jeu

jeu

nom, masculin, /ʒø/

Définitions

  1. Activité libre pratiquée pour le plaisir et la détente, sans autre but que l'amusement.

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  2. Divertissement organisé par des règles, où les participants cherchent à gagner, parfois en misant de l'argent.

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  3. Ensemble des cartes, des pièces ou des accessoires nécessaires à un divertissement réglé.

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  4. Manière propre à un interprète d'exécuter un rôle, une musique ou une action sportive.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (29 sens) — Académie 1935 (70 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action de se livrer à un divertissement, à une récréation (ce qui est le sens propre du latin jocus, d'où vient jeu). Fig. C'est un rude jeu, c'est un jeu qui va à fâcher ou à blesser quelqu'un. Ce sont jeux de prince qui ne plaisent qu'à ceux qui les font, ou, absolument, ce sont jeux de prince, c'est-à-dire ce sont des jeux ou, en général, des actes qui causent peine et dommage à autrui. Fig. et familièrement. C'est un jeu à se rompre le cou, les jambes, etc. se dit d'une action qui expose à se tuer, à se rompre les jambes, etc. Fig. et familièrement. Le jeu lui plaît, se dit en parlant d'une personne qui veut recommencer à faire une chose qui lui plaît. En un sens opposé. Prendre quelque chose en jeu, le prendre en plaisanterie. Cela passe le jeu, cela est plus fort que le jeu ou que jeu, cela passe la raillerie, cela blesse ou offense. Ce n'est qu'un jeu, se dit d'une chose qu'on fait facilement. Se faire un jeu de quelque chose, y mettre son plaisir. Faire du jeu, amuser. En mauvaise part, se faire un jeu, s'amuser à, faire un jouet de. Terme de fauconnerie. Donner jeu aux autours, leur laisser plumer la proie. Terme de marine. Jeu parti, mot à mot jeu partagé, locution qui n'est plus usitée ; il consiste en ce que, lorsque des armateurs associés veulent dissoudre la société, ils devront faire entre eux une licitation en vertu de laquelle celui qui offrira de désintéresser le plus les autres gardera le navire.

    Ce qu'ils en font n'est que par jeu — Molière (1622-1673)

    Ce que je dis, ma fille, n'est point jeu — Molière (1622-1673)

  2. Action de se jouer. Jeu de la nature, action de la nature qui produit une chose bizarre, extraordinaire. La nature dans ses jeux est infiniment variée. La chose même produite par la nature qui semble se jouer. Cette coquille est un jeu de la nature. Terme de minéralogie. Jeux de Van Helmont, variété cloisonnée de marne. Un jeu du hasard, un effet du hasard. Jeu de la fortune, ce qui semble un pur caprice de la fortune. Fig. et poétiquement. Les jeux sanglants de Mars, la guerre, les combats.

    Il entretint les dieux, non point sur la fortune, Sur ses jeux, sur la pompe et la grandeur des rois — La Fontaine (1621-1695)

    Ce sont des jeux de la Providence qui nous fait connaître en toutes choses la fausseté de nos jugements — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Jeu de mots, nom générique de toutes les phrases où l'on abuse de la ressemblance du son des mots. Un jeu de mot plaisant, heureux, sans sel.

    Insipides plaisants, bouffons infortunés, D'un jeu de mots grossier partisans surannés — Boileau (1636-1711)

    Les jeux de mots, la pire espèce du faux bel esprit — Voltaire (1694-1778)

  4. S. m. plur. Les Jeux, nom, en poésie, de certaines divinités allégoriques qui sont censées présider à la gaieté, à la joie (on met un J majuscule.)

