levain
nom, masculin, /ləvɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Pâte aigrie, c'est-à-dire ayant subi un certain degré de fermentation acide, et qui, par là, est devenue propre à faire lever la pâte du pain. Pain sans levain, voy. PAIN.
De même qu'un peu de levain aigrit et corrompt toute la masse qui le reçoit — LAMOTHE LEVAYER
Toute substance capable d'exciter une fermentation dans la substance avec laquelle on la mêle. Levain de bière. Le levain de bière est appelé levain doux, par opposition à la pâte aigrie qu'on nomme levain aigre dans les pays où les deux sortes de levain sont employés ; à Paris le pain se fait généralement au levain doux ; mais, dans une grande partie de la France, et particulièrement à la campagne où on n'a pas de levain doux, il est fait au levain aigre.
Par extension, cause de quelque maladie comparée à une fermentation. Ce mal-là ne se guérit jamais si bien qu'il n'en reste quelque levain. Fig. Sorte de fermentation vicieuse que le péché laisse dans l'âme. Se défaire d'un vieux levain du péché.
Arrière les humeurs, qu'elles pèchent ou non ; La fièvre est un levain qui subsiste sans elles — La Fontaine (1621-1695)
L'Écriture en cet endroit, en parlant de notre ennemi, entend le mauvais levain — Pascal (1623-1662)
Fig. Ce qui est capable d'exciter, comme par une fermentation, les passions, les sentiments, les doctrines, soit en bien, soit en mal.
Ce levain de révolte et de sédition — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Comment ne comprenez-vous point que ce n'est pas du pain que je vous parlais, lorsque je vous ai dit de vous garder du levain des pharisiens et des saducéens ? — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Mélange de chaux et d'alcali dont les savonniers tirent la lessive.
Étymologie : Wall. louhain, louwain ; provenç. levam ; du lat. levamen, proprement action de lever, de levare, lever. Le provençal a aussi levat, qui vient de levatus ; l'italien, lievito, qui vient du bas-latin levitus, pour levatus ; et l'espagnol, leudo, qui vient aussi de levitus ( avec un i bref).
Historique : XIIe s. De ce dist sainz Paules : un pau [peu] de levains mainet tote la masse XIIIe s. Ne icil talemelier [boulanger] ne puet puis cuire, se son levain n'est faiz avant que la deffence li ait esté faite ; et se son levain est fet, il puet cuire la cuite du levain XIVe s. En moi n'a pas tant de levain Qui mon cuer faice [fasse] si lever, K'à tel sens le puisse eslever XVe s. Je fais tourtel d'autruy levain Un pou [peu] de levain esgrit grant paste Par homme ne povoit de fait Amender à Dieu le meffait Qu'avoit fait l'omme premerain ; Car tuit [tous] tenoient du levain Du pechié de leur premier …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Morceau de pâte aigrie qui, mêlée à la pâte dont on veut faire le pain, sert à la faire lever, à la faire fermenter. Faire un levain, du levain. Ce levain est trop vieux. Il ne faut mettre ni trop ni trop peu de levain dans la pâte. L’église latine ne consacre qu’avec du pain sans levain.
Il se dit, par extension, d’une Substance capable de produire une fermentation interne dans le corps avec lequel on l’a mêlé et d’y exciter un gonflement. Levain de bière.
Il se dit figurément des Germes de certaines passions violentes. Il avait dans le coeur un vieux levain de haine. Leur haine n’est pas si bien apaisée qu’il n’en reste quelque levain. Il y a chez ce peuple un levain de sédition. Un levain de discorde, de révolte, d’inimitié, de division.
En termes d’écriture sainte, Se défaire du vieux levain du péché.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- levains — pluriel — /ləvɛ̃/
- levain — singulier — /ləvɛ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée levain#36749.