lenteur

lenteur

nom, féminin, /lɑ̃tœʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Retard à agir, en parlant des personnes. Des lenteurs affectées.

    .... Il [le lièvre] laisse la tortue Aller son train de sénateur ; Elle part, elle s'évertue, Elle se hâte avec lenteur — La Fontaine (1621-1695)

    Mais ta lenteur d'agir est pour moi sans pareille — Molière (1622-1673)

  2. Retard à se faire, en parlant des choses. Les lenteurs de la procédure.

    Elle était à l'autel, et peut-être en son cœur Du fatal sacrifice accusait la lenteur — Jean Racine (1639-1699)

    Que mes feux, que ma crainte et mon impatience Accusaient la lenteur des jours de la vengeance ! — Voltaire (1694-1778)

  3. Fig. Il se dit de l'esprit qui conçoit lentement, de l'imagination. La lenteur de son esprit. Avoir une grande lenteur d'imagination, une grande lenteur d'esprit, imaginer lentement, concevoir lentement.

  4. Lenteur se dit aussi de la marche d'une pièce de théâtre, d'un roman, etc. où les événements, mal liés entre eux, sont séparés par des conversations, par des réflexions oiseuses, surabondantes. La lenteur de ces scènes. Il y a des lenteurs dans cette comédie.

Étymologie : Lat. lentorem, qui ne signifie que viscosité, mollesse ; de lentus, lent. On a beaucoup dit lentitude au XVIe siècle.

Historique : XIVe s. Ceulx qui orendroit [présentement] blasment nostre lenteur XVIe s. La lenteur [viscosité], crassitie, viscosité et glutinosité des humeurs

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Manque de rapidité dans le mouvement et dans l’action. La lenteur de sa prononciation m’impatiente. Il met beaucoup de lenteur à tout ce qu’il fait, dans tout ce qu’il fait. Agir, parler avec lenteur. Les lenteurs de la procédure.

  2. Par analogie, Avoir une grande lenteur d’imagination, une grande lenteur d’esprit, Imaginer, concevoir difficilement et avec peine.

  3. Il se dit aussi en parlant de l’Action d’une pièce de théâtre, d’un roman. On a blâmé, dans cette pièce, dans ce roman la lenteur de l’action. Il y a des lenteurs dans ce récit.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • lenteurs — pluriel — /lɑ̃tœʁ/
  • lenteur — singulier — /lɑ̃tœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lenteur#36676.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.