    Toute la bande des Amours Revient au colombier ; les Jeux, les Ris, la danse Ont aussi leur tour à la fin — La Fontaine (1621-1695)

    Le chagrin vient ensuite ; elle sent chaque jour Déloger quelques Ris, quelques Jeux, puis l'Amour — La Fontaine (1621-1695)

  5. Par substitution du sens de divertissement à celui d'un jeu spécial, c'est-à-dire substitution du sens de ludus à celui de jocus. Amusement soumis à des règles, où il s'agit de se divertir sans qu'il y ait aucun enjeu. Le jeu des barres. Le jeu de colin-maillard. N'être pas du jeu, ne pas faire partie de la société qui joue a tel ou tel jeu. Petits jeux, ou jeux de société, jeux où l'on propose des questions à résoudre et des pénitences à faire. Jeux innocents, jeux où il n'y a ni argent à exposer, ni danger moral d'aucune espèce. Jeu d'enfant, jeu qui amuse les enfants. Fig. Jeu d'enfant, chose très facile. Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant, c'est une affaire grave et sérieuse, c'est un engagement dont on ne peut se dédire. Jeux de main, jeux où l'on se donne de petits coups, sans dessein de se faire du mal. La main chaude est un jeu de main. Jeu de main, se dit aussi de l'action de lutter, de se porter des coups réciproques en plaisantant. Jeux de main, jeux de vilain, ou, au singulier, jeu de main, jeu de vilain, c'est-à-dire les jeux de main ne conviennent qu'à des gens mal élevés, et aussi ils finissent souvent par des querelles. Jeux d'esprit, certains petits jeux qui demandent quelque facilité, quelque agrément d'esprit. Fig. Jeux d'esprit, certaines productions d'esprit qui n'ont aucune solidité, comme les anagrammes, les énigmes, les bouts rimés, etc. Jeu d'esprit, se dit aussi d'un simple exercice de l'esprit, et, par suite, de conceptions, d'idées, d'hypothèses sans consistance. Terme d'ancienne poésie française. Jeu parti, pièce de poésie en dialogue par questions et par réponses, sur des sujets relatifs à l'amour et à la galanterie.

    Les jeux qui naissent de la force et de l'adresse, sont toujours les premiers connus d'un peuple naissant — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

    Non, c'est moi, cousin ; je ne suis pas du jeu ; mais il n'importe — Dancourt (1661-1725)

