lancé · lance

lancé

adjectif, /lɑ̃se/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Jeté avec la main.

    Un dard lancé d'une main sûre — Jean Racine (1639-1699)

  2. Fig. Qui est dirigé contre, en parlant d'un arrêt, décret, etc.

    La bulle d'excommunication lancée contre ce prince par le pape Sixte-Quint — Voltaire (1694-1778)

  3. Fig. Qui est poussé rapidement dans les emplois, les affaires, le monde, etc. Il est lancé dans la diplomatie. Absolument. Il est lancé, il est dans le grand monde, dans les grandes affaires, dans les grandes places, etc.

    Il avait voulu la retirer de ce grand monde où elle était lancée — Marmontel (1723-1799)

    Moi, déjà négociant accrédité, lancé — Louis-Benoît Picard (1769-1828)

  4. Fig. et populairement. Un peu ivre et parlant à tort et à travers. Il a bu du champagne, il est lancé.

  5. S. m. Le lancé, le lieu où la bête a été lancée par les chiens. La bête revient au lancé. Se dit aussi de la chasse que les chiens courants donnent à la bête qu'ils font partir. Il n'avait pas été possible d'arrêter les chiens au début d'un plein lancé, J. des Débats, 28 mars 1866.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • lancées — pluriel féminin — /lɑ̃se/
  • lancés — pluriel masculin — /lɑ̃se/
  • lancée — singulier féminin — /lɑ̃se/
  • lancé — singulier masculin — /lɑ̃se/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lancé#36338.

lance

nom, féminin, /lɑ̃sə/

Définitions

  1. Arme formée d'une longue hampe terminée par une pointe.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Tuyau rigide terminé par un embout, utilisé pour projeter un jet d'eau.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Rompre une lance pour quelqu'un : prendre sa défense contre ses détracteurs.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (17 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Arme usitée chez les anciens qui était formée d'un long bois terminée par un fer pointu et qui se jetait avec la main. La lance d'Achille, lance avec laquelle ce héros blessa Télèphe, dont la plaie ne put être guérie qu'avec la rouille prise à cette lance même. Fig.

    Les glaives meurtriers, les lances homicides — Jean Racine (1639-1699)

    Votre plume est comme la lance d'Achille qui guérissait les blessures qu'elle faisait — Voltaire (1694-1778)

  2. Arme d'hast, ou à long bois, qui est terminée par un fer pointu et avec laquelle les anciens chevaliers, courant l'un sur l'autre, cherchaient à se percer ou à se désarçonner. Lance de combat, de joute, de tournoi. Tenir la lance en arrêt. Courir une lance, se disait de deux chevaliers qui couraient l'un contre l'autre la lance en arrêt. Courir une lance, se dit aussi, au jeu de bague, de la course à la lance pour décrocher et enlever une bague. Baisser la lance, en abaisser la pointe, ce qui signifie qu'on s'avouait vaincu. Fig. et familièrement. Baisser la lance, fléchir, mollir, se relâcher. Il a tenu bon plus d'un an, mais enfin il a baissé la lance. Baisser la lance devant quelqu'un, lui céder, reconnaître sa supériorité. Rompre une lance, voy. ROMPRE. Lance brisée, lance dont on se servait dans les joutes, et qui était à demi sciée près du bout, en sorte qu'elle pouvait facilement se briser. Lance à outrance, ou lance à fer émoulu, lance dont le fer était pointu, et avec laquelle on combattait à outrance. Lance courtoise, ou lance gracieuse, ou lance mousse, ou lance frétée, ou lance mornée, lance dont le fer n'était pas pointu, et qui était garnie au bout d'une sorte d'anneau qu'on appelait frette ou morne. Lance aux dames ou lance des dames, la dernière joute qu'on faisait dans les tournois en l'honneur des dames. Lance d'Argail, lance enchantée, célèbre dans les poëmes de Boïardo et de l'Arioste, qui renversait toujours le chevalier qu'elle touchait ; Argail ayant été tué par Ferragus, sa lance passa en diverses mains, et eut toujours la même propriété. Fig. Lance d'Argail, puissance à laquelle rien ne peut résister. Être à beau pied sans lance, être démonté et désarmé ; et fig. Être mal dans ses affaires. On dit dans le même sens : il est venu, il est retourné à beau pied sans lance, c'est-à-dire il est venu, il est retourné à pied.

