langué · langue

langué

adjectif, /lɑ̃ɡe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Terme de blason. Se dit des oiseaux dont la langue est d'un autre émail que le corps.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • languées — pluriel féminin
  • langués — pluriel masculin
  • languée — singulier féminin
  • langué — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée langué#77961.

langue

nom, féminin, /lɑ̃ɡə/

Définitions

  1. Organe charnu et mobile de la bouche, servant au goût, à la déglutition et à la parole.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.

  2. Système de signes vocaux et écrits propre à une communauté : la langue française.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.

Expressions : donner sa langue au chat

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (20 sens) — Académie 1935 (51 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Organe principal du goût, qui concourt à la déglutition et à la parole, et qui est formé essentiellement d'un muscle très mobile revêtu d'une membrane muqueuse. Tirer la langue. Montrer sa langue au médecin. Langue chargée, langue couverte d'un enduit blanc, jaune, noir ; ce qui se voit dans diverses maladies. Tirer la langue à quelqu'un, se moquer d'une personne ou la braver par une grimace. Tirer la langue, se dit d'un chien qui, haletant, essoufflé, laisse sa langue pendre hors de la gueule. Fig. Tirer la langue d'un pied de long, être dans le besoin. Je lui verrais tirer la langue d'un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d'eau, se dit en parlant d'une personne dont on n'a nulle compassion. Avoir soif à avaler sa langue, avoir une grande soif. Ennuyeux à avaler sa langue, se dit de ce qu'on ne peut voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui. Familièrement. Avaler sa langue, se condamner au silence. Jeter sa langue aux chiens, voy. CHIEN, nos 3. Se mordre la langue, se faire, en mâchant quelque chose, une morsure à la langue. Fig. Se mordre la langue, s'arrêter au moment de dire ce qu'on ne doit pas ou ce qu'on ne veut pas exprimer. J'allais dire une sottise, je me suis mordu la langue. Se mordre la langue d'avoir parlé, s'en repentir. À peine eut-il lâché cette parole, qu'il s'en mordit la langue. Mince comme la langue d'un chat, comme une langue de chat, très mince, très délié.

    Je tondis de ce pré la largeur de ma langue — La Fontaine (1621-1695)

    En général, les animaux qui ont la langue rude sont ordinairement carnassiers — Buffon (1707-1788)

  2. Terme de chasse et de manége. Donner de la langue, appeler, exciter le chien, le cheval par un bruit qui se fait avec la langue. Terme de manége. Les aides de la langue, certains cris que fait le cavalier pour animer le cheval.

  3. La langue de certains animaux considérée comme aliment. Faire cuire une langue. Manger une langue de bœuf. Langue fourrée, espèce de préparation culinaire de la langue du porc ou du bœuf. Langue de carpe, le palais de la carpe, qui est un mets charnu et délicat.

    Il n'acheta que des langues, lesquelles il fit accommoder à toutes les sauces ; l'entrée, le second, l'entremets, tout ne fut que langues — La Fontaine (1621-1695)