  6. Amusement soumis à des règles, et auquel on hasarde ordinairement de l'argent. Aimer le jeu. Perdre au jeu. Vivre du jeu. Ne jouez pas avec lui, il trompe au jeu. La perte, le gain du jeu. Ceux qui regardent ne doivent point parler sur le jeu. Fig. Jeux de hasard, comme le trente et quarante, le biribi, etc. jeux dans lesquels le hasard seul décide. Fig. Jeux de calcul et de combinaison, comme les dames, les échecs, jeux dans lesquels tout dépend de l'habileté du joueur. Jeux mêlés de combinaisons et de hasard, comme le trictrac, le piquet. Le jeu du commerce, espèce de jeu de cartes où le banquier vend des cartes. Jeux de commerce, jeux de cartes où il y a un banquier. Jeux d'adresse, le jeu de paume, le jeu de billard. Jeu de renvi, jeu où l'on met quelque chose par-dessus l'enjeu. Le brelan est un jeu de renvi. Le jeu lui en dit, le jeu ne lui en dit pas, c'est-à-dire il aime, il n'aime pas à jouer. Jouer le jeu de quelqu'un, jouer le jeu qu'il lui plaît ; et fig. s'associer à lui, entrer dans ses vues, dans ses intérêts. Jouer le jeu de quelqu'un, signifie aussi favoriser les intérêts de quelqu'un sans le vouloir. Tenir le jeu de quelqu'un, jouer pour quelqu'un. Mettre au jeu, donner, déposer son enjeu. On dit dans un sens analogue : coucher en jeu. Fig. Mettre au jeu, risquer des choses qui intéressent beaucoup. L'argent qui est sur le jeu, sur jeu, la somme des enjeux, ce que les joueurs ont mis au jeu. Il y avait cent francs sur le jeu, sur jeu. Fig. Tenir jeu, continuer à jouer avec une personne qui perd. Couper jeu, se retirer avec gain, et ne vouloir pas tenir jeu. Aux jeux de renvi, ouvrir le jeu, faire la première vade. Fermer le jeu, tenir la dernière vade, et ne point faire de renvi. À certains jeux de cartes, on entre au jeu quand, ayant fait une main, on est en état de jouer comme il plaît. Fig. Entrer en jeu, entrer dans une affaire, dans une discussion, avoir son tour, soit pour agir, soit pour parler, etc. Entrer en jeu, se dit aussi de choses dont on fait intervenir l'emploi, et rentrer en jeu se dit de choses dont on use de nouveau. D'entrée de jeu, dès le commencement du jeu. Il se mit à jouer, et d'entrée en jeu il perdit dix napoléons. Fig. D'entrée de jeu, tout d'abord, pour commencer. Se piquer au jeu, s'opiniâtrer à jouer malgré la perte. Fig. Se piquer, être piqué au jeu, prétendre venir à bout de quelque chose, malgré les obstacles. Jouer bon jeu, bon argent, jouer avec l'intention de payer sur-le-champ. Fig. et familièrement. Bon jeu, bon argent, c'est-à-dire tout de bon, sérieusement. De franc jeu, voy. FRANC 3. Fig. et par plaisanterie. À quel jeu l'a-t-on perdu ? c'est-à-dire pourquoi cet homme ne va-t-il plus dans une maison, dans une compagnie où il avait coutume d'aller. Fig. Mettre quelqu'un en jeu, le citer ou le mêler dans une affaire sans sa participation, à son insu. Parler de. Compromettre. Faire intervenir. Citer ou faire intervenir, pour blâmer. Mettre en jeu, se dit aussi de choses qu'on fait agir, qu'on emploie. Petit jeu ou bas jeu, se dit au trictrac quand les dés amènent beset, deux et as, trois et deux, etc. Jeu simple, s'emploie au jeu de l'ambigu, en parlant d'une position dans laquelle on n'a plus qu'une seule chance pour gagner, comme le point ou la prime, ou la séquence. Jeu double, se dit par opposition à jeu simple.

    L'autre, pour se purger de sa magnificence, Dit qu'elle gagne au jeu l'argent qu'elle dépense ; Et le mari benêt, sans songer à quel jeu, Sur les gains qu'elle fait rend des grâces à Dieu — Molière (1622-1673)

    Si Dangeau est de ce jeu, il gagnera toutes les poules, c'est un aigle — Mme de Sévigné (1626-1696)

  7. Académie des jeux, ou jeux publics, lieux où l'on donne à jouer toutes sortes de jeux. Maison de jeu, maison publique, avouée ou clandestine, essentiellement montée pour donner à jouer les jeux de hasard. Les banquiers d'une maison de jeu. La ferme des jeux, la ferme des maisons de jeu. Il y a grand jeu dans cette maison, il s'y rassemble beaucoup de joueurs. Tenir un jeu, donner à jouer chez soi ou en public. Les gens qui tiennent des jeux dans une foire.

    Mais ce grand jeu chez vous comment l'autoriser ? — Boileau (1636-1711)

    La dévote princesse de Carignan obtint de faire tenir un jeu dans son hôtel de Soissons ; aussitôt le duc de Tresmes reprit le sien, en gardant sa pension — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

  8. Le jeu, les règles d'après lesquelles il faut jouer, la manière dont il convient de jouer, ou dont une personne joue. Jouer le jeu. C'est le jeu de jeter vos cœurs. Fig. et familièrement. C'est son jeu, il fait précisément ce qu'il doit faire pour réussir. On dit de même : C'est un homme qui sait bien son jeu. Le droit du jeu, ce qu'il convient de faire en jouant.

