joug

joug

nom, masculin, /ʒuɡ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Pièce de bois servant presque exclusivement à l'attelage des bœufs et des vaches.

    Il fallait mettre au joug deux taureaux furieux — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Dans l'ancienne Italie, pique placée horizontalement sur deux autres fichées en terre et sous laquelle on faisait passer les ennemis vaincus. L'armée romaine passa sous le joug aux Fourches Caudines.

    Ils furent tous passés sous le joug et renvoyés chacun avec un habit seulement — Rollin (1661-1741)

  3. Fig. Sujétion qu'impose un vainqueur ou une autorité oppressive.

    Si le joug qui l'accable [Rome] est brisé par nos mains — Pierre Corneille (1606-1684)

    Il vous fera porter un joug de fer, jusqu'à ce que vous en soyez écrasés — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  4. Il se dit de l'empire de l'amour. Il se dit aussi du lien du mariage.

    L'amour n'a-t-il encor triomphé que de vous ?.... Mortelle, subissez le sort d'une mortelle ; Vous vous plaignez d'un joug imposé dès longtemps — Jean Racine (1639-1699)

    Partons, la voile est prête, et Byzance m'appelle ; Je suis vaincu, je suis au joug d'une cruelle ; Le temps, les longues mers peuvent seuls m'arracher Ses traits que malgré moi je vais toujours chercher — André Chénier (1762-1794)

  5. Contrainte morale, sujétion. Il se dit aussi, en bonne part, d'une contrainte salutaire. Le joug du Seigneur, l'obéissance aux lois de la religion. Faire joug, se soumettre (locution qui a vieilli).

    Mon âme a secoué le joug de cent remords — Pierre Corneille (1606-1684)

    Déçue par la liberté dont elle a fait un mauvais usage.... elle [l'âme] se met de tous côtés sous le joug — Bossuet (1627-1704)

  6. Bâton ou fléau d'une balance.

  7. Terme de marine. Bâton pour tordre les cordages de moyenne grosseur et pour serrer une ligature. Ancien terme de marine. Forte pièce de bois qui, dans une galère, à la proue et à la poupe, traversait le navire et supportait par ses extrémités tout l'appareil des rames. On disait aussi par corruption joup, JAL.

Étymologie : Provenç. jo ; catal. jou ; espagn. jugo ; portug. jugo ; ital. giogo ; du lat. jugum ; grec, ζύγος ; allem. Joch ; persan, iough ; sanscr. yuga ; du verbe yuj, joindre, au sens d'attacher, atteler ; latin, jungere.

Historique : XIIe s. Dejetums de nus [nous] le juh de els [eux] XIIIe s. Quant li hom use sa vie en vices, il li semble trop grief le joug de vertu Li home gardassent volentiers la franchise que nature leur avoit donée, et n'eussent miz lor col au jou des seignories, se ne fust ce que les males oevres multeplioient perilleusement Jamais buef sa teste cornue Ne metroit à jou de charrue XIVe s. Que le consulat estoit mis souz le jouc de la puissance tribunicienne XVIe s. Les plus mutins et revesches excitoient les autres à faire joug [à se soumettre] à ceste ordonnance Mais je veux bien au vray vous advertir…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Pièce de bois que l’on pose sur la tête des boeufs et avec laquelle ils sont attelés pour tirer un chariot ou une charrue. Mettre les boeufs au joug, leur ôter le joug.

  2. Il signifie, au figuré, Servitude, sujétion. Joug pesant, rude, insupportable. Joug honteux Le joug de la servitude. Mettre sous le joug. Tenir sous le joug. Imposer le joug. Porter le joug. Subir le joug. S’affranchir du joug. Secouer le joug. JÉSUS-CHRIST dit, dans l’évangile, que son joug est doux.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • jougs — pluriel — /ʒuɡ/
  • joug — singulier — /ʒuɡ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée joug#35611.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.