lieutenant criminel de robe courte, lieutenant du prévôt de Paris, qui remplissait à peu près les fonctions du préfet de police de nos jours.

    Le lieutenant civil d'Aubray (il n'y avait point encore de lieutenant de police) alla à Port-Royal-des-Champs faire sortir tous les solitaires qui s'y étaient retirés, et tous les jeunes gens qu'ils élevaient — Voltaire (1694-1778)

    Le roi [Louis XI] nomma, le même jour, Claustre, conseiller au parlement, et Mariette, lieutenant criminel, et Potin, examinateur au Châtelet, pour informer de tous les effets du cardinal Balue, et les délivrer par inventaire à Lhuillier, notaire et secrétaire du roi — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

  6. Terme de vénerie. Lieutenant de louveterie, celui qui avait une permission de chasse étendue et accordée sous la condition d'avoir un équipage pour détruire les loups.

Étymologie : Lieu, et tenant, celui qui tient le lieu, la place ; provenç. loctenent ; espagn. lugartiniente ; portug. logotenente ; ital. locotenente.

Historique : XIVe s. À tous les justiciers et officiers du royaume, leurs lieuxtenanz et à chascun d'eulx... Lesdits lieutenants dudit amiral seront par luy establis tels que dessus est dit, gens de bonne vie, sages et bien nommez [de bon renom], Ordonn. de Charles VI XVe s. Furent lues les lettres de l'empereur, par lesquelles il constituoit le roi Edouard d'Angleterre son vicaire et son lieutenant pour lui Il print ses verges et battit la lieutenante de sa femme en telle maniere qu'à peu qu'il ne l'accreventa XVIe s. Et sont petites recompenses qui s'octroyent par le roy catholique, ou ses lieutenans gen…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Il se dit proprement de Celui qui est immédiatement au-dessous d’un chef, qu’il supplée dans certains cas. Dans l’armée de terre, il désigne le Grade immédiatement inférieur à celui de Capitaine. Lieutenant de cavalerie, d’infanterie, d’artillerie.

  2. Sous-lieutenant. Voyez ce mot à son ordre alphabétique.

  3. Lieutenant-colonel, Officier qui a le grade immédiatement inférieur à celui de Colonel.

  4. Dans l’armée de mer, Lieutenant de vaisseau, Officier dont le grade est immédiatement inférieur à celui de capitaine de corvette.

  5. Lieutenant général des armées du roi ou, simplement, Lieutenant général, Officier qui occupait le second grade dans les armées.

  6. Lieutenant de roi, ou commandant d’armes, Celui qui commandait en l’absence du gouverneur, dans une place de guerre. LIEUTENANT désignait aussi autrefois Certains officiers de services civils. Lieutenant civil, Celui qui connaissait des causes civiles. Lieutenant criminel, Celui qui connaissait des causes criminelles. Lieutenant général, Celui qui présidait le tribunal d’une sénéchaussée, d’un bailliage. Lieutenant général de police, Magistrat qui avait à Paris la direction de la police.

  7. LIEUTENANT se dit aussi, en général, de Ceux à qui le souverain déléguait dans certains cas une part de son autorité. Le roi, avant de partir, nomma son frère lieutenant, lieutenant général du royaume.

  8. Par extension, il s’emploie aussi dans le sens d’Auxiliaire. Ce chef d’entreprise est bien secondé, il a de bons lieutenants.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • lieutenants — pluriel — /ljœtənɑ̃/
  • lieutenant — singulier — /ljœtənɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lieutenant#36921.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.