    Ne parler point d'amour ! pour moi, je me défie Des fantasques raisons de la philosophie ; Ce n'est pas là mon jeu.... — Pierre Corneille (1606-1684)

    Vous me demandez si je deviens dévote ; ma bonne, hélas ! non, dont je suis très fâchée ; mais il me semble que je me détache un peu de ce qui s'appelle le monde.... mais ce que j'épargne sur le public, il me semble que je vous le redonne ; ainsi je n'avance guère dans ce pays de détachement, et vous savez que le droit du jeu serait de commencer par effacer un peu Sichée [sa fille, Mme de Grignan], vous savez la fable [Énéide, IV], — Mme de Sévigné (1626-1696)

  9. Assemblages des cartes qui, données à chacun des joueurs, leur servent à jouer le coup. Regarder son jeu. Avoir une carte de trop dans son jeu. Il lui est venu beau jeu. Je n'ai point de jeu, c'est-à-dire je n'ai pas des cartes favorables. Donner beau jeu, donner des cartes qui font un jeu favorable. Fig. Donner beau jeu, faire beau jeu à quelqu'un, lui présenter une occasion favorable de réussir en quelque chose. On dit dans un sens analogue : avoir beau jeu. Perdre à beau jeu, perdre quoiqu'on ait un beau jeu ; et fig. échouer dans une tentative dont le succès paraissait assuré. Fig. Voir beau jeu, être témoin de quelque événement considérable, de quelque esclandre, de quelque algarade. Fig. Faire voir beau jeu à quelqu'un, le maltraiter, lui nuire par vengeance, par un mouvement de colère ; ou l'emporter sur lui dans une discussion. Voir beau jeu, subir quelque atteinte, quelque punition. Voir beau jeu, en parlant de choses, être prises, pillées, mangées. Fig. Faire bonne mine à mauvais jeu, cacher le mécontentement qu'on éprouve, ou le mauvais état où l'on est. Bonne mine et mauvais jeu, se dit en parlant d'une personne qui, sous une apparence de joie, cache du chagrin ou du désappointement. Fig. Jouer à jeu sûr, être certain du succès des moyens qu'on emploie dans une affaire. Fig. Jouer bien son jeu, conduire adroitement, habilement une affaire. Jouer un nouveau jeu, recourir à de nouveaux artifices. Cacher son jeu, prendre soin que l'adversaire ne voie pas les cartes que l'on porte. Fig. Cacher, couvrir son jeu, dissimuler son habileté soit en feignant de ne pas savoir bien jouer, soit, plus généralement, en cachant les moyens que l'on emploie pour réussir à quelque chose. On dit dans le même sens : Le jeu de cet homme est fort caché, fort couvert. Fig. Le dessous du jeu, ce qu'on ne sait pas du jeu, ce qu'il y a de caché dans une affaire. Aux jeux de cartes, avoir le jeu serré, ne jouer qu'avec un bon jeu, et ne point se hasarder. Fig. Avoir le jeu serré, agir avec prudence, avec réserve, de manière à ne rien compromettre. Aux échecs, avoir le jeu serré, n'étendre pas assez son jeu. Au trictrac, le jeu de ce joueur est serré, est pressé, se dit quand, les cases les plus éloignées étant faites, il court risque, s'il amène des cinq ou des six, de ne pouvoir les jouer utilement. Aux dés, le jeu, les points qu'on amène. En général, le jeu, la situation dans laquelle on se trouve par rapport à son adversaire, à quelque jeu que ce soit.

    Parbleu, tu jugeras toi-même si j'ai tort, Et si c'est sans raison que ce coup me transporte ; Car voici nos deux jeux, qu'exprès sur moi je porte — Molière (1622-1673)

    C'était un beau jeu pour ces discours à part si fréquents chez les anciens et chez les modernes de toutes les langues — Pierre Corneille (1606-1684)

  10. Ce qui sert à jouer à certains jeux. Un jeu d'échecs. Un jeu de dames. Jeu de cartes, le nombre de cartes que doit avoir un paquet de cartes. Jeu entier, ou jeu de reversi, ou jeu de whist, assemblage de 52 cartes, 13 de chaque couleur. Jeu de piquet, jeu de cartes qui ne contient point les deux, trois, quatre, cinq et six et n'a par conséquent que trente-deux cartes. Faux jeu, jeu de cartes où il y a des cartes de trop ou de moins.

