jouer
verbe, /ʒue/
Définitions
Se livrer à une activité de divertissement, s'amuser.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Pratiquer un jeu ou un sport, y compris en misant de l'argent.
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Tirer des sons d'un instrument, interpréter une œuvre musicale.
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Interpréter un rôle ou représenter une œuvre au théâtre ou au cinéma.
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Voir aussi : donne se jouer
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (35 sens) — Académie 1935 (59 sens)
Littré (1873)
V. n. Se livrer à un amusement. Ne jouez pas avec ce pistolet, il est chargé. Cet enfant est allé jouer chez son petit camarade. Fig. Envoyer jouer, ne pas écouter quelqu'un. Ce cheval joue avec son mors, il mâche son mors avec action.
Laissez donc jouer un enfant et mêlez l'instruction avec le jeu — Fénelon (1651-1715)
Le galant donc.... vous investit Lucrèce, Qui ne manqua de faire la tigresse à l'ordinaire, et l'envoyer jouer — La Fontaine (1621-1695)
Plaisanter, badiner. Jouer sur le mot ou sur les mots, faire des allusions, des équivoques sur les mots. Fig. Jouer avec sa vie, avec sa santé, ne pas ménager sa vie, sa santé. Jouer avec la vie, ne point la regarder comme une chose sérieuse et agir en conséquence.
Il ne faut point jouer avec ceux qui ont en main l'autorité royale — Cardinal de Retz (1613-1679)
Il est vrai que saint Augustin l'aime trop [Paulin de Nole], et joue et subtilise sur l'amitié d'une manière qui pourrait ne pas plaire — Mme de Sévigné (1626-1696)
Se divertir à un jeu quelconque. Jouer à colin-maillard, à la main chaude, aux échecs, au trictrac, à la boule, etc. Jouer avec quelqu'un, contre quelqu'un. Jouer à quitte ou double, ou jouer quitte ou double, jouer une dernière partie par laquelle on sera acquitté de ce qu'on devait ou bien l'on devra une somme double. Fig. Jouer quitte ou double, risquer, hasarder tout, pour se tirer d'une mauvaise affaire. Jouer de son reste, jouer de ce qu'on a encore d'argent. Fig. Jouer de son reste, achever de consumer son bien. Jouer de son reste, signifie encore prendre un moyen extrême après lequel on n'a plus de ressource. Enfin, jouer de son reste signifie user des dernières ressources, user de quelque chose qui va finir. Ce ministre qui est menacé, joue de son reste : il case ses amis. Jouer à cul levé, jouer chacun à son tour, le premier perdant cédant sa place à un autre, et ainsi de suite. Fig. Jouer à boute-hors, supplanter. Jouer à qui perd gagne, jouer aux dames une sorte de partie où celui-là gagne qui fait prendre le premier toutes ses dames. Fig. et familièrement. Jouer à qui perd gagne, se dit lorsqu'un désavantage apparent produit un avantage réel. À certains jeux de cartes, faire jouer, nommer la couleur dans laquelle le coup doit être joué. C'est lui qui fait jouer. Jouer sans prendre, ou, simplement, jouer ; et faire jouer sans prendre, ou, simplement, faire jouer, signifie obliger l'adversaire à jouer sans écarter et sans prendre de nouvelles cartes. Au quadrille et au tri, jouer sans prendre, jouer sans demander le roi. Au jeu de la bête ombrée, jouer sans prendre, faire les levées nécessaires pour gagner sans avoir écarté. Jouer se dit particulièrement au jeu de la bête, pour déclarer que l'on s'engage à faire les levées nécessaires pour gagner ce qui va sur le coup, ou à faire la bête. Substantivement. Dans cette phrase, usitée à la bouillotte : ouvrir le jouer, proposer une somme quelconque aux autres joueurs. Au jeu du mail, jouer au grand coup, jouer à qui poussera le mail le plus loin. Ne jouer que pour l'honneur, ou, activement, ne jouer que l'honneur, jouer sans intéresser le jeu. Jouer serré, jouer avec prudence et en évitant soigneusement de rien hasarder ; et fig. ne donner aucune prise à l'adversaire dans une discussion, dans une affaire. Jouer de malheur, jouer avec malheur, n'avoir point de chance au jeu. Fig. On dit, dans le sens contraire, jouer de bonheur. Fig. Jouer à jeu sûr, être certain du succès des moyens qu'on emploie dans une affaire. Jouer au plus sûr, choisir de deux expédients celui où il y a le moins de risque. Fig. Jouer au fin, au plus fin, employer l'adresse, la finesse pour venir à bout de ses desseins. Fig. Jouer à, se mettre en danger de.