    La bataille d'Ivry commença à décrier l'usage des lances qui fut bientôt aboli ; et sous Louis XIV les piques ont été oubliées — Voltaire (1694-1778)

    Les combattants devaient s'y rendre [dans l'amphithéâtre] armés de toutes pièces.... il fallait courir quatre lances ; ceux qui seraient assez heureux pour vaincre quatre chevaliers.... — Voltaire (1694-1778)

  3. Aujourd'hui, long bâton terminé par un fer pointu qui est l'arme de quelques régiments de cavalerie et des cosaques, et avec lequel on frappe de pointe sans le lâcher de la main.

    On s'aida du terrain avec habileté : les lanciers russes, embarrassés dans les broussailles et arrêtés par les crevasses, allongeaient en vain leurs longues lances ; pendant qu'ils cherchaient à pénétrer, atteints par les balles, ils tombaient blessés — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)

    Quarante pas les [cosaques] en séparaient [de l'empereur] à peine ; Rapp n'eut que le temps de se retourner et de faire face à ces barbares, dont le premier enfonça si violemment sa lance dans le poitrail de son cheval qu'il le renversa — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)

  4. Fer de lance, la lame qui termine une lance, et qui est de forme triangulaire. En fer de lance, en forme d'un fer de lance.

  5. Terme de manége. La main de la lance, la main droite du cavalier. Le pied de la lance, le pied droit du cheval. Fig. Coup de lance, marque naturelle que quelques chevaux ont entre le poitrail et l'épaule, et qui ressemble à un coup de lance.

  6. Autrefois, lance, terme collectif qui comprenait également l'homme d'armes combattant avec la lance, le coutellier, le page, le valet et les archers, tant à pied qu'à cheval. Lance fournie, homme d'armes qui avait le nombre d'archers, de valets et de chevaux dont il devait être accompagné.

    Chaque lance ou homme d'armes à la grande paye avait quinze livres par mois, et chaque archer sept livres dix sols : la petite paye était d'un tiers moins — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

    Une lance était souvent composée de dix cavaliers, sans compter les gens de pied, de sorte que cent lances était alors un corps de plus de mille hommes — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

  7. Lance d'étendard ou de drapeau, le bâton auquel l'étendard est attaché.

    Ce drapeau [tricolore] payait à la France Tout le sang qu'il nous a coûté : Sur le sein de la Liberté Nos fils jouaient avec sa lance — Béranger (1780-1857)

  8. Long bâton garni d'un tampon, pour jouter sur l'eau.

  9. Lance de harponneur, instrument dont se servent les pêcheurs de baleines, en forme d'une spatule ou d'une feuille de laurier, d'un pouce et demi de largeur sur deux et demi de long, et aiguisée sur tous les côtés. Un navire baleinier de 450 tonneaux embarque ordinairement 60 lances.

  10. Lance à feu, fusée emmanchée qui sert à mettre le feu à une pièce d'artillerie ou d'artifice. Terme de marine. Espèce de lance dont la tête contient une composition de matières combustibles. Lance à feu puant, artifice qui produit une fumée infecte, et dont le mineur se sert quelquefois pour incommoder les mineurs ennemis.

  11. Sorte de météore igné en forme de lance.

  12. Ancien terme d'obstétrique. Lance de Mauriceau, instrument en forme de fer de lance, inventé par Mauriceau pour perforer le crâne du fœtus mort quand l'extraction en était difficile. Dans l'ancienne chirurgie, instrument employé à faire l'opération de la fistule lacrimale.