  11. Par assimilation avec un jeu de cartes. Jeu de contre-marques, nom donné aux différentes contre-marques nécessaires pour le service d'une soirée de théâtre.

  12. Ce que l'on met au jeu. Jouer un jeu d'enfer. Il joue un jeu à se ruiner. Tirer le jeu, décider par le sort quel sera le montant de l'enjeu. Faire le jeu, déposer les enjeux. Le jeu est-il fait ? J'y vais du jeu, j'y suis du jeu, et, par abréviation, j'en suis, se dit aux jeux de renvi, pour avertir que l'on joue une somme pareille à celle qui est sur le jeu. Jouer beau jeu, jouer le jeu que les autres veulent. Jouer gros jeu, hasarder, au jeu, de fortes sommes. Fig. Jouer gros jeu, jouer un jeu à se perdre, s'engager dans une affaire où l'on court de grands risques de toute nature. Fig. Tirer son épingle du jeu, voy. ÉPINGLE.

    Une tenue d'états, ou les chambres assemblées pour une affaire très capitale, n'offrent point aux yeux rien de si grave et de si sérieux qu'une table de gens qui jouent un grand jeu — La Bruyère (1645-1696)

    Un jeu effroyable, continuel, sans retenue, sans bornes.... est-ce une chose qui soit permise, ou dont on ne puisse se passer ? — La Bruyère (1645-1696)

  13. Par extension. Jeu de bourse, nom générique de toute espèce d'agiotage sur les fonds publics et les autres valeurs cotées à la Bourse.

  14. Au jeu de paume, chacune des divisions de la partie. Une partie de quatre jeux, de six jeux. Jouer en six jeux. Gagner le premier jeu. Avoir trois jeux à deux, trois jeux à point, se dit quand l'un des joueurs a trois jeux, tandis que l'autre n'en a que deux, ou n'en a point. Ils sont à deux de jeu, ils ont chacun deux jeux. Fig. Deux hommes sont à deux de jeu, quand l'un a pris sa revanche de l'autre, quand ils n'ont point d'avantage l'un sur l'autre ; et aussi quand ils se sont rendu réciproquement de mauvais services, ou qu'ils ont été également maltraités dans une affaire. Terme du jeu de balle. Division de la partie qui consiste en quatre quinze. Avoir un jeu, avoir quinze ; avoir deux jeux, avoir trente ; avoir trois jeux, avoir quarante-cinq. Un jeu, un lieu où l'on joue à certains jeux. Un jeu de boule. Un jeu d'arquebuse. La partie de l'emplacement où l'on joue à la paume, qui s'étend depuis le dernier jalon jusqu'à la grille. Jeu de dedans, galerie qui règne sous presque toute la longueur du toit, du côté opposé à celui du service. Jeu de carre, jeu de paume, où il n'y a point de dedans, et où l'on a pratiqué un carré d'un pied et demi au bas du mur de largeur du fond du jeu. Nom donné à un pilier, à un autre arbre ou à toute autre marque de ce genre qui détermine l'espace dans lequel les chasses peuvent avoir lieu.

  15. S. m. pl. Chez les anciens, les jeux, nom générique des courses, des luttes, des combats de gladiateurs, etc. Chez les Grecs, les jeux olympiques, les jeux pythiques, les jeux néméens ; chez les Romains, les jeux séculaires, les jeux du cirque, etc. Des jeux en l'honneur de Jupiter, d'Hercule.

