labeur
nom, masculin · /labœʁ/
Usage : d'usage courant (6.76 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Littéraire. Travail pénible et soutenu
Après des années de labeur, ils ont enfin acheté leur ferme.
« ....Le bœuf vient à pas lents ; Quand il eut ruminé tout le cas en sa tête, Il dit que du labeur des ans Pour nous seuls il portait les soins les plus pesants »La Fontaine (1621-1695)
« On exige que vous connaissiez ceux que les fatigues de l'âge et de leurs labeurs ont épuisés »Massillon (1663-1742)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- labeurs : pluriel · /labœʁ/
- labeur : singulier · /labœʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. m.
Terme du style relevé et poétique. Travail pénible et suivi.
Donc un nouveau labeur à tes armes s'apprête ; Prends ta foudre, Louis....Malherbe (1555-1628)
Moi qui n'ai ni l'esprit ni l'haleine assez forte Pour te suivre de près et te servir d'escorte, Je me contenterai, sans me précipiter, D'admirer ton labeur, ne pouvant l'imiterMathurin Régnier (1573-1613)
Il se dit pour labour dans cette phrase-ci : Ces terres sont en labeur, elles sont en culture, par opposition à terres en friche. Bêtes de labeur, celles qui servent pour la culture et le labourage.
Terme d'imprimerie. Ouvrages de labeur, ouvrages considérables et tirés à grand nombre, par opposition à ouvrages de ville qui sont de peu d'étendue et se tirent à moindre nombre. Presse à labeurs, presse destinée aux ouvrages de luxe.
Étymologie : Provenç. labor, laor ; espagn. labor ; ital. lavoro ; du lat. laborem, labeur. Labor tient au radical sanscrit rabh, désirer, agir violemment ; il s'y rapporte lettre pour lettre, l'r du sanscrit se changeant en l dans le latin (voy. le radical sanscrit ruc, lat. lucere) ; le sanscrit â-rabh, agir avec vigueur, a donné l'ancien haut allem. arapeit, d'où l'allemand moderne Arbeit, travail. Dans les meilleurs textes, labeur, labor, labour est du féminin, comme c'est la règle quand un nom latin en or se transforme en mot français ; mais on le trouve aussi masculin de bonne heure ; c'est cette irr
Historique : XIIe s. De tribulaciun apelai le segnor, e exoït [entendit] mei en laür li sire Jà n'iert perie ma labours, Se fins cuers puet d'amors joïr Ne vus metez en eire [voyage] ne en si grant labur XIIIe s. À cix [ceux] qui se doivent vivre de lor labor XIVe s. [Il] Aroit fait à vo gré et paiet ma labour Mais, se Dieu plaist, par mon labeur pourra estre mieux entendue ceste noble science C'est très grascieuse labeurs XVe s. Et faut que de nous [paysans] vienne et de nostre labour ce dont ils [les nobles] tiennent les estats Voult de rechef Bouciquaut aller au labeur d'armes en frontieres au pays de P…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. m.
Travail suivi exigeant un effort d’une certaine durée. être récompensé de son labeur. Un labeur ingrat. Jouir du fruit de ses labeurs.
LABEUR, en termes d’Imprimerie, se dit des Travaux de composition et de tirage importants, par opposition aux travaux de moindre importance, dits Ouvrages de ville. Cette imprimerie ne fait que le labeur. Il désigne aussi les Caractères typographiques employés pour des travaux et qui s’opposent aux caractères de fantaisie. Ce labeur est du corps dix.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée labeur#36106.