liard
nom, masculin, /ljaʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (3 sens) · 1877 (1 sens, 🟢 1 nouveau) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. m.
Peuplier noir. Poire de liard, nom d'une poire grise.
Étymologie : L'anc. adj. franç. liart, qui signifiait gris pommelé ; prov. liar, lear ; ital. leardo. Origine incertaine. On a cité le gaélique liath ; kimry, llâi, gris brun ; bret. louet, loued, mots auxquels il manque une r. Diez indique de préférence l'anc. franç. lié, gai, disant que le liart est une couleur gaie ; mais il y a une forte transposition de sens, et l'r manque aussi.
Historique : XIIe s. Li dux Naymes parole, qui le poil ot liart
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Petite monnaie de cuivre qui valait trois deniers, le quart d'un sou, et un peu plus qu'un centime. N'avoir pas un liard, n'avoir pas le liard, n'avoir pas un rouge liard, être fort pauvre, ou être sans argent pour le moment (rouge liard se dit à cause de la couleur du cuivre de cette monnaie).
Ils [les paysans révoltés de la Sologne] demandent deux choses, savoir qu'on leur rabatte quelque chose de la taille, et que les liards aient un cours libre dans les payements qu'ils auront à faire — Gui Patin (1601-1672)
Parmi les tas de blé vivre de seigle et d'orge ; De peur de perdre un liard souffrir qu'on vous égorge — Boileau (1636-1711)
Il se dit d'une très petite somme indéterminée. Je n'en donnerais pas un liard, se dit en parlant d'une chose dont on ne fait aucun cas. Chose à deux liards, chose qui est sans valeur. Par exagération. Il se ferait fesser pour un liard, il est excessivement avare. On dit, dans le même sens : il couperait un liard en deux.
Depuis lors j'ai fourni de mon argent, de mon encre, papier, cire, bougie, sans qu'il m'en ait jamais remboursé un liard — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Bêtise, oui bêtise, j'en demeure d'accord, c'est du style à deux liards — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Terme de minéralogie. Liard de Saint-Pierre, se dit de pierres calcaires aplaties, ayant la forme de pièces de monnaie.
Étymologie : Picard, liard. Origine incertaine. D'après Ménage et Génin, liard était un nom propre : la famille des Liards était de Crémieu en Dauphiné, où le dauphin de Viennois battait monnaie ; et ce fut un Guigues Liard qui inventa sous Louis XI, en 1430, la piécette qui retint son nom. D'autres pensent que le liard provient de l'ancien adjectif liart, gris ; mais, d'après Diez, le sens repousse cette étymologie. D'autres, et Diez est du nombre, croient que le liard est le même que le hardi, sorte de monnaie ; l'historique est favorable à cette opinion, et il semble que hardi et liard y sont identiques
Historique : XVIe s. Que nul vivant suz peine de la hart N'aye à piller la valleur d'un liard Il se mit en dispute avec un pauvre forçat qui lui demandoit un hardit.... Le pauvre diable s'en alla sans un liard et avec le desmenti
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré — Supplément (1877) — entrée 3
s. m.
🟢 Un des noms provinciaux de l'osier.
Étymologie : Lier.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Ancienne petite monnaie de cuivre rouge valant le quart d’un sou.
Fam., N’avoir pas un liard, un rouge liard, être très pauvre, ou être sans argent pour le moment.
Fam., Je n’en donnerais pas un liard, se dit en parlant d’une Chose dont on ne fait aucun cas.
Fam., Il couperait un liard en quatre, Il est excessivement avare.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- liards — pluriel — /ljaʁ/
- liard — singulier — /ljaʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée liard#36796.