  4. La langue considérée comme organe de la parole. On dit d'un babillard qu'il n'aura pas de langue pour la moitié de sa vie. Avoir la langue grasse, avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. Familièrement. Avoir la langue bien pendue, avoir une grande facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, avoir beaucoup de babil. Fig. Être sujet aux langues, être exposé aux jugements, aux médisances. Dénouer la langue, couper le filet de la langue, opération qui donne plus de facilité pour parler à ceux que le filet gêne. Fig. Dénouer, délier la langue à quelqu'un, faire rompre le silence à quelqu'un qui voulait le garder. Avoir la langue liée, n'oser parler de quelqu'un ou de quelque chose. Familièrement. La langue lui va toujours, cette personne babille continuellement. Tenir sa langue, se taire. Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, il parle beaucoup, il dit tout ce qu'il sait, il ne saurait garder un secret. Avoir bien de la langue, signifie aussi tenir des discours hardis. Par exclamation. Quelle langue ! c'est-à-dire quel bavard ! quelle bavarde ! Il a la langue dorée, c'est une langue dorée, c'est-à-dire sa parole est facile, élégante, propre à séduire, surtout par des promesses favorables en quelque genre que ce soit. N'avoir point de langue, parler très peu, ou, quand on devrait parler, garder le silence. Être maître, n'être pas maître de sa langue, savoir, ne pas savoir se taire. Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, dire des choses qu'il faudrait taire. Avoir une grande volubilité de langue, parler avec une grande rapidité. La langue lui a fourché, il a lâché une parole pour une autre. Familièrement. Avoir un mot sur la langue, sur le bout de langue, sur le bord de la langue, croire qu'on va trouver dire un mot qu'on cherche et qui échappe. C'est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, c'est-à-dire c'est une personne qui aime à dire du mal, des médisances, des calomnies. On dit dans un sens analogue une langue empoisonnée. On dit même quelquefois langue, absolument, pour mauvaise langue. Coup de langue, médisance ou mauvais rapport que l'on fait. Fig. et familièrement. Donner du plat de la langue, faire de belles promesses qu'on n'a pas dessein d'exécuter. Faire merveilles du plat de la langue, chercher à étourdir par de grandes phrases. Faire la langue à quelqu'un, lui faire la leçon, lui suggérer ce qu'il doit dire. Prendre langue, aller aux renseignements, s'informer. La contradiction des langues, les jugements divers que les hommes portent des mêmes choses. e parler d'une nation. Apprendre sa langue par principes. Parler une langue étrangère. Vous savez donc l'hébreu ? - L'hébreu ? parfaitement. Don des langues, grâce que Dieu fait à un homme lors qu'il lui donne, par miracle et sans étude, la connaissance et l'usage d'une langue. Langue mère ou matrice, celle qui a servi à en former d'autres ; et, par opposition, langue dérivée, celle qui est formée d'une autre. Le latin est une langue mère par rapport au français, et le français est une langue dérivée. L'hébreu paraît une langue mère dans le domaine syno-arabe. Une langue aryenne primitive à laquelle on ne remonte que conjecturalement et par induction, serait la langue mère du sanscrit, du zend, du grec, du latin, etc. Langue mère, dite beaucoup mieux langue primitive, langue unique que l'on suppose avoir été la mère de toutes les autres. Les langues mères au sens relatif existent réellement ; une langue mère au sens absolu est une pure hypothèse. Langue primitive ou originelle, se dit aussi de celle qu'on suppose ne s'être formée d'aucune autre. Langues sœurs, langues que l'on considère comme dérivées d'une même langue mère. Les langues néo-latines sont sœurs. Langue morte, celle qu'un peuple a parlée, mais qui n'existe plus que dans les livres. Le latin, l'hébreu sont des langues mortes. Par opposition, langue vivante, celle qu'un peuple parle actuellement. Langue vulgaire, se dit de tous les idiomes modernes, par opposition aux langues anciennes ou savantes. La langue d'oc, l'ancienne langue qui se parlait au delà de la Loire, dont se sont servis les troubadours, que l'on connaît sous le nom de provençal, et que dans le temps on appelait plus ordinairement langue limousine (oc veut dire oui). Langue d'oïl (oïl veut dire oui) ou langue d'oui, l'ancien français, la langue française avant le XVe siècle, celle dans laquelle ont écrit les trouvères. La langue de si (si veut dire oui), l'italien. Langues orientales, langues parlées en Asie, surtout celles de la partie de l'Asie qui est la plus voisine de l'Europe. Jeunes de langue, jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir drogmans. La langue sainte, la langue hébraïque. Langues du Nord, les langues germaniques et slaves, par opposition aux langues du Midi, qui sont dérivées du latin. Langue naturelle ou maternelle, celle du pays où l'on est né, par opposition à langue étrangère, celle d'un autre pays. Langue nationale, celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à langue étrangère. Langue sacrée, toute langue dans laquelle sont écrits les livres qu'on regarde comme inspirés par la Divinité. Langues synthétiques ou concrètes, celles qui rendent les indications grammaticales par des terminaisons variables. Langues analytiques, celles qui expriment chaque idée, chaque rapport grammatical par un mot distinct. Langue écrite, langue pourvue d'un alphabet et dans laquelle on a composé des livres. Les langues des sauvages ne sont pas des langues écrites. Langue écrite, langue littéraire, la partie la plus cultivée d'une langue, celle qui figure seule dans les bons écrivains. Langue philosophique, langue où l'on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées. Langue universelle, dite aussi langue philosophique, langue qui serait commune à tous les peuples. Maître de langue, celui qui enseigne une langue vivante. Fig.

