invincible
adjectif, /ɛ̃vɛ̃siblə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
Qu'on ne saurait vaincre. Par extension. L'invincible armada, ou, substantivement, l'invincible, la flotte que Philippe II arma en 1588 contre l'Angleterre et qui fut détruite. Substantivement. Qui ne cède pas à l'amour.
Ton bras est invaincu, mais non pas invincible — Pierre Corneille (1606-1684)
Dans la mauvaise fortune, elle s'est montrée toujours invincible — Bossuet (1627-1704)
Fig. Qui résiste victorieusement, qui ne se laisse pas surmonter.
Mais qui peut t'assurer qu'invincible aux plaisirs, Elle conservera sa première innocence ? — Boileau (1636-1711)
Bajazet, à vos soins tôt ou tard plus sensible, Madame, à tant d'attraits n'était pas invincible — Jean Racine (1639-1699)
Dont on ne peut triompher, en parlant des choses. Obstacle invincible. Argument invincible, raison invincible, raisonnement invincible, argument, raison, raisonnement auquel il n'y a point de bonne réplique. On dit dans un sens analogue : difficulté invincible.
Qui pourra mieux que moi vous montrer la douleur Que lui donne du roi l'invincible malheur ? — Pierre Corneille (1606-1684)
On a bien prévu que, la licence n'ayant plus de frein, les sectes se multiplieraient jusqu'à l'infini ; que l'opiniâtreté serait invincible..... — Bossuet (1627-1704)
Qui est plus fort que la volonté. Ignorance invincible, l'ignorance des choses dont il est impossible qu'une personne ait eu connaissance.
J'eus pour vous de tout temps une haine invincible — Thomas Corneille (1625-1709)
Ah ! si d'un autre amour le penchant invincible Dès lors à mes bontés vous rendait insensible — Jean Racine (1639-1699)
Étymologie : Lat. invincibilis, de in.... 1, et vincere, vaincre.
Historique : XIVe s. Ignorance d'aucunes circonstances que l'en ne peut pas bonnement savoir excusé et est appellée ignorance invincible XVIe s. On voyoit les autres incontinent recreuz et rompuz du travail, ou bien amolliz et enervez de delices, et luy au contraire invincible de l'un et de l'autre Il desfit Hannibal, qui jusques là avoit esté invincible Ainsi mourut cette roine [Catherine de Médicis], n'aiant de femme que le sexe, l'ame entiere aux choses viriles, l'esprit puissant aux grandes affaires, le cœur invincible aux adversitez Ô grand amour, de puissance invincible, Cruel et doux, gracieux et te…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qu’on ne peut vaincre. Une armée invincible. Par extension, Un courage invincible.
Argument invincible, raison invincible, raisonnement invincible, Argument, raison, raisonnement auquel il n’y a point de bonne réplique.
Ignorance invincible, Ignorance de ceux qui, en raison de leur éducation, ou de leurs préjugés invétérés, ne peuvent vaincre les obstacles qui s’opposent à leur adhésion aux vérités dogmatiques.
Il signifie figurément Qui est insurmontable, qui est irrésistible, plus fort que la volonté. Obstacle invincible. Peur invincible. Dégoût invincible. Il a sur moi un ascendant, un attrait invincible.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- invincibles — pluriel — /ɛ̃vɛ̃siblə/
- invincible — singulier — /ɛ̃vɛ̃siblə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée invincible#34835.