jubilé

jubilé

nom, masculin, /ʒybile/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Solennité publique, chez les Juifs, qui, se célébrant de cinquante ans en cinquante ans, amenait la rémission de toutes sortes de dettes, la restitution de tous les héritages aux anciens propriétaires, et la mise en liberté de tous les esclaves. Les Juifs ne vendaient point leurs biens et leurs terres à perpétuité, mais seulement jusqu'à l'année du jubilé.

    Vous sanctifierez la cinquantième année, et vous publierez la liberté générale à tous les habitants du pays, parce que c'est l'année du jubilé — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Dans la religion catholique, indulgence plénière, solennelle et générale, accordée par le pape en certains temps et en certaines occasions. La bulle du jubilé. Le jubilé fut établi en 1300 par Boniface VIII, et ne se célébrait d'abord que de cent en cent ans ; Clément VI le réduisit à cinquante, Urbain VI à trente-trois ans et Sixte IV à vingt-cinq. Faire son jubilé, faire toutes les pratiques de dévotion ordonnées par la bulle du jubilé. Terme de jeu. Faire jubilé, brouiller le jeu, de manière qu'il n'y ait ni perdants ni gagnants.

    Le jubilé est une indulgence plénière d'autant plus certaine et d'autant plus efficace qu'elle est accordée par notre saint-père le pape pour cause publique, avec une réflexion plus particulière sur les besoins de la chrétienté, et qu'elle est universelle — Bossuet (1627-1704)

    Votre mandement pour le jubilé sera certainement lu ; mettez-y des vérités fortes et touchantes — Mme de Maintenon (1635-1719)

  3. Fête religieuse et domestique, qu'on célèbre souvent au bout de cinquante ans d'exercice d'une fonction, au bout de cinquante ans de mariage. Ce professeur célèbre cette année son jubilé ; il a 50 ans de services. Mariage de jubilé, mariage célébré de nouveau après cinquante ans de durée.

  4. Adj. Il se dit d'un religieux, d'un chanoine, d'un docteur qui l'est depuis 50 ans. Ce père n'a plus qu'une année de théologie à enseigner, et puis il sera lecteur jubilé.

Étymologie : Provenç. jubileu ; espagn. jubileo ; ital. giubbileo ; du lat. jubilæus, qui vient de l'hébreu iobel, cor, trompe, dont le son annonçait la fête.

Historique : XVe s. Venez à mon jubilé ; J'ay passé la cinquantaine ; Tout mon bon temps est allé ; Venez à mon jubilé

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Solennité publique de la loi mosaïque qui se célébrait de cinquante ans en cinquante ans, et lors de laquelle toutes sortes de dettes étaient remises, tous les héritages restitués aux anciens propriétaires, et tous les esclaves rendus à la liberté. Les Juifs ne vendaient pas leurs biens et leurs terres à perpétuité, mais seulement jusqu’à l’année du jubilé.

  2. Il désigne, dans la Religion catholique, une Indulgence plénière, solennelle et générale, accordée par le pape en certains temps et en certaines occasions. Jubilé universel. La bulle du jubilé. Recevoir, publier, ouvrir le jubilé. Les stations, les prières du jubilé. Jubilé pour la paix. Le grand jubilé est maintenant de vingt-cinq ans en vingt-cinq ans.

  3. Faire son jubilé, Faire toutes les pratiques de dévotion ordonnées par la bulle du jubilé.

  4. JUBILÉ se dit, par extension, du Cinquantenaire de l’entrée dans une fonction, une profession. Il s’emploie aussi pour des Durées moindres. Célébrer son jubilé.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • jubilés — pluriel — /ʒybile/
  • jubilé — singulier — /ʒybile/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée jubilé#35657.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.