D'abord ils ont joué au volant ; Mme de Chaulnes joue comme vous — Mme de Sévigné (1626-1696)
Nous jouions au reversis quand les lettres arrivèrent — Mme de Sévigné (1626-1696)
Absolument. Avoir l'habitude de jouer de l'argent. Donner à jouer, recevoir chez soi des joueurs. On ne donne plus à jouer dans cette maison. Il jouerait les pieds dans l'eau, se dit d'un joueur déterminé.
C'est que je joue ; et, comme je suis fort heureux, je mets sur moi tout l'argent que je gagne — Molière (1622-1673)
Elle plaint le malheur de la nature humaine Qui veut qu'en un sommeil où tout s'ensevelit Tant d'heures sans jouer se consument au lit — Boileau (1636-1711)
Il s'emploie avec le nom de la monnaie qu'on met sur jeu. Jouer au dernier écu, jouer jusqu'à risquer le dernier écu qui reste dans la poche ; et fig. tout risquer.
Jouer aux écus
Nous avons entendu un de nos orateurs vous proposer, si l'Angleterre faisait à l'Espagne une guerre injuste, de franchir sur-le-champ les mers, et de jouer dans Londres même, avec ces fiers Anglais, au dernier écu, au dernier homme — Mirabeau (1749-1791)
Se servir de l'instrument nécessaire pour jouer à tel ou tel jeu. Jouer du battoir, au battoir. Jouer avec une raquette. Jouer de masse. Jouer des gobelets, faire des tours de passe-passe avec des gobelets ; et fig. chercher à duper ceux avec qui on traite. Jouer des mains, badiner avec les mains, se donner des coups l'un à l'autre avec les mains. Jouer des mains, se dit aussi pour se battre tout de bon. Populairement. Jouer des mains, filouter. On dit dans le même sens : jouer de la griffe. Fig. Jouer d'adresse, user d'habileté, de ruse. On dit de même : jouer d'industrie. Fig. et populairement. Jouer des jambes, courir, et surtout s'enfuir. Il se mit aussitôt à jouer des jambes. Jouer des mâchoires, voy. MÂCHOIRE. Fig. et populairement. Jouer de la poche, tirer de l'argent de sa poche pour payer. Jouer du pouce, faire une dépense, payer ce qui est dû. Jouer de la prunelle, parler des yeux, langage dont se servent deux personnes qui ne peuvent se dire ce qu'elles ont à se dire, et surtout un homme et une femme qui se font des signes d'intelligence.
Ou s'il faudra jouer des mains Avec des peuples inhumains — Scarron (1610-1660)
Une grosse troupe d'archers, qui me menèrent en prison, après avoir joué de la griffe chez moi et raflé mes meilleurs effets — Lesage (1668-1747)
Se servir d'un instrument quelconque. Jouer de l'espadon, jouer du bâton à deux bouts, etc. les manier avec adresse. Jouer du drapeau, le faire voltiger avec adresse. Fig. et populairement. Jouer des couteaux, se battre à l'épée.
