inquiétude
nom, féminin, /ɛ̃kjetydə/ ou /ɛ̃kjɛtydə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Manque de repos, agitation. L'inquiétude de ce malade a été très grande toute la nuit. Au plur. Inquiétudes, douleurs vagues, surtout aux jambes, qui donnent de l'agitation, de l'impatience.
L'un [le chat] doux, benin et gracieux, Et l'autre [le coq] turbulent et plein d'inquiétude — La Fontaine (1621-1695)
Madame de Chaulnes, après avoir embrassé la belle comtesse, lui mande qu'elle a des inquiétudes aux jambes, tout comme elle — Mme de Sévigné (1626-1696)
Agitation d'esprit, impatience causée par quelque passion.
Ils [les hommes sous nos anciens rois] vivaient la plupart contents de ce qu'ils avaient reçu de la fortune, ou de ce qu'ils avaient acquis par leur travail ; comme ils possédaient leur propre bien sans inquiétude, ils regardaient celui des autres sans envie — Fléchier (1632-1710)
Mais Évrard, en passant coudoyé par Boirude, Ne sait point contenir son aigre inquiétude — Boileau (1636-1711)
Inconstance d'humeur qui fait qu'on ne demeure pas content de ce qu'on est ou de ce qu'on a. L'inquiétude naturelle à l'homme.
Le secrétaire d'État.... agité de ces je ne sais quelles inquiétudes dont les hommes ne savent pas se rendre raison à eux-mêmes, se résolut tout à coup à quitter cette grande charge — Bossuet (1627-1704)
Toute mon âme en est agitée [de l'ignorance et du dérèglement], et tombe dans un autre malheur, qui est une inquiétude et une inconstance éternelle — Bossuet (1627-1704)
Agitation pénible et douloureuse que cause une crainte quelconque.
Allez, indigne objet de mon inquiétude — Rotrou (1609-1650)
Il est inutile de s'inquiéter de cet état, puisque l'on n'y remédie pas par l'inquiétude ; mais il n'est pas inutile de le craindre — Pierre Nicole (1625-1695)
Étymologie : Provenç. inquietut ; espagn. inquietud ; ital. inquietudine ; du lat. inquietudinem, de inquietus, inquiet.
Historique : XVIe s. Une inquietude du corps et de l'esprit qui empesche de dormir
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
état de celui qui est inquiet, qui n’a pas le repos moral. Vive inquiétude. Continuelle inquiétude. Inquiétude mortelle. Cela lui cause, lui donne de graves inquiétudes. D’où viennent ces inquiétudes? Avoir des inquiétudes sur sa santé. Ce jeune homme donne de l’inquiétude à sa famille. Il est sans inquiétude de l’avenir, sur l’avenir. Soyez sans inquiétude. Cela me jette, me met dans l’inquiétude. être dans l’inquiétude. Je l’ai tiré d’inquiétude.
Il signifie quelquefois Inconstance d’humeur, amour du changement qui fait que l’on est toujours mécontent de l’état où l’on se trouve. L’inquiétude naturelle à l’homme.
Il signifiait autrefois Manque de tranquillité, de repos physique. On dit encore Ce malade a passé la nuit dans une grande inquiétude, dans de grandes inquiétudes.
Il désigne quelquefois, en termes de Médecine, un état de trouble, soit sentimental, soit intellectuel, fréquent dans la pathologie des obsédés.
Au pluriel, Avoir des inquiétudes dans les jambes, éprouver de l’agitation, de l’impatience dans les jambes.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- inquiétudes — pluriel — /ɛ̃kjetydə/ ou /ɛ̃kjɛtydə/
- inquiétude — singulier — /ɛ̃kjetydə/ ou /ɛ̃kjɛtydə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée inquiétude#34142.