las
adjectif, /la/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873) — entrée 1
adj.
Qui éprouve le sentiment de la lassitude. Par extension. Las de, à qui telle ou telle chose fait éprouver le sentiment de lassitude. Être las de marcher. Populairement. Un las d'aller, un fainéant. Las d'aller est un personnage de Rabelais. Las d'aller, nom vulgaire du héron butor.
Ma foi, me trouvant las.... Je me suis doucement assis sur ce nuage — Molière (1622-1673)
Sied-il bien à des dieux de dire qu'ils sont las ? — Molière (1622-1673)
Dégoûté, ennuyé de quelque chose que ce soit. Fig. Faire quelque chose de guerre lasse, voy. GUERRE. On va bien loin depuis qu'on est las, c'est-à-dire malgré la fatigue, il faut continuer courageusement ses efforts.
Obéissons, madame, à ce peuple sans foi, Qui, las de m'obéir, en [de Nicomède] veut faire son roi — Pierre Corneille (1606-1684)
Il y court [à Surate] ; les mers étaient lasses De le porter — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Provenç. las ; esp. laso ; ital. lasso ; du lat. lassus, qui n'est qu'une forme plus assimilée de laxus (voy. LÂCHE).
Historique : Xe s. E eret [et il était] mult las XIe s. Qui mult est las, il se dort contre terre XIIe s. Lasse, chetive [elle] se claime à genouillons Dedenz quart jur après vint à Senz saint Thomas : à l'ostel s'en ala : car de l'errer ert las XIIIe s. Tant a fuï la lasse par un estroit sentier.... Las buef suef [doucement] marche, Ce dit li vilains XIVe s. Je veoie le terme de ma lasse vie approucher XVe s. Il n'est delit, joie, feste, soulas, Joustes, tournois, deduit, esbatement, De quoy chascuns ne soit à la foiz las, Combien que tout plaise au commencement XVIe s. Le peuple le receut et recueillit à…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui éprouve trop de fatigue pour continuer une chose commencée ou même pour la commencer. J’ai bien fait du chemin aujourd’hui, j’ai beaucoup travaillé, je suis las, bien las, fort las. être las de marcher, de travailler. Reposez-vous, si vous êtes las. Je suis si las que je n’en puis plus. Je suis las sans avoir encore rien fait. J’ai la main lasse d’avoir écrit, les yeux las d’avoir lu.
Il signifie aussi Qui est importuné jusqu’au dégoût par quelqu’un ou par quelque chose. Je suis las d’entendre des sottises. Je suis las de ces impertinences. êtes-vous déjà las de bien faire? Il est las de la vie. Je ne serai jamais las de l’entendre, de le voir. Je suis las de ne rien faire.
Fig., Faire quelque chose de guerre lasse. Voyez
GUERRE.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (3)
- las — masculin — /la/
- lasses — pluriel féminin — /lasə/
- lasse — singulier féminin — /lasə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée las#36513.