    Il le servit enfin, mais ce fut de la langue — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je vous l'ai déjà dit, votre langue nous perd — Pierre Corneille (1606-1684)

  5. Absolument. La langue, la langue française.

    La langue fut portée sous Louis XIV au plus haut point de perfection dans tous les genres, non pas en employant des termes nouveaux inutiles, mais en se servant avec art de tous les mots nécessaires qui étaient en usage — Voltaire (1694-1778)

  6. L'ensemble des règles qui régissent un idiome ; cet idiome considéré par rapport à sa correction.

    Pour la langue on verra dans peu nos règlements, Et nous y prétendons faire des remuements — Molière (1622-1673)

    Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain — Boileau (1636-1711)

  7. L'ensemble des mots et des tournures dont un auteur fait surtout usage. La langue de Corneille, de Racine. Langue académique, celle qui se parle dans les discours d'apparat, et, en un autre sens, celle-là seule qui figure dans le Dictionnaire de l'Académie, qui a la sanction de ce corps littéraire.

    Ce pamphlétaire [P. L. Courier], qui ne se gênait d'aucune vérité périlleuse à dire, hésitait sur un mot, sur une virgule, se montrait timide à toute façon de parler qui n'était pas de la langue de ses auteurs — A. CARREL

    Penser traduire Hérodote dans notre langue académique, langue de cour, cérémonieuse, roide, apprêtée, pauvre d'ailleurs, mutilée par le bel usage, c'est étrangement s'abuser — Paul-Louis Courier (1772-1825)

  8. Manière de parler, abstraction faite de l'idiome dont on se sert. Personne n'a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l'amour. La langue des dieux, la poésie. On dit dans le même sens : la langue des vers, la langue poétique.

    Songez que je vous parle une langue étrangère [celle de l'amour] — Jean Racine (1639-1699)

    Fi donc, petit badin, un peu de retenue ; Vous me parlez, marquis, une langue inconnue — Regnard (1655-1709)

  9. La langue d'une science, d'un art, l'ensemble des mots, des locutions dont on fait usage dans cette science, dans cet art. La langue des mathématiques. La langue de la métallurgie. On dit dans le même sens : la langue technique.

  10. Système de signes appropriés à une notation. L'algèbre est une langue bien faite.

  11. Moyens d'expression de l'artiste. La langue des couleurs, des sons.

  12. Terme de l'ordre de Malte. Les langues, les huit nations dont il était composé ; savoir trois en France, la langue de France, la langue de Provence et la langue d'Auvergne ; deux pour l'Espagne, la langue d'Aragon et la langue de Castille ; et trois autres, la langue d'Italie, la langue d'Allemagne, et la langue d'Angleterre. Le chef de chaque langue se nommait grand prieur.

  13. Langue, se dit de certaines choses qui ont la forme d'une langue. Langues de feu, formes de langue-couleur de feu que le Saint-Esprit fit descendre sur chaque apôtre lorsqu'il leur donna le don des langues pour aller prêcher l'Évangile. Langues de feu, flammes allongées que projette un incendie. Terme de marine. Langue de voile, morceau de toile que l'on ajoute sur le côté de plusieurs espèces de voiles. Langue de terre, certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d'eau de tous les autres côtés. Cette ville est bâtie sur une langue de terre. Langue de terre, se dit aussi d'une terre étroite qui en joint deux autres. Il se dit aussi des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d'autres terres.

    Déjà l'incendie, hydre immense, Lève son aile sombre et ses langues de feu — Victor Hugo (1802-1885)

    Ces deux mers, venant à serrer la terre des deux côtés, font une langue qui attache à la terre ferme cette province — Vaugelas (1585-1650)

  14. Trompe des insectes lépidoptères.

  15. Langue ou glossopètre, dent de poisson fossile.

  16. Langue, se dit des trois pièces intérieures du périanthe des iris, qui ont leur extrémité relevée, par opposition aux trois pièces extérieures, qui penchent vers la terre et qu'on appelle mentons. Langue-d'agneau, nom vulgaire du plantain moyen. Langue-de-bœuf, la buglose officinale et la scolopendre. Langue-de-bouc, la vipérine. Langue-de-cerf, la scolopendre, plante de la famille des fougères. Langue-de-chat, bidens tripartita, etc. composée tubuliflore, ou eupatoire à feuilles d'arroche. Langue-de-cheval, un des noms vulgaires du ruscus hipoglossum (asparaginées), appelé encore laurier alexandrin. Langue-de-chien, voy. CYNOGLOSSE. Double-langue, fragon dont les feuilles portent sur le milieu une seconde feuille. Langue-de-noyer, langue-de-pommier, espèces d'agaric. Langue-d'oie, grassette. Langue-d'oiseau, le stellaria holostea, etc. caryophyllées. Langue-de-passereau, nom vulgaire du polygonum aviculaire (polygonées), dit aussi renouée. C'est aussi le nom vulgaire de la stellère passerine (thymélées). Langue-de-serpent, ophioglosse. Langue-de-vache, nom donné par les Espagnols au talin polyandre (portulacées) et au talin crénelé, tous les deux originaires du Pérou. Langue-de-vache, dans les environs de Boulogne, nom donné à la scabieuse, scabiosa arvensis, etc. knautia arvensis, COULT. (famille des dipsacées). Langue-de-vache, la grande consoude (borraginées), dans quelques cantons de la France.

