jeunesse
nom, féminin, /ʒønɛsə/
Définitions
Période de la vie entre l'enfance et l'âge adulte.
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Fig. État, fraîcheur propre à ce qui est jeune ou récent.
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Collectivement, les jeunes gens d'une époque, d'un lieu.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873)
s. f.
Temps de la vie entre l'enfance et l'âge adulte. La première jeunesse, les premières années de la jeunesse. État d'une personne jeune. Familièrement. De jeunesse, c'est-à-dire dès la jeunesse. Il est accoutumé à cela de jeunesse. Avoir un air de jeunesse, paraître encore jeune, quoique l'on soit déjà d'un certain âge. Fig. Jeunesse, air de jeunesse. Fig.
En jeunesse j'aimai, ta mère fit de même — Mathurin Régnier (1573-1613)
Les critiques du temps m'appellent débauché, Que je suis jour et nuit aux plaisirs attaché, Que j'y perds mon esprit, mon âme et ma jeunesse — Mathurin Régnier (1573-1613)
Seconde jeunesse, néologisme ; on désigne ainsi aujourd'hui l'âge mûr et même très mûr, chez les personnes qui ont conservé les goûts et les passions de la jeunesse, et surtout les habitudes de galanterie et d'intrigues amoureuses. Fig. 3° Jeunesse se dit des qualités intellectuelles qui se conservent même dans un âge avancé. La jeunesse d'esprit. Fig.
Par malheur les conquêtes coûtent cher ; j'y ai laissé une partie de ma fortune ; mais il m'en reste encore, ainsi que quelques moyens de séduction, de la philosophie, une seconde jeunesse et de l'expérience — SCRIBE et DUVEYRIER
Une vigueur spirituelle qui se renouvelle de jour en jour.... c'est cette jeunesse intérieure qui soutenait ses membres lassés, dans sa vieillesse décrépite, et lui a fait continuer sa pénitence jusqu'à la fin de la vie — Bossuet (1627-1704)
La jeunesse du monde, les temps voisins de l'origine des choses.
Il se peut que le meilleur temps pour la poésie ait été celui d'ignorance, et que la jeunesse du genre humain soit passée pour toujours ; cependant on croit voir dans les écrits des Allemands une jeunesse nouvelle, celle qui naît du noble choix qu'on peut faire après avoir tout connu — Mme de Staël (1766-1817)
Collectivement, ceux qui sont dans l'âge de la jeunesse. Les jeunes gens, à l'exclusion des jeunes filles. La jeunesse de la ville s'exerçait aux armes.
On voit par ta rigueur [de toi, la Mort] tant de blondes jeunesses, Tant de riches grandeurs, tant d'heureuses vieillesses, En fuyant le trépas au trépas arriver — Malherbe (1555-1628)
Il [le vieillard] parle de son temps, difficile et sévère ; Censurant la jeunesse, use des droits de père ; Il corrige, il reprend.... — Mathurin Régnier (1573-1613)
Par extension. La jeunesse et l'enfance prises ensemble. Enseigner la jeunesse. Élever la jeunesse.
Vous m'avez de César confié la jeunesse — Jean Racine (1639-1699)
Une personne jeune, et surtout une jeune fille. C'est une jolie jeunesse. Cette jeunesse-là fait la coquette.
Je suis tout réjoui de voir cette jeunesse — Jean Racine (1639-1699)
Mme Dupré n'aime pas que des jeunesses comme nous sortent souvent — Mme de Genlis (1746-1830)
Jeunesse, se dit des animaux. Cet animal est très folâtre dans sa jeunesse. Il se dit aussi des arbres. Les arbres fruitiers dans leur jeunesse. Il se dit enfin de certaines boissons, le vin, l'eau-de-vie, etc. L'excès de jeunesse dans les eaux-de-vie est nuisible.
Si on les élève de jeunesse, elles s'apprivoisent très bien — Buffon (1707-1788)
Acte de jeune homme, imprudence, légèreté.
Que c'étaient [les croisades] des jeunesses de vos princes et des chaleurs de foie de leurs conseillers — Guez de Balzac (1597-1654)
Mais qui est-ce qui n'a ses taches et qui n'a eu ses jeunesses ? — Guez de Balzac (1597-1654)
Étymologie : Jeune, et la finale substantive esse. comme sagesse, de sage, etc.
Historique : XIIIe s. Et fu baus [bailli] pour la jouneche de lui, tant come il vesqui XIVe s. Donques ne a il pas petite difference de soy accoustumer en jonesce et au commencement à faire en une maniere, ou en une autre XVe s. Frere Ancel commança à blasmer son neveu d'aucunes jeunesses qu'il disoit qu'il avoit faites Et pour ce, seigneurs, les assis entre mes douze niepces, pour ce que je me pensay que jeunesse avecques vielesse se tapist et faint que ce ne soit elle pas ; et, quant elle est à son pareil, adonc elle monstre quelle elle est XVIe s. Ainsi comme Antonius prenoit ses esbats en telles folies…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Partie de la vie de l’homme qui est entre l’enfance et l’âge viril; ou état d’une personne jeune. Durant la jeunesse. La jeunesse passe bien vite. Dans sa première jeunesse. Dès sa plus tendre jeunesse. Dans sa verte jeunesse. La vigueur, l’ardeur de la jeunesse. L’éclat, la fraîcheur de la jeunesse. Les plaisirs de la jeunesse. Une jeunesse vigoureuse. Les fautes, les erreurs, les égarements de la jeunesse. Il eut une jeunesse étourdie, une jeunesse folle. Il a passé sa jeunesse à voyager. Il a bien employé sa jeunesse. Il a perdu sa jeunesse.
Prov. et fig., Il faut que jeunesse se passe, On doit avoir de l’indulgence pour les fautes que la vivacité et l’inexpérience de la jeunesse font commettre.
Avoir un air de jeunesse, Paraître encore jeune, quoique l’on soit déjà d’un certain âge.
JEUNESSE se dit aussi des Facultés intellectuelles, des sentiments qui se conservent jeunes même dans un âge avancé. Il gardait une jeunesse d’esprit, une jeunesse d’imagination rare chez un vieillard. On remarquait chez lui une étonnante jeunesse de coeur.
JEUNESSE signifie, collectivement, Ceux qui sont dans l’âge de la jeunesse, et même Ceux qui sont encore dans l’enfance. Enseigner la jeunesse. Corriger la jeunesse. élever la jeunesse. L’instruction de la jeunesse. Il ne faut pas tant donner de liberté à la jeunesse. Avoir de l’indulgence pour la jeunesse. Il faut pardonner bien des choses à la jeunesse.
Prov. et fig., Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, Si la jeunesse avait de l’expérience, et que la vieillesse eût de la force.
JEUNESSE signifie encore, collectivement, Ceux qui sont de l’âge de vingt ans à trente- cinq ou environ. Il y a avait à ce bal bien de la jeunesse.
Il s’entend quelquefois, dans ce dernier sens, du Sexe masculin seulement. Toute la jeunesse de la ville s’exerçait. On arma toute la jeunesse. La fleur de notre jeunesse a péri dans cette guerre.
Il se dit, quelquefois, populairement, d’une Personne jeune, et surtout d’une Jeune fille. C’est une jeunesse. Cette jeunesse-là fait la fière.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- jeunesses — pluriel — /ʒønɛsə/
- jeunesse — singulier — /ʒønɛsə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée jeunesse#35509.