    Et je n'ai proposé les fêtes et les jeux que je fais célébrer ici, qu'afin d'y pouvoir attirer tout ce que la Grèce a d'illustre — Molière (1622-1673)

    Ils [les Juifs] célébrèrent des jeux comme les gentils — Bossuet (1627-1704)

  16. Chez les anciens ou chez les modernes, les jeux de prix, jeux ou exercices qui, exigeant certaines qualités corporelles, ont un prix pour récompense du vainqueur. La lutte, la course, le tir à l'arbalète ou au fusil, etc. sont des jeux de prix. Jeu des cannes, jeu emprunté par les Espagnols aux Maures et qui est une sorte de tournois où l'on se lance des cannes que l'on pare avec des boucliers.

  17. Jeux Floraux, voy. FLORAL. Jeu sous l'ormel, nom donné dans le XIVe siècle à des sociétés littéraires analogues aux puys (voy. ce mot).

  18. Poétiquement. Les jeux de la scène, les représentations théâtrales. Les jeux de Thalie, la comédie. Les jeux de Melpomène, la tragédie. Les jeux de Terpsichore, la danse.

    Je quitte Melpomène et les jeux du théâtre, Ces combats, ces lauriers, dont je fus idolâtre ; De ces triomphes vains mon cœur n'est plus touché — Voltaire (1694-1778)

  19. Jeu, le maniement des hautes armes (sens qui vieillit). Le jeu de la hallebarde, de la pique, de l'espadon.

  20. La façon de faire des armes. Un jeu habile. Jeu dur, action d'un tireur qui emploie la force et ne répond aux coups que par des mouvements imprévus. Jeu de la pointe de l'épée, action de l'élever au-dessus de celle de l'ennemi. Jeu simple, celui qui se fait avec vitesse sur une ligne. Jeu composé, jeu qui comprend toutes les inventions possibles pour tromper l'adversaire. Savoir le jeu de quelqu'un, connaître les coups dont il se sert le plus habituellement ; et fig. connaître sa manière d'agir.

    J'ai la botte trompeuse, et le jeu très brouillé — Regnard (1655-1709)

Étymologie : Provenç. joc, juec, juoc ; catal. jog ; espag. juego ; portug. jogo ; ital. giuoco, du latin jocus. De même que jam est pour diam, Joris pour Diovis, jocus est pour diocus ; sanscr. div, jouer.

Historique : XIe s. Greignor [plus grand] fais [il] porte par giu quant il s'enveise [s'amuse] XIIe s. Lors [ils] sauront come Charles nous a le geu parti Niés Vivien [mon neveu Vivien], ce n'est pas jeus petis, Que tant i a Sarrazins et Persis, Contre un des noz [nôtres] en ont soixante et diz Je si souvent me tourmente Que je n'ai ne jeu ne ris XIIIe s. Cest gieu parti en envoions Au comte d'Anjou.... Et de juger droit le prions Mais si me puist aidier sains Pox [Paul], Li jeus s'en va en autre guise ; Venus en estes à joïse [jugement] ; Vous le comparrez [payerez] hui mout chier Qui du songe la fin orra…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Divertissement, récréation, tout ce qui se fait par esprit de gaieté et par pur amusement. Les jeux de l’enfance. Leurs jeux sont quelquefois troublés par des rixes. Jeu sans malice. Jeux de société. Jouer à de petits jeux, à des jeux innocents. Le jeu des barres. Le jeu de colin-maillard. On ne veut pas lui faire de mal, ce n’est qu’un jeu.

  2. Jeux d’esprit, Certains petits jeux qui demandent quelque facilité, quelque agrément d’esprit. Il désigne aussi, figurément, Certaines productions de l’esprit qui n’ont aucune solidité, comme les anagrammes, les énigmes, les bouts-rimés, etc. Il se dit encore d’un Simple exercice d’esprit, d’une suite d’idées hasardées ou de raisonnements qui ne sont fondés sur rien de sérieux. Cette dispute n’est qu’un jeu d’esprit.

