jugé · juge

jugé

adjectif, /ʒyʒe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Qui a été l'objet d'un jugement, en parlant des personnes. Les voleurs jugés et condamnés. Substantivement. Les jugés, les condamnés au jugement dernier. Fig. C'est un homme jugé, se dit, dans un sens péjoratif, d'un homme dont on connaît le peu de valeur intellectuelle ou morale. On dit dans le même sens : cela est jugé.

    Quand je viens à penser que ces personnes peuvent tomber et être au nombre malheureux des jugés — Pascal (1623-1662)

  2. Qui a été l'objet d'un jugement, en parlant des choses. Affaire jugée en première instance. Terme de jurisprudence. La chose jugée, point de contestation qui a été jugé par les tribunaux. Jugement passé en force de chose jugée, décision qui ne peut plus être réformée par aucune voie légale. Bien jugé, mal appelé ; mal jugé, bien appelé, formules employées dans les arrêts quand un juge supérieur confirme ou casse la sentence d'un juge subalterne. Substantivement, le bien jugé, jugement bien rendu. Maintenir le bien jugé. En sens contraire, le mal jugé, jugement défectueux. Il faut prouver le mal jugé, quand on appelle d'une sentence, d'un premier jugement. Le mal jugé n'est pas un moyen de cassation.

    Combien de fois s'est-on plaint que les affaires n'avaient ni de règle ni de fin ; que la force des choses jugées n'était presque plus connue... ! — Bossuet (1627-1704)

    Nous verrons si le bien jugé, qui n'a passé que de deux voix, n'est pas le plus infernalement mal jugé [dans l'affaire du jeune la Barre et de ses amis] — Voltaire (1694-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • jugées — pluriel féminin — /ʒyʒe/
  • jugés — pluriel masculin — /ʒyʒe/
  • jugée — singulier féminin — /ʒyʒe/
  • jugé — singulier masculin — /ʒyʒe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée jugé#35700.

juge

nom, féminin, /ʒyʒə/

Définitions

  1. Magistrat investi du pouvoir de trancher les litiges en appliquant la loi.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Personne désignée pour apprécier les performances dans une compétition ou un concours.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Personne considérée comme apte à donner un avis autorisé sur une question.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (16 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Celui qui juge, qui a le droit et l'autorité de juger. Les jurés ne sont juges que du fait. Dieu le souverain juge. L'Église est juge des choses de la foi. Fig.

    La Syrie à vos lois est-elle assujettie Pour souffrir qu'une femme y soit juge et partie ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Que je vous fasse vous-même le juge de votre propre cause — Bourdaloue (1632-1704)

  2. Homme préposé par autorité publique pour rendre la justice aux particuliers. Autrefois les juges, n'étant pas salariés par l'État, avaient des bénéfices dans les procès.

    Pendant que chacun tâche de vaincre [dans une discussion], on s'exerce bien plus à faire valoir la vraisemblance qu'à peser les raisons de part et d'autre ; et ceux qui ont été longtemps bons avocats ne sont pas pour cela par après les meilleurs juges — Descartes (1596-1650)

    Le juge prétendait qu'à tort et à travers On ne saurait manquer, condamnant un pervers — La Fontaine (1621-1695)

  3. Collectivement et absolument, tribunal. Renvoyer devant le juge, par-devant le juge.

  4. Juges de rigueur, les juges qui doivent prononcer suivant la rigueur de la loi ; à la différence des arbitres, qui peuvent se décider d'après l'équité naturelle. Juges de rigueur, s'est dit aussi des juges subalternes ; à la différence des juges qui prononçaient en dernier ressort, et qui se permettaient quelquefois d'adoucir la rigueur de la loi. Juges naturels, ceux que la loi assigne aux accusés, aux parties, suivant leur qualité et l'espèce de la cause. Juges inférieurs, juges qui prononcent en premier ressort.

  5. Juge d'instruction, magistrat établi pour rechercher les crimes et les délits, en recueillir les preuves ou indices, et faire arrêter et interroger les prévenus. Juge-commissaire, juge désigné par le tribunal dont il fait partie pour procéder à certaines opérations, et en faire son rapport s'il y a lieu. Juge de paix, magistrat principalement chargé de juger sommairement, sans frais et sans ministère d'avoués, les contestations de peu d'importance, et de concilier, s'il se peut, les différends dont le jugement est réservé aux tribunaux civils ordinaires. Juges extraordinaires, juges qui ne connaissent que de certaines matières distraites par la loi de la juridiction ordinaire.

