lèpre

lèpre

nom, féminin, /lɛpʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Maladie générale caractérisée par des tubercules à la peau, qui ronge lentement le patient, et qui fut très commune dans l'Occident pendant le moyen âge (dans le langage médical actuel on ne dit pas en ce sens lèpre, on dit éléphantiasis). On séquestrait les malades atteints de lèpre. Fig. Le vice est une lèpre. On l'a dit des plantes parasites qui recouvrent les ruines.

    Lorsqu'il paraîtra sur la peau une couleur blanche, que les cheveux auront changé de couleur, et qu'on verra même paraître la chair vive, on jugera que c'est une lèpre très invétérée — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Marie [sœur de Moise] parut aussitôt toute blanche de lèpre comme de la neige — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Aujourd'hui, dans le langage médical, maladie de la peau, s'annonçant par de petites élevures solides, comme papuleuses, entourées de taches roussâtres, luisantes, circulaires et un peu proéminentes.

  3. Maladie des arbres fruitiers.

  4. Terme d'alchimie. Lèpre des métaux. Impureté que les métaux contractent dans la terre, et dont le feu ne peut les purger.

  5. Nom d'un genre de lichens qu'on a reconnu depuis n'être qu'un état maladif d'autres genres, principalement du genre imbricaria.

Étymologie : Provenç. espagn. et ital. lepra ; catal. lepra ; du lat. lepra, qui vient de λέπρα, mot qui répond non à l'éléphantiasis, mais au psoriasis, dans lequel la peau se détache par écailles. Λέπρα est en rapport avec λεπὶς, écaille, et λέπειν, dépouiller d'écorce (voy. LEPTE).

Historique : XIIe s. Riches heom fu e esforcibles al païs, mais de liepre esteit purpris Del saint encens porter el temple s'enhardi, Deus s'en ert cureciez, de liepre le feri [frappa] XIIIe s. L'en dit ci que por lepre ne doit l'en pas feme departir de son mari XIVe s. Fortes curations amenistrées en lepre XVIe s. Les habitans du territoire de Narbonne sont sujets à la lepre blanche La lepre ou ladrerie appellée des Grecs elephantiasis

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Infection caractérisée par des tubercules à la peau et qui ronge lentement le malade qui en est atteint. Chez les Juifs, ceux qui avaient la lèpre étaient séparés du reste du peuple. Il était couvert de lèpre. Il fut guéri de la lèpre. Très commune en Europe au moyen âge, la lèpre en a presque entièrement disparu aujourd’hui.

  2. Par analogie et figurément, en termes d’écriture sainte, La lèpre du péché.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • lèpres — pluriel — /lɛpʁə/
  • lèpre — singulier — /lɛpʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lèpre#37824.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.