Si tu ne le dis pas, je jouerai de la dague — Thomas Corneille (1625-1709)
À faire des nœuds, à tourner votre rouet pour tout amusement, et à jouer de l'éventail pour toute conversation — Louis de Boissy (1694-1758)
Se servir d'un instrument de musique, en tirer des sons. Jouer du violon, de la harpe, de la flûte, du hautbois, etc. Aujourd'hui, jouer se dit de toute espèce d'instruments ; autrefois il y avait un verbe particulier pour chaque instrument, on disait : toucher du piano ou de l'orgue, pincer de la harpe ou de la guitare, donner du cor, sonner de la trompette, etc.
Écrire par jeu, par oisiveté, et comme Tityre siffle ou joue de la flûte — La Bruyère (1645-1696)
Se mouvoir, agir d'une certaine façon, en parlant des ressorts, des machines. Ce ressort joue en sens inverse de l'autre. Les pièces de cette machine jouent mal entre elles. Fig. Faire jouer toutes sortes de ressorts, employer tout son pouvoir, tous les moyens dont on peut disposer. On dit dans un sens analogue : faire jouer l'intrigue, les intrigues. Faire jouer les intérêts, les passions, les mettre en jeu.
Les ressorts secrets qu'il fallut faire jouer, pour amasser de quoi fournir à cette dépense, étaient plus humiliants que l'ambassade n'était pompeuse — Voltaire (1694-1778)
Votre Majesté, qui a eu la bonté de me marquer la satisfaction de ma nouvelle et très mince dignité de secrétaire de l'Académie française, ne peut pas s'imaginer toutes les intrigues qu'on a fait jouer pour m'en écarter — D'Alembert (1717-1783)
Avoir un mouvement libre, facile. Cette serrure ne joue pas. Terme de marine. Le vaisseau joue sur son ancre, quand il est agité par le vent et en même temps retenu par son ancre. Le gouvernail joue quand il est en mouvement. Le vent est dit jouer lorsqu'il varie souvent et rapidement. Une pièce joue quand elle est mal consolidée.
L'illusion si favorable au Panthéon vient, à ce qu'on assure, de ce qu'il y a plus d'espace entre les colonnes, et que l'air joue librement autour — Mme de Staël (1766-1817)
En termes de charpente, de menuiserie et d'ébénisterie, le bois joue quand, par suite de dilatations ou de contractions, un assemblage se dérange.
En termes de jardinage, on dit qu'une plante joue quand, grâce au vent ou aux insectes, les fleurs en sont fécondées par le pollen d'autres variétés, ce qui la rend hybride et lui ôte son caractère de pureté. Ces pensées ont joué. Avec tant de variétés à côté les unes des autres, vos potirons joueront.
Jouer, en parlant des cascades, des jets d'eau, etc. qu'on fait jaillir. Autrefois, jouer se disait activement en ce sens. On joua les eaux. Lancer de l'eau. Faire jouer les pompes. Les pompes jouent.
Le roi ordonna à d'Antin de lui faire voir [à l'électeur de Bavière] les jardins de Marly, et d'y faire jouer les eaux — Saint-Simon (1675-1755)
Faire explosion. La mine, le fourneau joua. Quand le canon eut joué. Faire jouer une mine. Fig.
Des matelots, dans une de leurs réjouissances, s'approchèrent dans des barques sous le môle, dont l'artillerie devait les foudroyer ; elle ne joua point — Voltaire (1694-1778)
On fait sa brigue pour parvenir à un grand poste.... l'amorce est déjà conduite, et la mine prête à jouer — La Bruyère (1645-1696)
Jouer se dit des couleurs qui ont différentes nuances.
