lévrier

lévrier

nom, masculin, /lɛvʁije/ ou /levʁije/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Nom d'une espèce de chiens qui ont les jambes longues, la tête et le corps menus et allongés, et qui servent particulièrement à courir le lièvre. Terme de vénerie. Lévriers nobles, ceux dont la tête est petite et allongée, l'encolure longue et déliée, le râble large et bien fait. Lévriers harpés, ceux qui ont les devants et les côtés fort ovales et peu de ventre. Lévriers gigottés, ceux qui ont les gigots courts et gros et les os éloignés. Lévriers ouvrés, ceux dont le palais est marqué de grandes ondes noires. Ceux d'Espagne et de Portugal se nomment charnaigres, et sont d'une extrême vivacité. Ceux du Nord, qu'on appelle lévriers d'attache, sont si forts et si hardis, qu'ils courent le sanglier, le buffle et les animaux les plus sauvages. Lévrier d'Écosse, sorte de lévrier. Coiffé par le lévrier, se dit du lièvre que le lévrier saisit par la tête. Fig. Il court comme un lévrier, se dit d'un homme qui va très vite.

    Vous dites... d'un lévrier qui prend un lièvre corps à corps : c'est un bon lévrier — La Bruyère (1645-1696)

    Comme les lévriers sont assez rares en France, on en tire, pour le roi, de Constantinople et des autres endroits du Levant — Buffon (1707-1788)

  2. Fig. et familièrement. Gens qu'on met à la poursuite de quelqu'un. On nommait autrefois les archers : lévriers du bourreau. Lévrier d'amour, entremetteur d'affaires galantes.

    Je m'imaginai qu'il n'y avait plus rien à craindre pour moi, et que tous les lévriers de la justice s'étaient lassés de me poursuivre — Lesage (1668-1747)

  3. S. m. pl. Petite constellation au-dessous de la queue de la Grande Ourse.

  4. Ordre du Lévrier, ancien ordre militaire du duché de Bar, en Lorraine, institué en 1416, par plusieurs seigneurs, et dont la marque était la figure d'un lévrier, avec un collier au cou, sur lequel étaient ces deux mots : Tous un. Assaut de lévrier, défense de sanglier, fuite de loup, il faut en guerre attaquer comme le lévrier, se défendre comme le sanglier, et fuir comme le loup.

Étymologie : Picard, elverier ; provenç. lebrier ; cat. llebrer ; espagn. lebrel ; portug. lebreo ; ital. levriere ; du bas-latin leporarius, sous-entendu canis : chien à lièvre, de lepus, leporis, lièvre (voy. ce mot).

Historique : XIIe s. Si com li cers fuit devant le levrier XIIIe s. Et la vieille meïsme i court come levriere XIVe s. Les chiens levriers ne se esjoïssent pas des oudeurs des lievres par raison de telle oudeur.... On voit coucher dessus le lict du roy de France les levriers, pour ce qu'il les aime et tient chiers XVe s. Froissars d'Escosse revenoit Sus un cheval qui gris estoit, Un blanc levrier menoit en lasse Quand on ne se peut plus ayder d'un vieulx et affolé homme d'armes, on le boute hors comme un vieux levrier de quoy on n'a plus cure XVIe s. Comme onc mastin n'ayma levrier, onc vilain un gentilhom…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sorte de chien haut monté sur jambes, qui a la tête longue et menue, le corps délié, et dont on se sert, en certains pays, pour la chasse du lièvre. Le lévrier chasse à vue. Lévrier d’attache. Une laisse de lévriers. Mener des lévriers en laisse. Lâcher les lévriers après le lièvre. Il court comme un lévrier.

  2. Il s’est dit figurément de Gens qu’on lance à la poursuite de quelqu’un. La police a mis ses lévriers aux trousses de ce bandit. On dit plus souvent Limiers.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • lévriers — pluriel — /levʁije/ ou /lɛvʁije/
  • lévrier — singulier — /levʁije/ ou /lɛvʁije/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lévrier#37955.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.