  17. Grande-langue, le torcol.

  18. Nom vulgaire de différentes coquilles. Langue-d'or, nom marchand d'une coquille bivalve ; c'est la telline foliacée. Langue-de-serpent, langue-de-tigre, coquilles bivalves. Langue-de-chat, espèce de coquille allongée et plate : c'est encore une telline.

  19. Nom de certains outils ou engins. Langue-de-carpe, instrument connu aussi sous le nom de trivelin, dont les dentistes se servent pour l'extraction des dents molaires ou pour celle des racines. Langue-de-serpent, petit instrument dont les dentistes se servent pour enlever le tartre des dents de la mâchoire inférieure. Langue de balance, style perpendiculaire au fléau, qui se trouve caché par la châsse quand la balance est en équilibre. Langue-de-bœuf, outil des maçons qui est taillé en forme de cœur. Langue-de-carpe, outil d'acier aigu et tranchant des deux côtés dont se sert l'armurier. Langue-de-carpette, outil de serrurier, dont le tranchant est arrondi. Langue, bout de tuyau de plomb aplati qui jette l'eau en nappe dans la cuvette d'une garde-robe. Terme de marine. Langue, coin pour empêcher que les cercles de fer des mâts ne déchirent les étambrais. On place aussi des langues entre le traversin de la hune et l'avant de la caisse du mât, etc.

  20. Langue-de-chat, espèce de petite pâtisserie sèche et longue.

Étymologie : Wallon, linwe ; Verviers, lèwe ; picard et Berry, lingue ; provenç. lengua, lenga ; cat. llengua ; esp. lengua ; port. lingua, lingoa ; ital. lingua ; du lat. lingua.

Historique : XIIe s. ....cols [coup] de lange ne fait plaie Les langues d'or [du gonfanon] li sont as poins batant [lui battent sur les mains] XIIIe s. Citoles et violes font moult melodies ; mais andeus [toutes les deux] sormonte langue soef Quant uns hom a bone langue dehors, et il n'a point de conseil dedans, sa parleure est fierement perilleuse à la cité et à ses amis Et s'aucuns fel [felon] sa langue en sache [en tire la langue par dérision].... Et aux langues lascher les freins Et se le crior le sait, il est ateint de fauceté et est en la merci dou seignor de perdre quanque il a et la laingue aussi R…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Organe musculaire charnu et mobile, revêtu d’une membrane muqueuse, placé dans la bouche et qui est le principal instrument de la parole et l’organe du goût. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe ou le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet ou le frein de la langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de boeuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies.

  2. Tractions de la langue, Tractions faites pour ranimer un blessé, un asphyxié.

  3. Avoir la langue mauvaise, Avoir une langue blanchâtre, dénotant un mauvais état général.

  4. En termes de Musique instrumentale, Coup de langue. Voyez — COUP.

  5. En termes de Chasse et de Manège, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manège, Aides, appel de la langue.

  6. Fig., Faire tirer la langue à quelqu’un, Lui faire attendre indéfiniment une chose dont il a besoin ou qu’il désire.

  7. Fam., S’ennuyer à avaler sa langue, éprouver un ennui excessif.

  8. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens. Voyez

  9. CHIEN.

  10. LANGUE se dit, par analogie, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres et qui est environné d’eau sur tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des Pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie.

  11. Langue-de-serpent, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent.

  12. Langue-de-chat, Petit gâteau mince et long.

  13. LANGUE, considéré comme le nom de l’organe de la parole, entre dans un grand nombre d’expressions toutes faites et de locutions figurées. Prenez garde à votre langue, elle vous perdra. Sa langue s’est embarrassée et il a dû s’arrêter dès les premiers mots.

  14. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité à parler, parler beaucoup, et souvent avec excès.

  15. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Avoir beaucoup de babil et aussi Parler avec esprit, subtilité, malice.

  16. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité.

  17. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler.

  18. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée.

  19. Fam., Il a la langue longue, il ne sait pas tenir sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne sait pas garder un secret.

  20. Par exclamation, Quelle langue! Quel bavard! Quelle bavarde!

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • langues — pluriel — /lɑ̃ɡə/
  • langue — singulier — /lɑ̃ɡə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée langue#36366.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.