Cet oiseau [le mainate] n'est guère plus gros qu'un merle ordinaire, son plumage est noir partout, mais d'un noir plus lustré sur la partie supérieure du corps, sur la gorge, les ailes, la queue, et dont les reflets jouent entre le vert et le violet — Buffon (1707-1788)
V. a. Exécuter les différentes combinaisons d'un jeu, d'une partie, d'un coup. Jouer tous les jeux. Jouer une partie de piquet. Jouer un coup habilement. À la paume, jouer une balle, pousser une balle. Aux échecs, jouer une pièce, la mettre à une autre case ; aux dames, jouer une dame, la pousser d'une case à une autre. Jouer une carte, jeter une carte. Jouer cœur, jouer carreau, etc. jouer une carte de ces couleurs. En ce sens, il s'emploie neutralement aussi. Jouer en carreau, en cœur, en pique. Au piquet, jouer bien les cartes, tirer tout le parti possible de ses cartes. Il écarte bien, mais il joue mal les cartes. Au jeu de trictrac. Jouer son coup, avancer deux dames du nombre des points donnés par chaque dé, ou une seule dame de la somme de ces points. Jouer le jeu, jouer suivant les règles du jeu. Vous ne jouez pas le jeu. Fig. Jouer bien son jeu, se comporter adroitement en quelque affaire, savoir bien dissimuler pour arriver à ses fins. Il a bien joué son jeu. Jouer un jeu, le savoir bien jouer, le jouer par préférence, être dans l'usage, dans l'habitude de le jouer.
Quel jeu jouez-vous ? est-ce le whist ? Ne faut-il ni prévoyance, ni finesse, ni habileté, pour jouer l'hombre ou les échecs ? — La Bruyère (1645-1696)
Hasarder au jeu. Il joua et perdit cent écus dans cette soirée. Familièrement. Il jouerait jusqu'à sa chemise, c'est un joueur effréné. Jouer gros jeu, voy. JEU. On dit dans le même sens : jouer grand jeu. Au jeu de la bouillotte, jouer le tapis, jouer la passe quand il ne reste plus de prises. Fig. Jouer sa vie, s'exposer témérairement.
Tel homme passe sa vie sans ennui, en jouant tous les jours peu de chose ; donnez lui tous les matins l'argent qu'il peut gagner chaque jour, à la charge qu'il ne joue point : vous le rendrez malheureux — Pascal (1623-1662)
Il me prit envie de la jouer [une jolie lanterne] pour vingt pistoles, si je trouve des femmes assez folles pour cela — Mme de Sévigné (1626-1696)
Jouer quelqu'un, jouer avec quelqu'un (uniquement en parlant des jeux de paume et de volant). Je l'ai joué du battoir. Il me gagne toujours, quoiqu'il me joue par-dessous la jambe, par-dessous jambe. Fig. et familièrement. Jouer quelqu'un par-dessous jambe, par-dessous la jambe, avoir facilement le dessus. Fig. Jouer quelqu'un, le tromper, l'abuser. Jouer les deux, tromper deux personnes ou deux partis qui ont des intérêts opposés, en faisant semblant de les servir l'un contre l'autre. Rendre vain, inutile, en parlant des choses.
Je les aurais joués tous deux par-dessous la jambe — Molière (1622-1673)
Il voit quand on le joue et quand on dissimule — Pierre Corneille (1606-1684)
Exécuter un air, un morceau de musique sur un instrument, avec des instruments. Jouer une ouverture à grand orchestre. Jouer une contredanse. Jouer un air sur le violon, sur le piano, etc. Absolument. Ce violoniste joue bien.
Avant que de chanter, il faut que je prélude un peu, et joue quelque pièce, afin de mieux prendre mon ton — Molière (1622-1673)
Représenter une pièce de théâtre. Jouer une tragédie, une comédie, un drame, un opéra. On a joué Andromaque de Racine. On jouera le Tartuffe de Molière. Fig. Absolument. Ce comédien joue fort bien. Fig. Jouer une pièce, un tour, un parti à quelqu'un, lui faire un tour ou malin ou méchant. En ce sens, on emploie aussi neutralement jouer. Jouer d'un tour à quelqu'un, lui en jouer d'une, lui en jouer d'une bonne, faire subir à quelqu'un quelque mécompte, quelque mortification. Fig. Jouer un vilain tour, avec un nom de chose pour sujet, être funeste. Cela pourrait vous jouer un vilain tour.
