inférieur
adjectif, /ɛ̃feʁjœʁ/ ou /ɛ̃fɛʁjœʁ/
Voir aussi : variante inf.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui est au-dessous, en bas. La région inférieure de l'air. La partie inférieure du corps, d'un édifice, d'un tableau. Partie inférieure de la main, nom que les chiromanciens donnent au poignet.
Elles versent leurs eaux superflues dans les vallées inférieures — Buffon (1707-1788)
Terme de géographie. Il se dit de la partie d'un pays qui est la plus éloignée de la source des fleuves ou la plus voisine de la mer. Germanie inférieure, par opposition à Germanie supérieure. Département de la Seine-Inférieure, de la Loire-Inférieure (on met un trait d'union et une capitale à inférieure), départements de la France où se trouve l'embouchure de la Seine, de la Loire. On dit quelquefois par ellipse : la Seine-Inférieure, etc. Préfet de la Loire-Inférieure.
Terme d'astronomie. Planètes inférieures, celles qui, comparées à la terre, sont plus voisines du soleil. Mercure et Vénus sont les deux planètes inférieures.
Qui est au-dessous d'un autre, qui vaut moins que lui. Inférieur en science. En ce sens il se prend quelquefois substantivement. Être inférieur à une place, à une fonction, n'avoir pas toutes les qualités requises pour la remplir. Inférieur se dit aussi des choses qui valent moins que d'autres. Ces marchandises sont d'une qualité inférieure. Pour le coloris, ce tableau est inférieur à tel autre. Dans le langage populaire. Cela m'est inférieur, je ne m'en soucie pas, je n'y fais nulle attention.
Il [Alexandre] dut ici se reconnaître inférieur à un homme [Diogène] à qui il ne pouvait rien donner, ni rien ôter — Rollin (1661-1741)
Ce n'est point pour n'avoir pas fait usage du ministère des dieux, mais pour avoir ignoré l'art de bien conduire les affaires des hommes, que Lucain est si inférieur à Virgile — Voltaire (1694-1778)
Dans le langage philosophique, la partie inférieure, ceux des penchants, des instincts qui se rapportent spécialement aux besoins du corps. Terme de philosophie. Concept inférieur, se dit, dans le kantisme, d'un concept qui est subordonné à un autre.
C'est un mouvement de la partie inférieure — Bossuet (1627-1704)
Les classes inférieures de la société, celles des paysans et des ouvriers. En un sens analogue, les régions inférieures d'un pays, les classes qui viennent après le prince, la cour, les grands.
Comme le vice est contagieux, il se répand de là [de la cour] dans les régions inférieures du royaume — Fléchier (1632-1710)
Tribunal inférieur, celui dont il y a appel. On dit dans le même sens : juges inférieurs.
Dans un collége ou lycée, classes inférieures, celles par où commence le cours des études, où l'on enseigne les éléments du latin, etc. On dit plus souvent : basses classes.
Terme de zoologie. Animaux inférieurs, ceux qui occupent le bas de l'échelle zoologique, et dont l'organisation est la moins compliquée, et les fonctions les moins étendues.
S. m. Celui qui est au-dessous d'un autre en rang, en dignité, et ordinairement avec subordination et dépendance.
Nous voyons mourir tous les jours nos inférieurs, nos égaux, nos maîtres — Fléchier (1632-1710)
Du même fond d'orgueil dont on s'élève fièrement au-dessus de ses inférieurs, l'on rampe vilement devant ceux qui sont au-dessus de soi — La Bruyère (1645-1696)
Étymologie : Lat. inferiorem, comparatif de inferus (voy. INFÈRE).
Historique : XVe s. Ainsi que nous voyons ou [au] corps humain, que les bras qui sont ou milieu du corps deffendent le chief duquel ilz prennent influence et leur nourrissement, et aussi pareillement defendent les autres membres inferiores XVIe s. Comment est-ce donc que Pierre, qui est beaucoup plus inferieur....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui est placé au-dessous, en bas. La région inférieure de l’air. La partie inférieure du corps, d’un édifice, d’un tableau, etc. Les membres inférieurs. La mâchoire inférieure.
En termes d’Astronomie, Planètes inférieures, Planètes qui, comparées à la terre, sont plus rapprochées du soleil. Mercure et Vénus sont deux planètes inférieures.
INFÉRIEUR se dit particulièrement, surtout en termes de Géographie ancienne, de la Partie d’un pays qui est la plus éloignée de la source d’un fleuve, ou la plus voisine de la mer; Département de la Seine-Inférieure, de la Loire-Inférieure, Départements de la France où se trouve l’embouchure de la Seine, de la Loire. On dit quelquefois, par ellipse, La Seine-Inférieure, la Loire-Inférieure.
Il signifie aussi figurément Qui est au-dessous d’une personne ou d’une chose en rang, en dignité, en mérite, en forces, en valeur. Inférieur en science. Inférieur en savoir. Les ennemis nous étaient inférieurs en nombre. Les classes inférieures de la société. Armée inférieure en artillerie. Ces marchandises sont d’une qualité fort inférieure. Pour le coloris, ce tableau est intérieur à tel autre. Son talent est inférieur au vôtre. OEuvre, production d’un ordre inférieur.
Il s’emploie aussi comme nom et alors il ne se dit proprement que de Celui qui est au- dessous d’un autre en rang, en dignité, et ordinairement avec subordination et dépendance. Les inférieurs doivent respect aux supérieurs. En bien user avec ses inférieurs. Ce terme ne s’emploie qu’en parlant à un inférieur.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- inférieures — pluriel féminin — /ɛ̃feʁjœʁə/ ou /ɛ̃fɛʁjœʁə/
- inférieurs — pluriel masculin — /ɛ̃feʁjœʁ/ ou /ɛ̃fɛʁjœʁ/
- inférieure — singulier féminin — /ɛ̃feʁjœʁə/ ou /ɛ̃fɛʁjœʁə/
- inférieur — singulier masculin — /ɛ̃feʁjœʁ/ ou /ɛ̃fɛʁjœʁ/
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