larron
nom, masculin · /laʁɔ̃/
Usage : d'usage courant (1.17 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Vieilli. Personne qui vole, qui commet un vol furtif.
Le larron s'est enfui avec la bourse du marchand.
Synonyme : voleur.
« Voilà les finances en bonne main ! mais ce n'est plus que la coutume : au plus larron la bourse »Gui Patin (1601-1672)
« Quand avons-nous manqué d'aboyer au larron ? Témoin trois procureurs, dont icelui Citron A déchiré la robe.... »Jean Racine (1639-1699)
Religion. Chacun des deux voleurs crucifiés aux côtés du Christ, selon le récit évangélique.
Selon l'Évangile, le bon larron fut sauvé au dernier instant.
« ....Ses soins ne purent faire Qu'elle échappât au temps, cet insigne larron »La Fontaine (1621-1695)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine larronne
Expressions : l'occasion fait le larron · le troisième larron · s'entendre comme larrons en foire
Grammaire et formes (2)
- larrons : pluriel · /laʁɔ̃/
- larron : singulier · /laʁɔ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
s. m. et f.
Celui, celle qui commet un larcin, qui dérobe furtivement. Fig. Fig. Un larron d'honneur, celui qui ôte l'honneur à un mari. Donner au plus larron la bourse, confier la garde de l'argent, le soin de la dépense à celui dont on devrait le plus se défier ; par allusion à Judas, à qui la bourse avait été confiée. On dit dans le même sens : au plus larron la bourse. Fig. Ils s'entendent comme larrons en foire, se dit de gens qui sont d'intelligence ; le plus souvent il se prend en mauvaise part. On dit d'un habit très usé, qu'il fait peur aux larrons, parce qu'il montre la corde.
Quand avons-nous manqué d'aboyer au larron ? Témoin trois procureurs, dont icelui Citron A déchiré la robe....Jean Racine (1639-1699)
Quand on veut être le maître, pour la fin le moyen ; maître et bon, maître et juste [il s'agit de cruautés commises en Italie par Napoléon Ier], ces mots s'accordent-ils ? oui, grammaticalement, comme honnête larron, équitable brigandPaul-Louis Courier (1772-1825)
Larron se dit particulièrement des deux voleurs qui furent mis en croix avec Jésus-Christ. Le bon larron, le mauvais larron.
Lejay vient de mettre Voltaire Entre la Beaumelle et Fréron ; Ce serait vraiment un calvaire, S'il s'y trouvait un bon larronVoltaire (1694-1778)
Terme d'imprimerie. Pli qui se trouve dans une feuille de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans l'impression. Morceau de papier qui, se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression, et laisse un blanc.
Terme de relieur. Feuillet d'un livre, qui, demeurant plié par un des bouts, ne se trouve pas rogné par cet endroit, et qui, de la sorte, a plus de papier qu'il n'en devrait avoir.
Nom donné aux pellicules sèches qui sont dans les plumes et qui boivent ou dérobent l'encre quand on écrit. Nom donné aux bouts de mèche qui tombent sur la chandelle ou la bougie, brûlent encore et la font couler.
Terme de ponts et chaussées. Larron d'eau, canal pratiqué pour l'écoulement des eaux. Se dit aussi de petits trous que les anguilles pratiquent aux chaussées, en s'enfonçant dans la terre mal corroyée, et par lesquels l'eau des étangs s'échappe.
Étymologie : Wallon, lâron, liére ; provenç. laire, lairo ; catal. lladre ; espagn. ladron ; ital. ladro ; du lat. latronem, contraction de latero, de latus, côté (voy. LATÉRAL). Le latro fut primitivement un soldat qui gardait le côté, la personne du prince ; puis il signifia soldat mercenaire (voy. les dictionnaires latins), et finalement prit un sens péjoratif, à peu près comme brigand qui, signifiant d'abord une espèce de soldat, passa au sens de voleur de grand chemin. Curtius préfère rapprocher latro du grec λατρὶς, mercenaire. En provençal laire, en français lere est le nominatif, venant de látro ;
Historique : XIe s. E s'il pot dedenz un an et un jur trover le larun XIIe s. Li pastre deit.... El'oeille [brebis] malade sur l'espaule porter, Ne la deit pas laissier al larrun estrangler Onc n'i ot si hardi ne tremblast com larron XIIIe s. S'on prent, par droit, d'un larron la justise, Doit-on desplaire as loiaus, de neant ? Mout ot Tybers li lerres le cuer très courroucé Elle, en sa personne, tout soit ce qu'elle en use mauvaisement, ne doit pas estre justicie comme larrenese Et si vair oel [yeux] fremiant, Larron d'embler cuer [cœur] d'amant La nuit fist l'eschargaite Godefrois de Buillon ; Et Soliman…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens
n. m.
(Il avait un féminin, LARRONNESSE, qui n’est plus guère employé.)
Celui, celle qui dérobe, qui prend furtivement quelque chose. Fin, subtil larron. Le larron a été découvert. On a pris le larron. Les chiens aboient au larron. On dit plutôt Voleur.
Prov. et fig., L’occasion fait le larron. Voyez
OCCASION.
Prov., Ils s’entendent comme larrons en foire. Voyez
ENTENDRE.
Il se dit particulièrement de Chacun des deux voleurs qui furent mis en croix avec Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, quoique ce mot ne désigne pas d’ordinaire un Voleur de grand chemin. Le bon larron. Le mauvais larron.
En termes d’Imprimerie, il se dit d’un Pli qui se trouve dans une feuille de papier mise sous la presse et qui cause une défectuosité dans l’impression. Il se dit aussi d’un Petit morceau de papier qui, se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l’impression et laisse un blanc.
En termes de Librairie, il désigne le Pli d’un feuillet qui n’a pas été rogné, quand on a relié le livre. Le relieur a laissé plusieurs larrons dans ce volume.
Larron d’eau, en termes de Ponts et Chaussées, se dit d’un Canal pratiqué pour l’écoulement des eaux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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