Vous jouez une pièce nouvelle aujourd'hui — Molière (1622-1673)
On a joué à Londres une traduction de Tancrède avec un très grand succès ; la pièce m'a paru fort bien écrite — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Wallon, jower ; bourg. jué ; provenç. jogar ; espagn. jugar ; ital. giuocare ; du lat. jocari, jouer. jocus, jeu.
Historique : XIe s. En Rencesvals [j'] irai mon cors [ma personne] juer As eschez juent pour els esbaneier [se divertir] XIIe s. N'i a paien qui en joue n'en rie [il n'y a pas payen qui s'en joue et en rie] XIIIe s. Qui aloient jouant sur l'erbe qui verdie Veïr me porrez chescun jor, Ensemble od mei rire et juer Amors n'a cure d'omme morne ; C'est maladie moult courtoise, L'en en rit, et jeue et envoise Ce doit moult Venus escuser, Quant voloit de franchise user, Et toutes dames qui se jeuent, Combien que mariage vuent [vouent, font vœu] Et il respondirent que il leur sembloit que nous n'avions talent d'es…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. intr.
Se recréer, se divertir à quelque amusement. Ces enfants jouent ensemble. Menez-les jouer. Ne sauriez-vous jouer sans vous fâcher? Ne jouez pas avec ce revolver, il est chargé.
SE JOUER s’emploie quelquefois dans le même sens. Des oiseaux qui se jouent dans le feuillage. Il se dit quelquefois, poétiquement, des Choses. Un ruisseau qui semble se jouer, qui se joue dans la prairie. Un rayon de soleil qui se joue dans les arbres.
Faire quelque chose en se jouant, Faire quelque chose en s’amusant, sans application et sans peine. Cette tâche aurait paru difficile à tout autre, il l’a faite en se jouant.
Fig., Jouer avec sa vie, avec sa santé, etc., N’user d’aucun ménagement pour conserver sa vie, sa santé, etc. On dit aussi quelquefois Jouer avec la vie, Ne point la regarder comme une chose sérieuse et agir en conséquence.
Ce cheval joue avec son mors, se dit d’un Cheval qui mâche son mors.
Jouer sur le mot, sur les mots, Faire des allusions, des équivoques sur les mots. Il aime à jouer sur le mot. Ne jouons pas sur les mots et parlons sérieusement.
JOUER signifie quelquefois Exploiter une situation, un sentiment, une idée pour en tirer parti. Jouer d’une blessure, d’une infirmité, d’un mal. Jouer de l’idée de patrie.
Fig. et fam., Se jouer à quelqu’un, L’attaquer inconsidérément. Ne vous jouez pas à lui, il n’entend pas raillerie. On dit aussi Ne vous jouez pas à cela, ne vous y jouez pas, Ne soyez pas assez fou, assez téméraire pour faire cela, vous vous en repentiriez.
JOUER signifie aussi Se divertir, s’occuper à un jeu quelconque. Jouer aux échecs, au trictrac, aux boules, aux cartes, aux dés. Jouer aux barres, au tennis. Jouer avec quelqu’un. Jouer contre quelqu’un. Jouer deux contre deux. Tirer au sort à qui jouera le premier. Absolument, Il ne sait pas jouer.
Il se dit quelquefois absolument en parlant de l’Habitude de jouer à des jeux de commerce ou de hasard, et se prend ordinairement dans un sens défavorable. C’est un homme qui joue. Il commence à se ranger, il ne joue plus. Rien ne peut l’empêcher de jouer. C’est une maison où l’on joue.
Dans ce sens, il s’emploie souvent, par extension, pour désigner la Spéculation. Jouer à la Bourse. Jouer à la hausse, à la baisse. Jouer sur la Rente. Jouer sur les cafés, sur les grains. Jouer aux courses.
