lecteur

lecteur

nom, masculin, /lɛktœʁ/

Voir aussi : forme féminine lectrice

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m. et f.

  1. Celui, celle qui lit à haute voix et devant d'autres personnes. C'est un excellent lecteur. Dans les maisons religieuses, lecteur, lectrice, celui, celle qui fait la lecture pendant le repas. Dans les maisons d'éducation, lecteur ou lectrice de semaine, celui, celle qui lit au réfectoire pendant une semaine. Chez les princes, celui, celle qui a la fonction de leur faire la lecture à haute voix. Lecteur du roi. Lectrice de la reine.

    De leurs vers fatigants lecteurs infatigables — Molière (1622-1673)

    Je suis, de plus, sa lectrice ordinaire ; Ma manière de lire a le don de lui plaire — Collin d'Harleville (1755-1806)

  2. Celui qui lit seul et des yeux quelque ouvrage. Cet ouvrage a peu de lecteurs. Cet homme est un grand lecteur. En ce sens, il peut se dire d'une femme. Mais cet emploi ne peut que s'excuser, et on doit dire lectrice. Les lectrices de cet ouvrage sont plus nombreuses que les lecteurs. Avis au lecteur, espèce de petite préface. Fig. Avis au lecteur, c'est un avis au lecteur, se dit d'un conseil ou d'un reproche exprimé d'une manière indirecte et générale. Vous entendez bien ce qu'il vient de dire, c'est un avis au lecteur. Il se dit aussi de quelque chose qui peut servir d'avertissement.

    Un auteur à genoux, dans une humble préface, Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce, Il ne gagnera rien sur ce juge irrité — Boileau (1636-1711)

    Un lecteur sage fuit un vain amusement, Et veut mettre à profit son divertissement — Boileau (1636-1711)

  3. Chez quelques ordres religieux, régent, professeur enseignant la théologie, la philosophie.

  4. Lecteur royal, nom donné autrefois aux professeurs du Collége de France.

    Joseph Privat de Molières, prêtre, lecteur et professeur de philosophie au Collége royal — Dortous de Mairan (1678-1771)

  5. Terme de musique. Celui qui lit aisément la musique, qui l'exécute à livre ouvert. C'est un fort bon lecteur. Il n'est pas lecteur.

  6. Terme de correction typographique. Celui qui lit les épreuves et les corrige. M. Sommer passait pour un excellent lecteur.

  7. Terme d'Église. Nom d'un des quatre ordres mineurs de la prêtrise.

    Sisinne, qui n'était encore que lecteur dans leur Église [des novatiens] — Fléchier (1632-1710)

  8. Se dit, dans les universités d'Allemagne et des Pays-Bas, d'un fonctionnaire qui occupe un rang inférieur à celui de professeur.

Étymologie : Provenç. lectre, lector ; espagn. lector ; portug. leitor ; ital. lettore ; du lat. lectorem, de legere, lire. Le provençal lectre est le nominatif, de léctor ; lector est le régime, de lectórem. Ce nominatif serait en français litre, dénomination qui s'était conservée dans une église : Litre ou lecteur, espèce d'officier dans la cathédrale d'Auxerre

Historique : XIVe s. Je crois que Regnard a esté lecteur [professeur] as ordres des trois estas ; car clers, nobles et gens de labour usent de sa doctrine, je ne dis pas tous, mais les plus XVIe s. Amy lecteur Un lecteur studieux

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n.

  1. Celui, celle qui lit à haute voix et devant d’autres personnes. C’est un bon lecteur. C’est un mauvais lecteur, sa voix est monotone.

  2. Il désigne aussi Celui, celle dont la fonction est de lire. Lecteur du roi. Lectrice de la reine. Dans les maisons d’éducation religieuses, il y a ordinairement un lecteur ou une lectrice de semaine pour lire au réfectoire.

  3. Il se dit, particulièrement, de Celui qui lit seul et des yeux quelque ouvrage; et, en ce sens, il est surtout usité au masculin. L’essentiel pour un écrivain est de plaire à son lecteur, à ses lecteurs. Cet ouvrage a peu de lecteurs, a beaucoup de lecteurs. Ce livre a eu plus de lectrices que de lecteurs. Le lecteur français veut de la clarté dans le style.

  4. Avis au lecteur. Voyez

  5. AVIS.

  6. Il se disait autrefois, dans quelques ordres religieux, des Régents, des docteurs qui enseignaient la philosophie, la théologie. Un tel, lecteur en théologie, lecteur en philosophie. Il se dit encore, dans les Universités de divers pays, des Répétiteurs auxiliaires adjoints au professeur d’une langue ou d’une littérature étrangère et chargés spécialement de l’enseignement pratique de la langue parlée ou écrite. Lecteur français, lecteur en langue française à l’Université d’Upsal.

  7. LECTEUR est, dans l’église romaine, Un des quatre ordres qu’on appelle Les quatre mineurs.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • lecteurs — pluriel — /lɛktœʁ/
  • lecteur — singulier — /lɛktœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lecteur#36646.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.