insensé
adjectif · /ɛ̃sɑ̃se/
Usage : fréquent (12 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui est complètement contraire à la raison, déraisonnable.
C'est un projet insensé qui ne pourra jamais aboutir.
Synonymes : absurde, déraisonnable.
« Le commandeur : Insensé ! - Saint-Albin : Je sais ; c'est ainsi qu'on appelle ceux qui préfèrent à tout une femme jeune, vertueuse et belle »Diderot (1713-1784)
« Se régler par l'autorité et par l'exemple du commun des hommes, c'est le partage des insensés »Fénelon (1651-1715)
Familier. Qui est si surprenant ou excessif qu'il en devient difficile à croire, souvent par exagération (familier). Exemple : une dépense insensée.
Ils ont dépensé une somme insensée pour cette fête.
Synonyme : démesuré.
« Ah ! fallait-il en croire une amante insensée ? »Jean Racine (1639-1699)
« Je me plains seulement d'une aideur insensée »Pierre Corneille (1606-1684)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (4)
- insensées : pluriel féminin · /ɛ̃sɑ̃se/
- insensés : pluriel masculin · /ɛ̃sɑ̃se/
- insensée : singulier féminin · /ɛ̃sɑ̃se/
- insensé : singulier masculin · /ɛ̃sɑ̃se/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
adj.
Qui n'est pas sensé, qui a perdu le sens.
La femme belle et insensée est comme un anneau d'or au museau d'une truieLemaistre de Sacy (1613-1684)
Encore que la vanité tâche, en quelque sorte, d'en couvrir la honte [de la mort] par les honneurs de la sépulture, il se voit peu d'hommes assez insensés pour se consoler de leur mort par l'espérance d'un superbe tombeauBossuet (1627-1704)
Qui n'est pas conforme au bon sens, en parlant des choses.
Je me plains seulement d'une aideur insenséePierre Corneille (1606-1684)
Je ne me flatte point d'une gloire insenséeJean Racine (1639-1699)
S. m. et f. Celui, celle qui a perdu le sens. Dans son désespoir, elle s'agitait comme une insensée.
Je me joins avec vous contre cet insenséPierre Corneille (1606-1684)
Se régler par l'autorité et par l'exemple du commun des hommes, c'est le partage des insensésFénelon (1651-1715)
Étymologie : Lat. insensatus, de in.... 1, et sensatus, sensé. Au XVIe siècle, insenser était un verbe qui avait insensé pour participe.
Historique : XVIe s. Ce puissant Dieu qui blesse les pensées, D'un traict felon, les auroit insensées
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
adj.
Dont les actions ou les discours ne sont pas conformes à la raison, au bon sens. Il faut être insensé pour parler ainsi, pour se conduire ainsi. Substantivement, Courir comme un insensé. Parler comme un insensé. C’est une insensée. Par extension, Discours insensé. Action, entreprise, conduite insensée. Passion insensée. Propos insensé.
Il se dit quelquefois, par exagération et familièrement, de Ce qui est excessif, de ce qui dépasse presque la croyance. Tout ce qui lui est arrivé est vraiment insensé. Il travaille d’une manière insensée.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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