jongleur

jongleur

nom, masculin, /ʒɔ̃ɡlœʁ/

Voir aussi : forme féminine jongleuse

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Ménestrel qui chantait et souvent composait des poëmes, des chansons, des fabliaux ; il allait les chanter dans les cours, dans les tournois, dans les châteaux, dans les villes ; en ce sens il n'est usité que dans l'histoire du moyen âge.

    Les jongleurs, qu'on nomma aussi ménestrels ou ménestriers, étaient rassemblés dans le même quartier et donnèrent leur nom à l'église de St-Julien, dont Jacques Grure et Hugues-le-Lorrain, tous deux jongleurs ou ménestriers, furent les fondateurs en 1331 — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

  2. Par une extension péjorative, joueur de tours de passe-passe, bateleur qui joue avec des boules, avec des cercles qu'il lance en l'air. En Amérique, on donne le nom de jongleurs aux devins des sauvages, qui font surtout profession de guérir les maladies et de prédire.

    Chactas apprit à René que le principal jongleur était un prêtre avide — Chateaubriand (1768-1848)

  3. Fig. Celui qui cherche à en imposer par de fausses apparences. Les jongleurs politiques. Il a aussi un féminin dans le sens figuré. C'est une jongleuse.

Étymologie : Ital. gioccolatore ; du lat. joculatorem, celui qui joue. Dans le vieux français, juglere est le nominatif, de joculátor ; jugleor est le régime, de joculatórem. Le français avait aussi jugler (Cel jor orent jugler auques de lor talent ; Guiteclin les paia d'or fin et de besans, Saxons, v), et le provençal, juglar ; jugler et juglar viennent du latin jocularis.

Historique : XIIe s. [Que] Jà nus [nul] vilains jugleres de ceste [chançon] ne se vant, Car il n'en sauroit dire ne les vers ne le chant XIIIe s. Là veïssiez fleuteors, Menesterez et jougleors XIVe s. L'en dit d'aucun que il est malvez medecin ou malvez jugleur, et toutevoies l'en ne dit pas que il soit malves simplement S'il advenoit qu'aucun appelast un autre jongleur, ou bourdeur, ou ribault.... XVIe s. Tous jongleurs, basteleurs et joueurs de cordes et tous autres jeux diffamez, Gr. coust. de France

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Il se disait autrefois d’une Espèce de ménestrel qui allait, chantant des poèmes ou récitant des contes, dans les cours des princes et dans les maisons des grands seigneurs. Il signifie maintenant Celui qui jongle.

  2. Il se dit, figurément et familièrement, de Tout homme qui cherche à en imposer par de fausses apparences.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • jongleurs — pluriel — /ʒɔ̃ɡlœʁ/
  • jongleur — singulier — /ʒɔ̃ɡlœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée jongleur#35589.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.