jeun (à)
adverbe
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)
Littré (1873)
loc. adv.
Sans avoir rien mangé de la journée. Particulièrement, dans le langage de l'Église catholique. Être à jeun, n'avoir ni bu ni mangé depuis minuit.
Et la moindre disgrâce, Lorsque je suis à jeun, me saisit, me terrasse — Molière (1622-1673)
J'en appelle : Comment, dit Philippe, de votre roi ? et à qui ? à Philippe à jeun, répliqua-t-elle — Rollin (1661-1741)
Étymologie : Lat. jejunus, qui est à jeun (voy. JEÛNE). Dans l'ancienne langue, jeün est un adjectif.
Historique : XIIe s. Cil qui liet [joyeux] sont en ceste poureteit, sont jeun de la pasture de veriteit XIIIe s. Puis viendra Jehan Clopinel, Au cuer jolif, au cors isnel, Qui nestra sor Loire à Meün, Qui à saoul et à jeün Me servira toute sa vie XVe s. Encores estoyent-ils tous jeuns, et n'avoyent porté vin ne victuailles avecques eux Jeun estomac ne se doit point partir XVIe s. Dormir à jeun en haut soleil, comme font les chiens En plus grand dangier de mort est l'homme mordz [mordu] à jeun d'ung serpent jeun, que aprez avoir repeu, tant l'homme que le serpent
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
loc. adv.
Sans avoir rien mangé de la journée. Il est encore à jeun. Prendre un remède à jeun. Vous ne voudriez pas rester si longtemps à jeun.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée JEUN (À).