infidélité
nom, féminin, /ɛ̃fidelite/ ou /ɛ̃fidɛlite/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Manque de fidélité. L'infidélité d'un ami, d'un dépositaire. Fig.
Ils violent des droits que tu n'a pas gardés ; Leur trahison est juste, et le ciel l'autorise ; Quitte ta dignité comme tu l'as acquise ; Rends un sang infidèle à l'infidélité [c'est-à-dire à ceux qui te trahissent], Et souffre des ingrats après l'avoir été — Pierre Corneille (1606-1684)
Son trouble avouait-il son infidélité ? — Jean Racine (1639-1699)
Manque d'exactitude, de vérité, en parlant des personnes. L'infidélité d'un historien, d'un traducteur, d'un copiste. Même sens, en parlant des choses. L'infidélité d'un récit, d'un compte rendu. L'infidélité d'un miroir, se dit d'un miroir qui représente mal les objets. L'infidélité de la mémoire, défaut de mémoire.
Acte d'infidélité. Acte par lequel on manque à la foi dans le mariage ou dans l'amour. Acte par lequel une personne en qui on a confiance, manque à cette confiance par soustraction de deniers, abus de dépôts, etc.
Les gens de bien même tombent dans des infidélités inévitables — Fléchier (1632-1710)
Les infidélités que vous [veuve] avez faites à sa mémoire [d'un époux] — Massillon (1663-1742)
Il se dit aussi de simples inexactitudes. Il y a de grandes infidélités dans cette traduction.
Inexactitude dans l'accomplissement d'un service public.
Dans la pensée que ce n'est pas votre faute [si je n'ai pas reçu de lettres de vous], je ne fais simplement que me plaindre de l'infidélité de nos courriers — Mme de Sévigné (1626-1696)
État de ceux qui ne sont pas dans la vraie religion. Terme de théologie. Infidélité positive, celle qui est volontaire. Infidélité négative, celle qui est involontaire ou sans connaissance de cause.
Vous voulez vous guérir de l'infidélité, et vous en demandez les remèdes ? apprenez-les de ceux qui ont été liés comme vous — Pascal (1623-1662)
Tous les passages où l'on a vu que le gouvernement des empires, même idolâtres et où règne l'infidélité, était saint, inviolable, ordonné de Dieu et obligatoire en conscience — Bossuet (1627-1704)
Étymologie : Provenç. infidelitat ; espagn. infidelidad ; ital. infidelità ; du lat. infidelitatem, de infidelis, infidèle.
Historique : XIIe s. Par lur granz infidelitez E par lur granz iniquitez Si furent il del tout afliz [affligés, renversés]
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Manque de fidélité. L’infidélité d’une femme, d’un mari. L’infidélité d’un ami. L’infidélité d’un dépositaire. L’infidélité d’un domestique, d’un employé.
Il se dit également des Actes d’infidélité. Il a fait une infidélité, bien des infidélités à sa femme. Ce domestique a commis une infidélité, des infidélités. Une grande infidélité.
L’infidélité de la mémoire, Le défaut de mémoire. Il ne faut en accuser que l’infidélité de sa mémoire.
Il signifie aussi Manque d’exactitude, de vérité, et se dit des Personnes et des choses. L’infidélité d’un historien, d’un traducteur, d’un copiste. On dit de même L’infidélité d’un récit, d’un rapport, d’une citation. Il y a de grandes infidélités dans cette traduction.
Il signifie spécialement l’état de ceux qui ne sont pas dans la vraie religion. être obstiné dans son infidélité. Il était chrétien et tomba dans l’infidélité.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- infidélités — pluriel — /ɛ̃fidelite/ ou /ɛ̃fidɛlite/
- infidélité — singulier — /ɛ̃fidelite/ ou /ɛ̃fidɛlite/
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