jeton
nom, masculin, /ʒətɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Pièce de métal, d'ivoire, etc. plate et ordinairement ronde, dont on se servait autrefois pour calculer des sommes.
Les jetons se réduisent à une échelle dont les puissances successives, au lieu de se placer de droite à gauche, comme dans l'arithmétique ordinaire, se mettent du bas en haut, chacune dans une ligne, ou il faut autant de jetons qu'il y a d'unités dans les coefficients — Buffon (1707-1788)
Mais n'oubliez jamais, si j'obtiens votre grâce, Qu'eussions-nous l'un et l'autre encor plus de pouvoir, Nous sommes des jetons que le roi fait valoir — Boursault (1638-1701)
Pièce de métal ou d'ivoire dont on se sert pour marquer et compter au jeu. Être faux comme un jeton, avoir un caractère faux, locution prise de ce que les jetons ne sont pas en un métal précieux, et de ce qu'ils le simulent plus ou moins.
Mille louis sont répandus sur le tapis, il n'y a pas d'autres jetons — Mme de Sévigné (1626-1696)
Jeton de présence, jeton de métal que l'on donne, dans certaines sociétés ou compagnies, à chacun des membres qui sont présents à une séance, à une assemblée. Par extension, jeton de présence, honoraire payé pour chaque séance. Jeton de cinq francs, de trois francs. Les membres des académies touchent des jetons de présence. Dans les compagnies qui ne se soutiennent qu'à l'aide de cotisations, jeton de présence, simple compte du nombre des séances auxquelles un membre a assisté, d'après lequel la cotisation annuelle se trouve diminuée.
Quand pour trente deniers Judas vendit son maître, Il fit un crime horrible et que nous détestons ; Aujourd'hui la Fontaine est un semblable traître, Qui vend son bon ami pour gagner trois jetons — Furetière (1619-1688)
Terme rural. Essaim d'abeilles qui quitte la ruche.
Terme de fondeur. Petit instrument pour vérifier si les caractères d'imprimerie sont bien de niveau les uns avec les autres.
Étymologie : Dérivé de jet, qui a eu le sens de jeton.
Historique : XIVe s. Gectons de la chambre des comptes de Monseigneur le duc d'Orleans Certaine quantité de morceaux de cuivre à forme de gettons non signés XVe s. Est droit que je die des beaulx gectons [rejetons] et vers, des fueilles fresches et belles XVIe s. Chacune d'elles [abeilles] desire estre près le roy, et, s'il est las, le portent ; et, en quelque part qu'il s'arreste, tout le jetton [essaim] s'arrestera et se campera Ayans droict ainsi que les mareschaux de France, d'une bourse de cent jettons d'argent Nous jugeons de luy [un homme qui croît en crédit], non selon sa valeur, mais à la mode des…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Pièce de métal, d’ivoire, etc., plate et ordinairement ronde, dont on se servait autrefois pour calculer des sommes, et dont on se sert encore pour marquer et payer au jeu. Jetons de cuivre. Jetons d’argent. Jetons d’or. Jetons d’ivoire. Compter avec des jetons. Marquer avec des jetons.
Jeton de présence, Jeton de métal que l’on donne, dans certaines sociétés ou compagnies, à chacun des membres qui sont présents à une séance, à une assemblée. Par extension, il désigne la Somme que représente ce jeton.
Fig., être faux comme un jeton, Avoir un caractère faux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- jetons — pluriel — /ʒətɔ̃/
- jeton — singulier — /ʒətɔ̃/
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