ingénieur

ingénieur

nom, féminin, /ɛ̃ʒenjœʁ/ ou /ɛ̃ʒɛnjœʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Celui qui invente, qui trace et qui conduit des travaux et des ouvrages, pour attaquer, défendre ou fortifier des places. Ingénieur militaire.

    Le maréchal de Vauban, né en 1633, le plus grand ingénieur qui ait jamais été, a fait fortifier, selon sa nouvelle manière, trois cents places anciennes, et en a bâti trente-trois — Voltaire (1694-1778)

    Enfin il [Pierre le Grand] a eu jusqu'à une école d'ingénieurs dans un pays où personne ne savait [avant lui] les éléments de géométrie — Voltaire (1694-1778)

  2. Celui qui conduit des ouvrages ou travaux publics, tels que la construction et l'entretien des routes et des ponts, l'exploitation des mines, etc. Ingénieur des ponts et chaussées. Ingénieur des mines. Ingénieur de la marine ou ingénieur maritime. Ingénieurs des chemins de fer. Ingénieur civil, nom donné aux ingénieurs qui ne sortent pas de l'école polytechnique, ou qui travaillent pour l'industrie privée.

  3. Ingénieur-constructeur de la marine, ingénieur qui s'applique à l'art des constructions navales.

    Les constructeurs des vaisseaux de Sa Majesté seront appelés à l'avenir ingénieurs-constructeurs de la marine,

    M. de Chazelles y fit les fonctions d'ingénieur, fort différentes de celles de professeur d'hydrographie — Fontenelle (1657-1757)

  4. Ingénieur-géographe, celui qui dresse des cartes de géographie. Ingénieur hydrographe, voy. HYDROGRAPHE.

  5. Ingénieur pour les instruments de mathématique, celui qui fait des instruments de mathématique.

  6. Ingénieur opticien, celui qui fait des instruments d'optique.

Étymologie : Provenç. enginhaire, enginhador ; du bas-lat. ingeniatorem, de ingeniari, s'ingénier (voy. ce mot). Enginhaire en provençal, engignere en français est le nominatif ; enginhador, engigneor est le régime. Ingénieur est une altération de la forme ancienne et correcte engigneur.

Historique : XIIe s. Il fait creuser souz terre à pic et à martel à ses angigneors, dont ot pris maint chastel XIIIe s. Li engignieres fut moult sage Le roy fist faire XVIII engins, dont Jocelin de Connaut estoit mestre engingneur XVe s. D'autre part il y avoit dedans Mortaigne un maistre engigneur qui avisa et considera l'engin de ceux de Valenciennes, et comment il grevoit leur forteresse Un maître engigneur d'appertise [un homme qui fait des tours de force] avoit attaché une corde, laquelle corde comprenoit moult loin et par dessus la maison XVIe s. Ce que nos plus subtils ingenieux d'aujourd'hui appell…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Celui qui conduit des ouvrages ou travaux publics, tels que la construction et l’entretien des routes, la construction des vaisseaux, l’exploitation des mines, etc. Ingénieur des ponts et chaussées. Ingénieur des mines. Ingénieur de la marine ou maritime. Ingénieur des constructions navales, des constructions civiles. Ingénieur en chef. Ingénieur des Arts et Manufactures, Celui qui a obtenu le diplôme de l’école Centrale des Arts et Manufactures de Paris.

  2. Ingénieur civil, Ingénieur qui n’appartient pas aux services publics.

  3. Ingénieur-géographe, Celui qui dresse des cartes de géographie.

  4. Par extension, il se dit de Tous ceux qui s’occupent, soit théoriquement, soit pratiquement, des applications de la physique, de la mécanique, de la chimie, de l’électricité. Ingénieur constructeur. Ingénieur agronome. Ingénieur électricien.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • ingénieurs — pluriel — /ɛ̃ʒenjœʁ/ ou /ɛ̃ʒɛnjœʁ/
  • ingénieur — singulier — /ɛ̃ʒenjœʁ/ ou /ɛ̃ʒɛnjœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ingénieur#33979.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.