  3. Jeux de main, Jeux où l’on se frappe légèrement les uns les autres. La main chaude est un jeu de main. On appelle aussi Jeux de main l’Action de lutter, de se porter des coups réciproques en plaisantant. Les jeux de main finissent souvent par des querelles.

  4. Prov., Jeux de main, jeux de vilain, ou, au singulier, Jeu de main, jeu de vilain, Les jeux de main ne conviennent qu’à des gens mal élevés et finissent ordinairement mal. On disait aussi Ce sont jeux de prince qui ne plaisent qu’à ceux qui les font.

  5. Fig. et fam., Le jeu lui plaît, se dit en parlant d’un Personne qui veut recommencer à faire une chose qui lui plaît.

  6. Fig. et fam., Ce n’est pas un jeu d’enfant, ce n’est pas jeu d’enfant, se dit d’une Affaire grave et sérieuse ou d’un engagement dont on ne peut se dédire.

  7. Prendre quelque chose en jeu, Le prendre en plaisanterie.

  8. Cela passe le jeu, Cela passe la raillerie.

  9. Fam., Ce n’est qu’un jeu, se dit d’une Chose qu’on fait facilement. Les plus grandes fatigues, les plus grandes difficultés ne sont qu’un jeu pour lui.

  10. Se faire un jeu de quelque chose, Y mettre son plaisir. Il se fait un jeu de mes tourments. Il se faisait un jeu de l’affliger. Il signifie aussi Se jouer de quelque chose, en disposer arbitrairement, selon son caprice. Le vainqueur se fit un jeu des lois et des coutumes des vaincus.

  11. Jeu de mots se dit d’une Certaine allusion fondée sur la ressemblance des mots. Ce jeu de mots est assez plaisant.

  12. Fig., Jeu de la nature se dit de l’Action de la nature qui produit une chose bizarre, extraordinaire; ou de la Chose même qui est ainsi produite. La nature, dans ses jeux, est infiniment variée. Cette coquille est un jeu de la nature.

  13. Fig., C’est un jeu du hasard, se dit de Ce qui n’est qu’un effet du hasard.

  14. Fig., Le jeu, les jeux de la fortune, Les vicissitudes de la fortune.

  15. JEUX, au pluriel, se dit quelquefois, en poésie, de Certaines divinités allégoriques qui sont censées présider à la gaieté, à la joie. Les Jeux, les Ris et les Grâces. Les Jeux et les Plaisirs. Les Jeux et les Amours. Etc.

  16. JEU se prend particulièrement pour un Exercice de récréation qui a de certaines règles. Jeu de paume, Jeu de billard, etc. Il s’emploie aussi dans les cas où l’on hasarde de l’argent dans l’espoir de gagner la partie. Il y a des jeux de hasard, comme le nain jaune, le trente et quarante; le poker; des jeux de calcul ou de combinaison, comme les dames, les échecs, les dominos; des jeux mêlés de combinaisons et de hasard, comme le tric-trac, le piquet, le whist, le bridge, la manille; des jeux de renvi comme le brelan, le poker. Les règles du jeu La passion du jeu. être adonné au jeu. être heureux, malheureux au jeu. Le jeu l’a ruiné. Se mettre au jeu. Tromper au jeu. C’est de l’argent du jeu. La perte, le gain du jeu. Le hasard du jeu.

  17. Par extension, Jeu de bourse, se dit de Toute espèce d’agiotage sur les fonds publics.

  18. Académies de jeux, Lieux où l’on donne à jouer à toutes sortes de jeux. Maison de jeu, établissement public où l’on joue de l’argent. Les banquiers d’une maison de jeu.

  19. Il y a grand jeu dans cette maison, Il s’y rassemble beaucoup de joueurs.

  20. Tenir un jeu, Donner à jouer chez soi ou en public. On tient un jeu dans cette maison.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • jeux — pluriel — /ʒø/
  • jeu — singulier — /ʒø/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée jeu#35503.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.