  6. Autrefois, juges ordinaires, juges à qui appartenait naturellement la connaissance des affaires civiles ou criminelles ; à la différence des juges de privilége, et de ceux qui étaient établis par commission. On appelait aussi juges ordinaires ceux qui servaient toute l'année, à la différence de ceux qui ne servaient que par semestre. Juges royaux, ceux qui rendaient la justice au nom du roi. Juges des seigneurs, ceux qui la rendaient au nom des seigneurs. Juge d'attribution, juge qui était établi pour connaître de certaines affaires. Juge délégué, celui qui était commis pour connaître d'une affaire particulière, par opposition à juge permanent. Juge botté, juge qui n'était pas gradué. Juge botté ne se dit plus que fig. d'un juge sans lumière et sans capacité. Juge a quo [duquel, sous-entendu on pouvait appeler], juge subalterne, juge dont on appelait. Autrefois juges et consuls, juges-consuls, aujourd'hui juges consulaires, juges pour les affaires commerciales, juges au tribunal de commerce.

    Comme les négociants habiles et instruits dans leur art ont acquis par l'habitude et l'usage du commerce une connaissance suffisante pour juger les différends qui concernent le négoce et la marchandise, l'ordonnance [de 1673] a cru devoir ôter la connaissance de ces différends aux juges ordinaires, et en confie la décision aux négociants mêmes, ou du moins aux plus habiles et plus capables d'entre eux, choisis à cet effet dans chaque ville par le corps des négociants, et elle leur a donné la qualité de juges-consuls — POTHIER

  7. Grand juge, titre donné, sous le premier empire, au ministre de la justice.

  8. Juge mage ou maje, titre qu'on donnait, dans quelques provinces méridionales de la France, au lieutenant du sénéchal.

  9. Nom donné à ceux qui sont chargés de prononcer dans un concours. Les juges du concours.

  10. Toute personne ou ensemble de personnes choisies pour prononcer sur un différend, ou dont le jugement, l'opinion a pouvoir de décider. Il se dit, dans le même sens, de toute chose personnifiée.

    Puisqu'il veut te choisir pour juge, je n'y recule point — Molière (1622-1673)

    Il est donc hérétique, me dit-il, demandez-le à ces bons pères. Je ne les pris pas pour juges — Pascal (1623-1662)

  11. Celui qui est capable de juger d'une chose, de l'apprécier. Se faire, s'établir, se constituer juge de quelqu'un, de quelque chose, se croire capable de juger quelqu'un, quelque chose.

    Vous vous êtes, en ma faveur, trompé en une chose de laquelle vous êtes si bon juge — Voiture (1597-1648)

    Toutes les vaines excuses dont vous couvrez votre impénitence vous vont être ôtées.... mon discours, dont vous vous croyez peut-être les juges, vous jugera au dernier jour — Bossuet (1627-1704)

  12. Juges du camp, ceux qui, dans les combats judiciaires, dans les joutes et combats de chevaliers, étaient chargés de veiller à ce que tout se passât suivant l'usage et la loyauté.

  13. Francs juges, voy. VEHME.

  14. Titre des magistrats suprêmes des Juifs avant l'établissement de la royauté. Le livre des Juges ou, simplement, les Juges, le septième livre de l'Ancien Testament, qui contient l'histoire des Juifs pendant la domination des juges.

    Depuis le temps des juges qui jugèrent Israël — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  15. Juge et garde de la prévôté, juge subalterne du bailli. Juge d'armes, officier qui était chargé de vérifier et de certifier les armoiries et les titres de noblesse. Juge-garde, fonctionnaire qui veillait à la fabrication des monnaies.

Étymologie : Provenç. jutge ; espagn. juez ; portug. juiz ; ital. giudice ; du lat. judicem, de jus, droit, et dex, celui qui dit, de dicere. Il est vrai que l'on a dīcere et judĭcis ; mais on doit remarquer que tous les mots tels que dĭcare, causidĭcus etc. ont dĭ ; d'ailleurs on sait que l'ancienne forme de dīcere est deicere, lequel est un gouna du radical diç, montrer, dire.

