légitime
adjectif, /lɛʒitimə/ ou /leʒitimə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873) — entrée 1
adj.
Qui a un caractère de loi. L'autorité légitime. Les pouvoirs légitimes. Il se dit des personnes. Particulièrement. Une dynastie légitime, dynastie qui règne en vertu d'un droit traditionnel, par opposition aux princes qui règnent par des coups d'État ou par la volonté nationale. Par extension.
Qui ne voit donc qu'il faut dire nécessairement que David était le roi légitime de tout Israël et qu'on n'avait pu reconnaître Isboseth que par attentat ou par erreur — Bossuet (1627-1704)
Les mots changent d'acception : un peuple qui combat pour ses souverains légitimes est un peuple rebelle — Chateaubriand (1768-1848)
Qui a les conditions, les qualités requises par la loi. Mariage légitime. Par extension. Enfant légitime, enfant né durant le mariage, ou après la mort du père, dans le délai que fixe la loi et par conséquent avec les conditions qui établissent ses droits à l'hérédité. Intérêt légitime, intérêt de l'argent au taux fixé par la loi. On dit plus souvent intérêt légal.
On me pourra toutefois objecter qu'il y a trois circonstances à cette action [la Saint-Barthélemy] qui la rendent extrêmement odieuse à la postérité : la première que le procédé n'en a pas été légitime.... mais je répondrai.... qu'il faut entendre là-dessus nos théologiens, lorsqu'ils traitent de fide haereticis servanda, — G. NAUDÉ
Voyez si nos liens ont été légitimes — Voltaire (1694-1778)
Il se dit en général des choses fondées sur un droit ou une raison qu'on ne pourrait violer sans injustice ou déraison.
Contre nous ta poursuite est-elle légitime ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Je crains.... qu'il.... ne conçoive mal qu'il n'est fourbe ni crime Qu'un trône acquis par là ne rende légitime — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de médecine. Maladies légitimes, celles qui suivent une marche régulière.
Étymologie : Provenç. legitim ; catal. llegitim ; esp. legitimo ; ital. legittimo ; du lat. legitimus, de lex, legis, loi.
Historique : XVIe s. Le scirrhe vray et legitime est une tumeur dure sans douleur.... Toutes intentions legitimes et equitables sont d'ellesmesmes equables et temperées Il donna un arrest et prononça legitime Don Antonio de Portugal
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui a les conditions, les qualités requises par la loi. Pouvoir légitime. Autorité légitime. Mariage légitime.
Souverain légitime, Souverain qui règne en vertu d’une dévolution du pouvoir conforme à la loi du pays.
Enfant légitime, Enfant né durant le mariage, ou après la mort du père dans le délai que fixe la loi.
Intérêt légitime, Intérêt de l’argent au taux fixé par la loi.
LÉGITIME signifie aussi Qui se justifie, qu’on peut admettre, excuser. Ses voeux sont légitimes. Il a un sujet fort légitime de se plaindre de vous. Je l’ai vu en proie à une légitime indignation. Vos prétentions sont fort légitimes. Cette erreur est la conséquence légitime de votre étourderie. L’emploi de cette expression est légitime.
Légitime défense se dit d’un Acte accompli pour défendre sa vie par quelqu’un qui est attaqué, attiré dans un piège. Son avocat a soutenu à bon droit le cas de légitime défense. Par extension, il se dit du Droit qui appartient à chacun de repousser des calomnies, insinuations, accusations mensongères. Le droit de réponse est un cas de légitime défense.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- légitimes — pluriel — /leʒitimə/ ou /lɛʒitimə/
- légitime — singulier — /leʒitimə/ ou /lɛʒitimə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée légitime#37874.