légion

légion

nom, féminin, /leʒjɔ̃/ ou /lɛʒjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme d'antiquité romaine. Corps de gens de guerre, composé d'infanterie et de cavalerie.

    Tu sais que, quand l'aigle romaine Vit choir ses légions aux bords du Trasimène — Pierre Corneille (1606-1684)

    Vous dont j'ai pu laisser vieillir l'ambition Dans les honneurs obscurs de quelque légion — Jean Racine (1639-1699)

  2. En France, sous François 1er, nom de certains corps d'infanterie.

  3. Dans les premiers temps de la Restauration, nom des régiments de ligne. Chaque légion portait le nom d'un des départements de la France.

  4. Il se dit des régiments de la garde nationale et de ceux de la gendarmerie. La première, la seconde, la troisième légion.

  5. Au plur. Légions se dit, dans le style relevé et poétique, des armées. Déjà ses légions traversaient les Alpes.

    [M. de Termes, du haut du ciel] .... Voit comme fourmis marcher nos légions Dans ce petit amas de poussière et de boue, Dont notre vanité fait tant de régions — Racan (1589-1670)

  6. Légion d'honneur, ordre institué par Napoléon 1er pour récompenser les services, les vertus, les talents distingués, les actions d'éclat de toute nature. Chevalier, membre de la Légion d'honneur. La décoration de la Légion d'honneur.

  7. Fig. et familièrement. Un grand nombre de personnes. Ils étaient une légion.

    Tant qu'une légion de pédants novateurs Imprimera l'ennui pour le vendre aux lecteurs — Nicolas Gilbert (1750-1780)

  8. Dans le style de l'Écriture. Des légions d'anges, des légions de démons, des multitudes d'anges, de démons. S'appeler légion, expression figurée par laquelle on indique qu'un individu en représente un grand nombre. Fig.

    Jésus lui demanda : quel est ton nom ? il lui dit : je m'appelle Légion, parce que plusieurs démons étaient entrés dans cet homme — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Un solitaire paresseux et sans emploi se trouvait souvent, comme ce misérable de l'Évangile, possédé d'une légion entière — Bourdaloue (1632-1704)

Étymologie : Provenç. legio ; espagn. legion ; ital. legione ; du lat. legionem, de legere, choisir, lever (voy. LIRE). Legio veut dire primitivement levée militaire.

Historique : XIIe s. Li permanables jugieres [le juge éternel] aparrat paürosement, et les legions des angeles seront presens à cest spectacle Dont [il] prist une aultre legion De nobles hommes, de vassaulx, Heaumes laciés, à bons chevaulx XIIIe s. Gent [il] apparaille an grant estour, Ki jà sunt assemblé mult tost ; Si en font il mult plentif ost ; Set legiuns i sunt numbrées, Ben de cumbatre aparaillées XVIe s. Ces trouppes furent appellées legions, pour autant qu'elles estoient composées d'hommes esleuz et choisis entre les autres pour combattre Le grand roy François, desirant fortiffier et asseurer son…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. d’Antiquité romaine — Corps d’infanterie composé d’un nombre variable de soldats romains, auquel était rattaché quelquefois un corps de cavalerie formé d’étrangers, de gens de guerre composé d’infanterie et de cavalerie. La légion était la base de l’organisation militaire des Romains. Chaque légion était divisée en dix cohortes.

  2. Il s’est dit autrefois, en France, de Certains corps d’infanterie et se dit encore aujourd’hui des Régiments composés principalement d’étrangers qui s’engagent ou se sont engagés au service de la France. Il a brillamment servi à la légion étrangère. La Légion polonaise de la Grande Guerre.

  3. Il s’est dit aussi des Corps de garde nationale divisés par arrondissements. La première, la seconde, la troisième légion. Le colonel d’une légion. Il se dit encore aujourd’hui des Régiments de gendarmerie.

  4. Légion d’honneur, Ordre militaire et civil institué en France par Bonaparte pour récompenser les services et les talents distingués. Grand chancelier, grand-croix, grand officier, commandeur, officier, chevalier de la Légion d’honneur. Il a obtenu, il a reçu, il porte la décoration de la Légion d’honneur. Nomination, promotion dans la Légion d’honneur. être rayé des cadres de la Légion d’honneur.

  5. Il signifie figurément et familièrement Un grand nombre de personnes. Une légion de parents, de cousins l’attendaient à la gare. Mes neveux sont légion.

  6. En termes d’écriture sainte, Des légions d’anges. Des légions de démons.

  7. S’appeler légion, Expression figurée, empruntée de l’évangile, par laquelle on indique qu’un individu en représente un grand nombre d’autres. Dans l’évangile, Jésus demande au démon quel est son nom, le démon répond : Je m’appelle légion.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • légions — pluriel — /leʒjɔ̃/ ou /lɛʒjɔ̃/
  • légion — singulier — /leʒjɔ̃/ ou /lɛʒjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée légion#37860.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.