Historique : XIIIe s. Grant don fait juges aveugler, Droit abatre, tort elever [Hypocrisie] Ses anemis ne prise gaires, Qu'ele a baillis, provos et maires, Et si a juges Nus [nul] en sa querele ne doit estre juges et partie, excepté le roi ; car cil pot estre juges et partie en sa querele et en l'autrui XIVe s. Le juge est bon, qui tost entent et tart juge XVe s. Par ce l'en peult appercevoir Souvent en mainte plaidoyerie Ung homme, affin de recepvoir, Estre ensemble juge et partie Juge hastif est perilleux XVIe s. Le peuple ne voulut point tirer au sort ceulx qui devroient estre juges de ce jeu, pour adju…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Celui qui est investi par autorité publique du pouvoir de dire le droit ou reconnaître le fait et de la fonction d’appliquer la loi dans les affaires litigieuses. Juge équitable, intègre, incorruptible. Juge prévaricateur. Juge sévère, rigoureux. Juge compétent. Juge civil, criminel. Juge en première instance. Juge en dernier ressort. Juges d’appel. Juge de police. Juge de commerce. Juge suppléant. être juge dans une Cour d’appel. Nommer, instituer des juges. Installer un juge dans ses fonctions. Récuser un juge. Prendre le juge à partie. Donner des juges à quelqu’un. Avoir ses pairs pour juges. Personne ne peut être juge dans sa propre cause, n’est bon juge dans sa propre cause. On ne peut être à la fois juge et partie.

  2. On dit aussi, par analogie, Dieu est le souverain juge, le juge suprême. L’église est juge de tout ce qui a rapport à la foi.

  3. Il se dit quelquefois, collectivement et absolument, pour Tribunal. Renvoyer devant le juge, par-devant le juge.

  4. Juges naturels, Ceux que la loi assigne aux accusés, aux parties, suivant leur qualité et l’espèce de la cause. Nul ne peut être distrait à ses juges naturels.

  5. Juges ordinaires se disait autrefois des Juges à qui appartenait naturellement la connaissance des affaires civiles ou criminelles. Il se dit aujourd’hui des Juges de droit commun, à la différence des juges établis par des lois spéciales.

  6. Juge-commissaire, Juge désigné par le tribunal dont il fait partie pour procéder à certaines opérations et en faire son rapport, s’il y a lieu.

  7. Juge d’instruction, Magistrat établi pour rechercher les crimes et délits, en recueillir les preuves ou indices, et faire arrêter et interroger les prévenus. Il fut interrogé par le juge d’instruction.

  8. Juge de paix, Magistrat principalement chargé de juger sommairement, sans frais et sans ministère d’avoués, les contestations de peu d’importance, et de concilier, s’il se peut, les différends dont le jugement est réservé aux tribunaux civils ordinaires. Le juge de paix du canton de..., de tel arrondissement. Le greffier du juge de paix. Citer quelqu’un devant le juge de paix. Le juge de paix ne put concilier les parties.

  9. Juges consulaires, Juges pour les affaires commerciales, juges au tribunal de commerce.

  10. JUGE se dit aussi de Toute personne choisie pour prononcer sur un différend, ou au jugement, à l’opinion de laquelle on s’en rapporte sur quelque chose. Il vous a reconnu pour juge. Faire l’office de juge. Convenir d’un juge. Vous en serez le juge. Je vous en fais juge. Je vous prends pour juge.

  11. Juges du concours, Personnes chargées de prononcer dans un concours.

  12. JUGE se dit, par extension, de Celui qui est capable de juger d’une chose. Vous êtes mauvais juge, bon juge en cela. Il a approuvé cet ouvrage, et vous savez qu’il est bon juge.

  13. Se faire, s’établir, se constituer juge de quelqu’un, de quelque chose, Prétendre avoir le droit de juger, se croire capable de juger.

  14. JUGE se dit figurément dans un sens analogue à celui qui précède, en parlant des Sens, de la conscience, etc. L’oreille est un juge difficile. La raison est un juge sévère. Les sens sont quelquefois des juges bien trompeurs. La conscience est juge de la moralité des actions.

  15. Il se dit aussi de Certains magistrats suprêmes qui gouvernèrent le peuple juif durant la période qui commence à la mort de Josué et qui finit à la naissance de Samuel.

  16. Le livre des Juges ou, simplement, Les Juges, Le septième livre de l’Ancien Testament, qui contient l’histoire des Juifs pendant la domination des juges.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • juges — pluriel — /ʒyʒə/
  • juge — singulier — /ʒyʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée juge#35685.

jugé

nom, masculin, /ʒyʒe/

Grammaire et formes (2)
  • jugés — pluriel — /ʒyʒe/
  • jugé — singulier — /ʒyʒe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée jugé#35699.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.