lâcher
nom, masculin, /laʃe/
Grammaire et formes (2)
- lâchers — pluriel — /laʃe/
- lâcher — singulier — /laʃe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lâcher#37814.
nom, masculin, /laʃe/
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verbe, /laʃe/
Cesser de tenir, laisser échapper ce que l'on tenait.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Laisser aller un animal ou une personne que l'on retenait.
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Abandonner quelqu'un, cesser de le soutenir ou de l'accompagner.
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Céder brusquement, cesser de fonctionner ou de résister.
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Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens) — Académie 1935 (22 sens)
v. a.
Faire qu'une chose soit lâche, moins tendue. Cette corde est trop tendue, lâchez-la un peu.
Cet aliment lâche le ventre, il rend le ventre libre. Absolument. Les pruneaux lâchent.
Et le soir, de petits pruneaux pour lâcher le ventre — Molière (1622-1673)
Terme de manége. Lâcher la bride, voy. BRIDE, nos 2 et 3. Lâcher la main, voy. MAIN. Lâcher la gourmette, l'accrocher au second maillon, quand, étant accrochée au premier, elle serre trop le menton du cheval (voy. GOURMETTE).
Lâcher pied, lâcher le pied, voy. PIED. Terme d'escrime. Lâcher la mesure, reculer devant son adversaire. Absolument.
Ces misérables sur qui j'allongeais à tout instant et à bras raccourci des bottes qu'ils ne parèrent qu'en lâchant — Marivaux (1688-1763)
Laisser aller, en parlant des personnes ou des animaux que l'on tient, ou que l'on a près de soi, sous sa main.
Donnez-nous seulement six pistoles pour boire ; Nous allons vous lâcher — Molière (1622-1673)
Je ne laisserais pas de l'avoir [Pauline] auprès de moi ; elle ne saurait être mieux, et je ne vois rien qui mérite que vous la lâchiez et l'envoyiez au grenier — Mme de Sévigné (1626-1696)
Il se dit quand on laisse aller une personne ou des animaux pour qu'ils attaquent quelqu'un ou quelque chose, pour qu'ils aillent quelque part. Lâcher les chiens. Lâcher une laisse de lévriers. Terme de fauconnerie. Lâcher l'autour, lâcher l'épervier, etc. le laisser partir. Lâcher de rebat, laisser partir l'autour, après l'avoir retenu en son premier essor. Fig et familièrement. Lâcher une personne après une autre, la mettre à sa poursuite, pour l'inquiéter, la tourmenter, ou l'amener à faire ce qu'on désire. Lâcher les huissiers après un débiteur, leur donner charge de faire contre lui les poursuites nécessaires.
Un vieillard sur son âne aperçut en passant Un pré plein d'herbe et florissant, Il y lâche sa bête.... — La Fontaine (1621-1695)
Si un loup avide paraît, il lâche son chien qui le met en fuite — La Bruyère (1645-1696)
Laisser échapper un objet que l'on tient. Lâcher prise, voy. PRISE. Lâchez tout ! signal pour laisser aller les cordes qui retiennent un ballon, un bateau, etc. À certains jeux de cartes, lâcher la main, la laisser aller à un autre, quoiqu'on ait de quoi la lever. Au jeu de la paume, lâcher la balle, ne la point toucher, la laisser passer.
Petit poisson deviendra grand, Pourvu que Dieu lui prête vie ; Mais le lâcher en attendant, Je tiens pour moi que c'est folie : Car de le rattraper il n'est pas trop certain — La Fontaine (1621-1695)
Lâcher ce qu'on a dans la main Sous espoir de grosse aventure Est imprudence toute pure — La Fontaine (1621-1695)
Lâcher la bonde d'un étang, lâcher une écluse, lever la bonde d'un étang, lever la vanne d'une écluse. On dit aussi dans le même sens : lâcher les eaux. Lâcher le robinet d'une fontaine, le tourner de manière que l'eau s'échappe.
Ce malade lâche tout sous lui, il ne peut retenir ses excréments. Familièrement. Lâcher de l'eau, uriner. Lâcher un vent, laisser échapper un vent par en bas.
Lâcher un coup de fusil, un coup de pistolet, un coup de canon, faire partir ces armes, en tirer un coup. Dans le même sens : lâcher un trait. Populairement. Lâcher un coup. donner un coup. Fig. Faire partir quelque chose que l'on compare à un coup de fusil, à un trait. Lâcher un pamphlet dans le public. Lâcher une parole, lâcher un mot, dire inconsidérément quelque chose qui peut nuire ou déplaire. Lâcher un mot, lâcher une parole signifie aussi : dire quelque chose avec dessein. Il lâcha un mot qui fit impression. Lâcher la parole, lâcher le mot, dire le dernier prix qu'on veut avoir ou donner, quand on discute un marché, ou donner son consentement après avoir fait des difficultés. Le mot est lâché, vous ne pouvez vous en dédire. Prononcer une parole qui coûte à dire, faire un aveu, une concession qui coûte. Lâcher que...., dire, proférer.
Enfin l'un des deux vaisseaux lâcha à l'autre une bordée si bas et si juste qu'il coula à fond — Voltaire (1694-1778)
Ce cavalier lâche un coup de pistolet à un autre qui a le sabre levé sur lui — Diderot (1713-1784)
V. n. Être détendu. Cette corde lâche trop. S'échapper, manquer. Prenez garde que ce crampon ne lâche.
Se lâcher, v. réfl. Se détendre, se débander. Un ressort qui se lâche. Partir, en parlant d'une arme à feu. Fig. Tenir des propos indiscrets.
