lice

lice

nom, féminin, /lisə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Lieu préparé pour les courses, les combats, les tournois.

    Il suffit qu'une fois il entre dans la lice — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sire, à tout combattant la lice était ouverte — Thomas Corneille (1625-1709)

  2. Fig. Il se dit en parlant de discussions publiques, soit de vive voix, soit par écrit, ou de contestations publiques. Il a fui honteusement la lice.

    Non pour entrer en lice contre personne — Pascal (1623-1662)

    En faisant courir la même lice à tant de prétendants — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Il se dit aussi des lieux où il y a, en quelque sorte, joute de parole. Le barreau est une lice ouverte à l'éloquence.

  4. Terme de charpente. Pièce de bois assemblée horizontalement dans les poteaux d'une barrière d'appui au pourtour d'une cour.

  5. Garde-fous d'un pont de bois. Barrière qui borde la carrière d'un manége.

Étymologie : Berry, lices, ensemble de poteaux formant une clôture continue ; provenç. laissa, layssa, lissa ; esp. liza ; ital. lizza, liccia ; bas-latin, licia, pieu, liciae, défense mise autour d'un camp, d'une ville. Origine incertaine. Du Cange le tire du latin licium, trame, à cause que les pieux sont rangés comme les fils dans une trame ; étymologie que Diez rejette parce que le sens n'est pas satisfaisant. Diez conjecture le moyen haut allemand letze, rempart, mais il remarque lui-même que le changement de l'e en i n'est pas facile. On a indiqué le bas-breton les, lice, mais on ne sait si les n'est

Historique : XIIe s. Devant les lices commence li hustins XIIIe s. Il fermerent tout l'ost de mout bones lices, de bons mairiens et bonnes barres Et toutes voies crestien hourderent et firent fosses et boines liches par deviers la berrie [campagne] XIVe s. Pour la reparation de touz leurs molins, lices et chaucies En un manoir.... accoustumé est.... que les gens du païs s'y assemblent le jour de la nostre dame de la mi-aoust, pour faire lices, caroles, dances et plusieurs autres esbatemens Jehan de Dinant vist passer de son hostel le dit Jehan Ternue, et le poursui jusques aux lices de l'eglise nostre dame…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 3

s. f.

  1. Femelle d'un chien de chasse. Lice nouée, lice qui a été couverte et qui a retenu. Fig. Femme lascive.

    Une lice étant sur son terme — La Fontaine (1621-1695)

    Je faillis à me pendre, oyant que cette lice Effrontément ainsi me présentait la lice — Mathurin Régnier (1573-1613)

Étymologie : Wallon, lèhe : namur. liche ; Ardennes, niche ; picard, liche ; provenç. leissa. Deux étymologies se disputent ce mot. La première lui donne une origine latine : lycisca ou lycisce, nom d'une chienne dans Virgile (lyciscus, chien-loup, diminutif de λύϰος, loup) ; Diez l'admet, observant toutefois qu'il faut prendre lycisce ; lycisca aurait donné en provençal leisca, et en picard lique. La seconde lui attribue une origine germanique : souabe, lätsch ; bavar. leusch, lusch ; Grandgagnage soutient cette opinion, qui paraît la moins probable.

Historique : XIIe s. Pute mauvese, vil lisse abandonée XIIIe s. Bien furent trente compaignon, Que chien, que lisses, que gaignon Les eux [yeux] ot gros comme une lische, Des oreilles ressembloit bische D'une leisse vus veil [je vous veux] conter, Qui preste estoit à chaeler [faire ses petits] Li vilains dit que hastive lisse fait filz aveugles XIVe s. Il est acoustumé que nul taneur ne puet [peut] ne ne doit taner nul cuir de chien ou de lisse XVIe s. Il lui fut advis qu'une lyce asprement courroucée abbayoit contre lui

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Terme de manufacture. Pièces mobiles d'un métier à tisser, au moyen desquelles et des pédales on fait ouvrir les fils de la chaîne d'un tissu pour passer la navette et par conséquent le fil de la trame. Assemblage de plusieurs longs fils de soie ou de laine étendus sur les métiers de tapisserie de haute lisse ou de basse lisse. Quand la chaîne est horizontale, tous les fils de la trame sont également dans un même plan horizontal, ce qui fait la basse lice ; et, si la chaîne est verticale, les fils de la trame forment aussi un plan vertical, d'où la haute lice. Tapisserie à haute ou de haute lice, ou simplement, haute lice. Tapisserie à basse ou de basse lice, ou, simplement, basse lice. Lices à grande coulisse, celles qui servent à passer certains fils dans les étoffes riches. Lices à petite coulisse, petites boucles qui ne servent que dans la fabrication des étoffes unies. Lices de rabat, celles sous lesquelles les fils sont passés pour les faire baisser.

    Henri IV établit des manufactures de haute lice, en laine et en soie rehaussée d'or — Voltaire (1694-1778)

  2. Travail en tapisserie qui s'exécute ordinairement d'après des peintures d'histoire ou de paysage.

  3. Nom qu'on donne à plusieurs fils soutenus par un liceron pour faire du ruban.

  4. Les cordiers appellent aussi lice, un bâton dont ils s'aident pour faire de la sangle.

Étymologie : Lat. licium, trame.

Historique : XIVe s. Ordonner les lits et les chambres, tendre les tapis de haulte lice et toutes choses de broderie XVe s. Ung mestier de bois en lysse, garnis de petiz bastonnez et de petiz pellotons de soye

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Il se disait d’une Palissade qui entourait l’espace préparé pour les courses de tête ou de bague, pour les tournois, les combats à la barrière, et autres exercices de ce genre. Ouvrir, fermer la lice. La lice est ouverte.

  2. Il se disait, par extension, de cet Espace lui-même. Entrer dans la lice, en lice. Cette dernière phrase signifie figurément Prendre part à un débat, intervenir dans une discussion, dans une contestation publique, soit de vive voix, soit par écrit. Il n’a point osé entrer en lice dans un débat d’une telle importance. Il n’a pas craint d’entrer en lice contre un si redoutable adversaire.

  3. Il se dit aussi parfois des Lieux où se passent les discussions.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • lices — pluriel — /lisə/
  • lice — singulier — /lisə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lice#36869.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.