insolent
adjectif, /ɛ̃sɔlɑ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui perd le respect, en parlant des personnes. Insolent de. Insolent de ses succès.
Tout homme insolent est en abomination au Seigneur — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Voilà les petites peccadilles dont il [un mari] l'accuse [sa femme] ; elle entre en fureur de son côté, elle oublie toute pudeur, elle veut se séparer pour jamais d'un si insolent calomniateur — Mme de Sévigné (1626-1696)
Qui a le caractère de l'insolence, en parlant des choses.
Ses discours insolents m'ont mis l'esprit en feu, Et je veux prendre l'air pour me rasseoir un peu — Molière (1622-1673)
Elle partit des ports d'Angleterre à la vue des vaisseaux des rebelles, qui la poursuivaient de si près qu'elle entendait presque leurs cris et leurs menaces insolentes — Bossuet (1627-1704)
Particulièrement. Qui offense la modestie, la pudeur. Il est insolent, fort insolent avec les femmes.
Sextus a été le plus insolent de tous les hommes [dit Lucrèce racontant son malheur] — Mlle SCUDÉRY
Qui est d'un orgueil outrageux. Il se dit, dans le même sens, en parlant des choses.
Oui, mais il n'était plus en sortant ce Didyme Dont l'orgueil insolent demandait sa victime — Pierre Corneille (1606-1684)
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille — LA FONT
Fig. et familièrement. Extraordinaire, inouï, immérité. Bonheur insolent. Fortune insolente.
S. m. et f. Personne insolente. Familièrement. Celui qui offense la modestie, la pudeur.
C'en est assez, Félix, reprenez ce courroux, Et sur cet insolent vengez vos dieux et vous — Pierre Corneille (1606-1684)
L'insolente n'a pu dissimuler sa joie — Rotrou (1609-1650)
Étymologie : Lat. insolentem, de in.... et solens, habituel (voy. SOULOIR), mot à mot : inaccoutumé ; de là on passe au sens de immodéré, excessif, puis à celui d'un insolent ; toutes ces acceptions sont dans le latin.
Historique : XVIe s. Nouveauté insolente
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui perd le respect à force d’effronterie ou de hardiesse excessive. Un homme insolent, extrêmement insolent. Insolent au dernier point. Cette femme est bien insolente. Il est si insolent qu’il se fait haïr partout. Si vous étiez assez insolent pour oser... Il est insolent en paroles. Substantivement, C’est un insolent. C’est une insolente. Par extension, Parole insolente. Discours insolent. Demande insolente. Des regards insolents. Une attitude insolente. Un geste insolent.
Il se dit quelquefois de Celui qui offense la modestie, la pudeur, qui manque aux égards, aux convenances. Il est insolent, fort insolent avec les femmes.
Il signifie aussi Qui en use avec orgueil, avec dureté. Il ne faut pas être insolent dans la victoire, dans la bonne fortune. La prospérité l’a rendu insolent. Les gens insolents se font détester. Par extension, Les airs insolents, le ton insolent d’un parvenu. Cet ordre insolent les irrita.
Il signifiait autrefois Insolite. On dit encore Bonheur insolent, Fortune insolente, Chance insolente, en parlant d’un Bonheur, d’une fortune, d’une chance extraordinaire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- insolentes — pluriel féminin — /ɛ̃sɔlɑ̃tə/
- insolents — pluriel masculin — /ɛ̃sɔlɑ̃/
- insolente — singulier féminin — /ɛ̃sɔlɑ̃tə/
- insolent — singulier masculin — /ɛ̃sɔlɑ̃/
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