Fam. et en plaisantant, Ne jouer que pour l’honneur, ou, transitivement, Ne jouer que l’honneur, Jouer sans intéresser le jeu.
Fig. et fam., Jouer au plus sûr, Choisir de deux expédients celui où il y a le moins de risque, dont les inconvénients paraissent moins grands et le succès plus certain. Jouer à coup sûr, être certain du succès des moyens qu’on emploie dans une affaire.
Fig. et fam., Jouer au fin, au plus fin, Employer l’adresse, la finesse pour venir à bout de ses desseins.
Fig. et fam., Jouer de bonheur, Réussir dans une affaire où l’on avait à craindre d’échouer. On dit surtout, dans le sens contraire, Jouer de malheur.
Fig. et fam., Jouer à quitte ou double, ou Jouer quitte ou double, Risquer, hasarder tout, pour se tirer d’une mauvaise affaire.
Fig. et fam., Jouer à qui perd gagne, se dit Lorsqu’un désavantage apparent procure un avantage réel.
JOUER s’emploie aussi, à certains jeux de Cartes, avec le nom de la couleur dans laquelle on joue. Jouer en carreau, en coeur, en trèfle, etc. On dit aujourd’hui plus fréquemment et transitivement (Voir plus loin) : Jouer carreau, jouer coeur.
JOUER signifie encore Se servir de l’instrument qui est nécessaire pour jouer à tel ou tel jeu. Jouer avec une bonne raquette.
Jouer du couteau, du revolver, S’attaquer au couteau, au revolver. Ce sont des vauriens qui, pour la moindre querelle, jouent du couteau.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (51)
- jouerions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʒuʁjɔ̃/
- jouerais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /ʒuʁɛ/
- joueriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʒuʁje/
- jouerais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /ʒuʁɛ/
- joueraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /ʒuʁɛ/
- jouerait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /ʒuʁɛ/
- jouons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʒuɔ̃/
- jouez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʒue/
- joue — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /ʒu/
- jouerons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʒuʁɔ̃/
- jouerai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /ʒuʁe/
- jouerez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /ʒuʁe/
- joueras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /ʒuʁa/
- joueront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /ʒuʁɔ̃/
- jouera — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /ʒuʁa/
- jouions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʒujɔ̃/
- jouais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /ʒuɛ/
- jouiez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /ʒuje/
- jouais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /ʒuɛ/
- jouaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /ʒuɛ/
- jouait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /ʒuɛ/
- jouâmes — indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʒuamə/
- jouai — indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier — /ʒue/
- jouâtes — indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel — /ʒuatə/
- jouas — indicatif passé 2ᵉ pers. singulier — /ʒua/
- jouèrent — indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel — /ʒuɛʁə/
- joua — indicatif passé 3ᵉ pers. singulier — /ʒua/
- jouons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʒuɔ̃/
- joue — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /ʒu/
- jouez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʒue/
- joues — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /ʒu/
- jouent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /ʒu/
- joue — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /ʒu/
- jouer — infinitif — /ʒue/
- jouées — participe passé pluriel féminin — /ʒue/
- joués — participe passé pluriel masculin — /ʒue/
- jouée — participe passé singulier féminin — /ʒue/
- joué — participe passé singulier masculin — /ʒue/
- jouant — participe présent — /ʒuɑ̃/
- jouassions — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʒuasjɔ̃/
- jouasse — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /ʒuasə/
- jouassiez — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /ʒuasje/
- jouasses — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /ʒuasə/
- jouassent — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /ʒuasə/
- jouât — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /ʒua/
- jouions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʒujɔ̃/
- joue — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /ʒu/
- jouiez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʒuje/
- joues — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /ʒu/
- jouent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel — /ʒu/
- joue — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /ʒu/
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