ironie
nom, féminin, /iʁɔni/ ou /iʁoni/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Proprement, ignorance simulée, afin de faire ressortir l'ignorance réelle de celui contre qui on discute ; de là l'ironie socratique, méthode de discussion qu'employait Socrate pour confondre les sophistes.
Par extension, raillerie particulière par laquelle on dit le contraire de ce que l'on veut faire entendre. Ce compliment n'est qu'une ironie. Par extension, retour sur soi-même par lequel, semblant se moquer du malheur, on en exprime plus fortement l'impression. Fig. L'ironie du sort, événement malheureux qui semble être une moquerie du destin.
Dans les premières paroles que Dieu a dites à l'homme depuis sa chute, on trouve un discours de moquerie et une ironie piquante, selon les Pères — Pascal (1623-1662)
Voilà l'homme qui est devenu comme l'un de nous, ce qui est une ironie sanglante et sensible dont Dieu le piquait vivement, selon saint Chrysostome et les interprètes — Pascal (1623-1662)
Étymologie : Provenç. espagn. ironia ; du lat. ironia, qui vient du grec εἰρωνεία, ironie.
Historique : XIVe s. Yronie est quant l'en dit une chose par quoy l'en veult donner à entendre le contrairo
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Figure de rhétorique par laquelle on dit le contraire de ce qu’on veut faire entendre. Ce compliment n’est qu’une ironie. L’ironie abonde dans les Lettres provinciales, dans les Lettres persanes. Il a une grande facilité à manier l’ironie.
Par extension, IRONIE signifie plus ordinairement Moquerie sarcastique dans le ton ou dans l’attitude. Il l’intimidait par son ironie continuelle. Il y avait de l’ironie dans sa façon de le regarder. Il dit cela par ironie. Ironie fine. Ironie amère, cruelle. Il mit dans ses paroles une nuance d’ironie.
Ironie socratique, se dit des Interrogations par lesquelles Socrate, discutant avec les sophistes, les amenait peu à peu à se contredire.
Fig., Ironie du sort, Accident qui arrive à quelqu’un si fort à contretemps qu’il paraît une moquerie du sort; ou encore, Contraste étrange que présentent deux faits historiques rapprochés par quelque côté. C’est comme par une ironie du sort que le dernier empereur d’Occident s’appela Romulus Auguste.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- ironies — pluriel — /iʁɔni/ ou /iʁoni/
- ironie — singulier — /iʁɔni/ ou /iʁoni/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ironie#34966.