infirmité

infirmité

nom, féminin, /ɛ̃fiʁmite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Défaut de force.

    La naissance a des marques indubitables de notre commune faiblesse ; nous commençons tous notre vie par les mêmes infirmités de l'enfance — Bossuet (1627-1704)

    Vous avez besoin d'un lit pour vous reposer dans votre accablement.... autre faiblesse déplorable ; vous faites de tous ces témoins et de tous ces monuments de votre faiblesse un spectacle à votre vanité, et il semble que vous vouliez triompher de l'infirmité qui vous environne de toutes parts — Bossuet (1627-1704)

  2. Particulièrement. Indisposition ou maladie habituelle. La surdité, la cécité sont des infirmités. Dans le langage médical, on nomme infirmité tout cas dans lequel un individu, avec ou sans désordre appréciable de la disposition matérielle du corps, ne possède pas telle ou telle fonction, ou la possède d'une manière imparfaite ou irrégulière, tout en jouissant d'ailleurs d'une bonne santé. La claudication, après la guérison de la luxation spontanée de la cuisse, est une infirmité.

    Une mort chrétienne, préparée par des infirmités sensibles et humiliantes — Fléchier (1632-1710)

    Malgré plusieurs soins différents et les infirmités même qui deviennent le plus grand de tous les soins, M. de Chazelles ne perdait point de vue ses galères égarées dans l'Océan — Fontenelle (1657-1757)

  3. Fig. Faiblesse morale, fragilité pour le bien. Il faut supporter les infirmités de son prochain.

    Ce serait imiter les premiers payens qui donnèrent à leurs dieux toutes les passions et toutes les infirmités des hommes — Guez de Balzac (1597-1654)

    Combien y en a-t-il dont elle soutient tous les jours la fragilité naturelle et l'infirmité contre les plus violentes tentations ! — Bourdaloue (1632-1704)

Étymologie : Provenç. efermetat, enfermetat, infermetat ; espagn. enfermedad ; ital. infermità ; du lat. infirmitatem, de infirmus, infirme.

Historique : XIe s. Mult li angreget [croît] la sue anfermetet ; Or set il bien quet il s'en deit aler XIIe s. Cil qui estoient engroté [malades] Et d'aucune enferté grevé, Des laveüres bains faisoient Il [les mauvais anges] par non sachance ou par enfermeteit ne pecharent mies XIIIe s. Plusors ensoines [excuses] sont par les quix [lesquelles] ou par aucun des quix on pot ensonier [excuser] le jor qu'on a par devant signeur, si comme enfermeté de cors Et pour ce meschief et pour l'enfermeté du pays, là où il ne pleut nulle foiz goute d'yaue, nous vint la maladie de l'ost XIVe s. Beau filz, il te convient a…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Affection congénitale ou accidentelle qui gêne ou empêche le fonctionnement de telle ou telle partie de l’organisme. La surdité, la claudication sont des infirmités. Par extension, Les infirmités de l’âge, de la vieillesse, Affaiblissement de l’organisme qu’amènent l’âge, la vieillesse.

  2. Il signifie aussi, d’une manière plus générale, tant au propre qu’au figuré, Imperfection naturelle, défaut de force, faiblesse, fragilité pour le bien, défaut, imperfection. L’infirmité humaine. C’est une infirmité d’esprit que de ne pas vouloir reconnaître le mérite.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • infirmités — pluriel — /ɛ̃fiʁmite/
  • infirmité — singulier — /ɛ̃fiʁmite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée infirmité#33872.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.