  13. Lance se dit des piquants des chevaux de frise. Ornement en fonte ou en cuivre dont on garnit le haut des barreaux d'une grille.

  14. Terme de marine. Lance de sonde, instrument pour reconnaître la nature du fond de la mer. Fausse lance, canon de bois fait au tour qui, étant bronzé pour ressembler aux vrais canons, en tient quelquefois la place, et supplée, pour la montre, au défaut d'artillerie.

  15. Espèce de spatule dont se servent les modeleurs en stuc, en terre, en plâtre ou en cire. Barre de fer que le chaufournier plonge entre les pierres dont le four est chargé, afin de faciliter le passage de la flamme. Grosse brosse attachée au bout d'une perche pour faire de la peinture commune.

  16. Lance d'eau, jet d'eau, dont la grosseur n'est pas proportionnée à sa hauteur.

  17. La Lance du Centaure, un des noms sous lesquels on désigne parfois la constellation appelée plus communément le Loup.

Étymologie : Provenç. lansa ; catal. llansa ; espagn. lanza ; portug. lança ; ital. lancia ; du lat. lancea, que les auteurs anciens disent être les uns un mot gaulois, les autres un mot espagnol. Comparez le terme grec qui signifie lance.

Historique : XIe s. Tans cops [il] a pris de lances et d'espiez XIIe s. Ah ! com [ma dame] m'a mort de debonaire lance ! Toute plaine sa lance [il] l'abat mort au sentier XIIIe s. Et li chevalier issirent des huissiers [vaisseaux] et saillirent en la mer jusques aus ceintures, les hiaumes laciés, les lances es poins, les glaives es mains Et portoit trois aunes de toile atachies sour une lanche Beax filz, gar [prends garde] que ne praignés mie à home estrange compaignie ; Et si o toi errer voloit Et le tien chemin enqueroit, Di li que tu plus loig [loin] iras Et aillors que tu ne vorras [voudras] ; S'il por…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Arme à long bois, terminée par un fer pointu et qui, au moyen âge, était fort grosse vers la poignée. La poignée, le tronçon de la lance. Le bois, le fer de la lance. Lance de combat, de joute, de tournoi. Coucher, baisser la lance. Il rompit trois lances pour les dames. Il l’abattit d’un coup de lance. Les champions brisèrent leurs lances. Les lances volèrent en éclats. Ils venaient, l’un contre l’autre, lances baissées ou à lances baissées. Lance en arrêt.

  2. Fig. et fam., Rompre une lance, rompre des lances pour quelqu’un, Le défendre contre ceux qui l’attaquent. On dit dans un sens différent Rompre une lance avec quelqu’un, contre quelqu’un, Disputer avec lui.

  3. LANCE se prenait autrefois pour Un homme d’armes armé d’une lance. Une compagnie de cent lances.

  4. Il se dit aujourd’hui d’une Longue pique dont certains corps de cavalerie en France ou à l’étranger sont armés. Lance de dragons. Lance de touaregs.

  5. Par analogie, LANCE désigne Toutes sortes d’objets qui en rappellent la forme : un long Bâton garni d’un tampon, pour jouter sur l’eau; une Fusée emmanchée qui sert à mettre le feu à une pièce d’artillerie ou d’artifice. Lance à feu, Tube métallique adapté à l’extrémité d’un tuyau de pompe et servant à diriger le jet d’eau. Lance des pompiers. Lance d’arrosage.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • lances — pluriel — /lɑ̃sə/
  • lance — singulier — /lɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lance#36322.

lancé

nom, masculin, /lɑ̃se/

Voir aussi : forme féminine lancée

Grammaire et formes (2)
  • lancés — pluriel — /lɑ̃se/
  • lancé — singulier — /lɑ̃se/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lancé#36337.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.