justification
nom, féminin, /ʒystifikasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de justifier quelqu'un, ou de se justifier. La justification de mes actes, de ma conduite.
Ce qui est plaisant, c'est qu'il [M. d'Hacqueville] a eu tort en cette occasion ; et, comme il a gagé d'être parfait, il n'a point osé pousser la justification avec moi, et se veut racquitter auprès de vous en disant que j'ai eu tort — Mme de Sévigné (1626-1696)
Une justification si évidente ne fut point reçue du cardinal, son ennemi personnel — Voltaire (1694-1778)
Ce par quoi l'on justifie, l'on prouve. La justification d'un fait.
Terme de théologie. Rétablissement d'un pécheur dans la grâce.
En quelque manière qu'il faille prendre la justification, soit, comme la prennent les luthériens, pour la non-imputation du péché et l'imputation de la justice de Jésus-Christ qui a satisfait pour nous, soit pour l'infusion de sa grâce fortifiante, qui, en emportant le péché, rende en même temps l'âme sainte et agréable à Dieu, nous sommes d'accord qu'en quelque manière qu'on la prenne, elle est purement gratuite — Bossuet (1627-1704)
Au jour terrible des vengeances.... je serai votre défense et votre justification, et vous ma gloire et ma couronne — Massillon (1663-1742)
Terme d'imprimerie. La longueur des lignes. Terme de fondeur de caractères. Action de comparer une lettre nouvellement fondue avec la lettre matrice.
Si mon œil se porte au delà de la justification du livre et tombe sur la marge — Buffon (1707-1788)
Étymologie : Provenç. justification ; espagn. justificacion ; ital. giustificazione ; du lat. justificationem, de justificare, justifier.
Historique : XIIe s. À guarder tes justificaciums, sire Deux XIVe s. Par ce appert par quelles justifications un homme doye estre dit juste XVIe s. La confession de nos pechez est nostre vraye justification Toutefois encore rendoit Titus quelque raison et justification de ce faict, disant....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action de justifier quelqu’un, de se justifier; ou Preuves qui servent à justifier. J’entreprendrai leur justification. Il sera reçu, admis à sa justification. Je veux travailler à la justification de mon père. Ce mémoire contient ma justification, la justification de mes actes, de ma conduite.
Il signifie quelquefois Preuve que l’on fait de quelque chose par titres, par témoins, etc. La justification d’un fait.
Il désigne aussi, en termes de l’écriture sainte, l’Action et l’effet de la grâce pour rendre les hommes justes. La justification des hommes. La justification des pécheurs.
Il se dit spécialement, en termes d’Imprimerie, de la Longueur des lignes et aussi de leur nombre dans une page. La justification est fixée invariablement dans le composteur de l’ouvrier.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- justifications — pluriel — /ʒystifikasjɔ̃/
- justification — singulier — /ʒystifikasjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée justification#35790.