joie

joie

nom, féminin, /ʒwa/

Définitions

  1. Sentiment de bonheur intense et vif.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Émotion vive et agréable qui se manifeste par des signes extérieurs de contentement, comme le rire ou l'enthousiasme.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (12 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Plaisir de l'âme. Que le ciel vous tienne en joie, ancien souhait de politesse. On a dit de même : Que la joie soit avec vous. Cris de joie, cris que l'on pousse dans un transport de joie. Avoir la joie d'une chose, en jouir. Être à la joie de son cœur, être dans la joie de son cœur, être transporté de joie. Faire la joie, être la joie de quelqu'un, être pour lui un grand sujet de joie, faire son bonheur. Se donner au cœur joie, ou à cœur joie de quelque chose, en jouir pleinement, abondamment, s'en rassasier. On dit dans le même sens : s'en donner à cœur joie. Feu de joie, voy. FEU, n° 10. Fig.

    Ceux dont il a gagné la croyance et l'appui Prendront-ils même joie à n'obéir qu'à lui ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    À ces mots le corbeau ne se sent pas de joie — La Fontaine (1621-1695)

  2. Au plur. Plaisirs, jouissances. Les joies du paradis. Les quinze Joies du mariage, titre d'un ouvrage satirique du XVe siècle, où sont dénombrés les inconvénients du mariage.

    Nos jours, filés de toutes soies, Ont des ennuis comme des joies — Malherbe (1555-1628)

    C'est vous qui faites ici toutes mes joies — Voiture (1597-1648)

  3. Gaieté, humeur gaie. La joie bruyante des convives. Vive la joie ! cri de gens qui s'amusent et qui veulent continuer à s'amuser. Aimer la joie, aimer les plaisirs. Une fille de joie, une prostituée.

    À Piéton, près de ce corps redoutable que trois puissances réunies avaient assemblé, c'était dans nos troupes de continuels divertissements ; toute l'armée était en joie, et jamais elle ne sentit qu'elle fût plus faible que celle des ennemis — Bossuet (1627-1704)

    Aux accès insolents d'une bouffonne joie La sagesse, l'esprit, l'honneur furent en proie — Boileau (1636-1711)

  4. Terme d'alchimie. Joie des philosophes, la pierre arrivée au blanc parfait.

Étymologie : Provenç. gaug, gauch, guaug, gaut, s. m., et joi, s. m., et joia, s. f. ; cat. gotg, s. m. ; anc. espagn. gaudio ; espagn. mod. gozo et aussi joya ; ital. gaudio et gioia ; du latin gaudium. Les formes féminines viennent du pluriel gaudia, selon l'usage de l'ancienne langue qui des pluriels neutres latins a tiré des noms féminins, comme merveille, Bible, etc.

Historique : XIe s. Il l'abat mort, paien en ont grant joie XIIe s. Il n'i fit joie ne cheveluz ne chauz [chauve] À joie [ils] s'en departent vers France cele part XIIIe s. Et sa mere en commence de la joie à pleurer Ris et soulas et joie m'ont bien clamée quitte Mais Diex qui est donnerres de joie souveraine Si n'avoit el [Largesse] joie de rien Cum quant el pooit dire, tien Et quant j'oi une piesce [quelque temps] demouré à loinville, et je oy fetes mes besoignes, je me muz vers le roy, leque ! je trouvai à Soissons, et me fist si grant joie, que touz ceulz qui là estoient s'en merveillerent XVe s. Mon s…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Mouvement agréable que fait éprouver la possession d’un bien réel ou imaginaire. Joie profonde, excessive, immodérée. Fausse joie. Joie publique. Mouvement de joie. Transport de joie. Cris de joie. Larmes de joie. être ravi, transporté de joie, ivre de joie. Donner causer de la joie à quelqu’un, le combler de joie. Tressaillir de joie. Pleurer de joie. Nager dans la joie. Il ne se sent pas de joie. La joie paraissait sur son visage. Dans la joie où elle était de le revoir, qu’elle avait à le revoir. J’ai eu la joie de les voir unis. J’en ai eu bien de la joie. Je prends part à votre joie. Je vous servirai avec joie. Cette nouvelle remplit la ville de joie.

  2. Il se dit aussi quelquefois, au pluriel, pour Plaisirs, jouissances. Les joies d’une mère. Vivre dans les joies du monde. Les joies du paradis.

  3. Une fille de joie. Voyez

  4. FILLE.

  5. Feu de joie. Voyez

  6. FEU.

  7. Fam., Que le ciel vous tienne en joie, Ancien souhait de politesse.

  8. Fam., être dans la joie de son coeur, être transporté de joie.

  9. Faire la joie, être la joie de quelqu’un, être pour lui un grand sujet de joie, faire son bonheur. Ce jeune homme est la joie de ses parents. Ce fils fait la joie de sa mère.

  10. S’en donner à coeur joie. Voyez

  11. COEUR.

  12. JOIE se prend aussi pour Gaieté, humeur gaie. Cet homme est toujours en joie. Son air inspire la joie. La joie bruyante des convives.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • joies — pluriel — /ʒwa/
  • joie — singulier — /ʒwa/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée joie#35549.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.