Un pistolet qui se lâcha malheureusement — Regnard (1655-1709)
[M. de Chaulnes] le mettait [M. de Chevreuse] à bout par ses railleries, auxquelles il se lâchait avec moins de ménagements qu'il ne l'aurait fait avec des étrangers — Saint-Simon (1675-1755)
Dans un langage bas, se lâcher, ne pouvoir retenir un vent. Votre Majesté, je crois, s'est lâchée, Couplet ajouté à la chanson du roi Dagobert.
Étymologie : Berry, lâcher, cesser ; il ne lâche pas de parler ; provenç. laxar, laschar ; espagn. et portug. laxar ; ital. lasciare ; du lat. laxare, rendre lâche, détendu, qui vient de laxus, lâche.
Historique : XIe s. Son cheval [il] broche, si li lasche la resne XIIIe s. Puis laska les bras, et li rois cheï sour le pavement si rudement que à poi que li cuers ne li parti XVe s. Et ne demoura gueres que sa maladie luy lascha, tant que comme à Dieu pleust qu'il s'endormist ; si en furent ses gens moult joyeulx quand ilz le virent reposer XVIe s. En nous remettant la coulpe, il nous lasche aussi toute la punition que nous avions meritée Il charge un pistolet et le lasche La peur trouble le ventre et le lasche Sans lascher une parole de foiblesse Lascher un oiseau L'un roidit et tendit les chordes qui es…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
v. tr.
Détendre, desserrer quelque chose. Cette corde est trop tendue, lâchez-la un peu. Il faut lâcher ce corset qui est trop serré. Lâcher un cordon, lâcher une courroie. Les cordes de cette harpe se sont lâchées.
Dans cette acception, il s’emploie aussi intransitivement pour signifier Se desserrer, se détendre. Prenez garde que la corde ne lâche.
En termes de Manège, Lâcher la bride, la main à un cheval, Lui tenir la bride moins courte pour le laisser ou le faire courir.
Il signifie figurément Donner à quelqu’un plus de liberté qu’à l’ordinaire. Lâcher la bride à ses passions, S’y abandonner entièrement.
à certains jeux de Cartes, Lâcher la main, La laisser aller à un autre, quoiqu’on ait de quoi la lever. Il signifie aussi figurément Céder de ses prétentions, diminuer du prix qu’on demandait d’une chose.
Lâcher pied, Reculer, s’enfuir.
Il signifie figurément Céder, montrer de la faiblesse. N’allez pas lâcher pied dans cette occasion : tenez ferme.
LÂCHER signifie aussi Laisser aller, laisser échapper. Il tenait cela dans ses mains, il l’a lâché. Lâcher un prisonnier. Lâcher un oiseau. Lâcher sa proie. Lâcher un âne dans un pré.
Lâcher prise, Laisser aller ce qu’on tient avec force. Il signifie aussi, figurément, Cesser une poursuite, une dispute, un combat, etc., ou Rendre malgré soi ce qu’on a pris.
Lâcher les chiens, Les laisser courir après la bête. Lâcher une laisse de lévriers.
à la Chasse du vol, Lâcher l’autour, l’épervier, etc., Le laisser partir.
Lâcher des pigeons, Donner l’essor à des pigeons voyageurs. On dit aussi Lâcher un ballon. Substantivement, Un lâcher de pigeons, un lâcher de ballons.
Fig. et fam., Lâcher une personne après une autre, sur une autre, La mettre à sa poursuite, pour l’inquiéter, pour la tourmenter, ou pour l’amener à faire quelque chose qu’on désire.
Lâcher les huissiers après un débiteur, sur un débiteur, Leur donner charge de faire contre lui des actes de leur ministère.
Lâcher la bonde d’un étang, lâcher une écluse, Lever la bonde d’un étang, lever la vanne d’une écluse. On dit aussi dans le même sens Lâcher les eaux.
Lâcher le robinet d’une fontaine, Le tourner de manière que l’eau s’échappe.
Fam., Lâcher une parole, lâcher un mot, Dire inconsidérément quelque chose qui peut nuire ou déplaire. Lâcher une épigramme contre quelqu’un. Il a lâché une parole qu’il voudrait bien avoir retenue. Je suis fâché de ce que j’ai dit, mais le mot est lâché. Il signifie aussi Dire une chose avec quelque dessein. Il lâcha un mot qui fit une grande impression.
Fam., Le grand mot est lâché, Le mot qu’on retenait est enfin échappé.
Dans ce sens, LÂCHER s’emploie pronominalement dans le langage familier et signifie Tenir des propos offensants, indiscrets, indécents. Il se repentit de s’être tant lâché devant eux. Se lâcher en propos imprudents, en propos injurieux contre quelqu’un.
Fig. et fam., Lâcher la parole, lâcher le mot, Dire le dernier prix qu’on veut avoir ou donner quand on discute les conditions d’un marché, ou Donner son consentement, dans une négociation, après avoir fait quelques difficultés. Le mot est lâché, vous ne pouvez vous en dédire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée lâcher#37815.
Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.