infâme
adjectif · /ɛ̃famə/
Usage : d'usage courant (7.81 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui inspire un dégoût moral extrême, méprisable, ignoble.
Il a commis un acte infâme en abandonnant son ami.
« Malgré la défection de tant de sujets, malgré l'infâme désertion de la milice »Bossuet (1627-1704)
« Il accorde sa confiance à deux jeunes infâmes d'une rare beauté, Othon et Sénécion, liés entre eux d'une amitié suspecte »Diderot (1713-1784)
Par exagération, extrêmement sale ou repoussant, en parlant d'un lieu ou d'un objet : un taudis infâme.
Nous avons dormi dans un hôtel infâme.
Synonyme : immonde.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- infâmes : pluriel · /ɛ̃famə/
- infâme : singulier · /ɛ̃famə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
adj.
Qui s'est diffamé dans l'opinion publique. Qui a mauvaise réputation, qui est célèbre en mauvaise part (sens latin, aujourd'hui inusité).
Mais qui peut vivre infâme est indigne du jourPierre Corneille (1606-1684)
Qui, tant que sa poursuite a cru m'avoir infâme, Ne m'a point souhaitée en qualité de femmeRotrou (1609-1650)
Qui est diffamé, flétri par les lois. Il y a des châtiments qui rendent infâme. Ceux qui sont réputés infâmes par la loi ne peuvent être admis en témoignage. Terme d'ancienne jurisprudence. Infâme de droit, celui qui avait subi, par jugement, une peine infâme. Infâme de fait, celui qui exerçait une profession réputée infâme, comme le bourreau, les tortionnaires, les comédiens. En parlant des choses qui entraînent la flétrissure légale.
Un acteur, une actrice, gens infâmes même selon les lois des hommesMassillon (1663-1742)
Esopus et Roscius [acteurs à Rome] n'étaient pas des sénateurs romains, il est vrai ; mais le flamen ne les déclarait point infâmes, et on ne se doutait pas que l'art de Térence fût un art semblable à celui de Locuste [célèbre empoisonneuse]Voltaire (1694-1778)
Il se dit des choses qui entraînent la flétrissure morale. Lieu infâme, lieu de prostitution.
L'abandonnerez-vous à l'infâme couteau Qui fait choir les méchants sous la main d'un bourreau ?Pierre Corneille (1606-1684)
N'attendez pas de moi d'infâmes repentirsPierre Corneille (1606-1684)
Il se dit quelquefois, par exagération, de ce qui est messéant, indigne. On l'applique aussi en ce sens aux personnes.
En effet tous ces soins sont des choses infâmes : Sommes-nous chez les Turcs pour renfermer les femmes ?Molière (1622-1673)
Avec un si bon dos, ma foi, monsieur Loyal, Quelques coups de bâton ne vous siéraient pas mal. - On pourrait bien punir ces paroles infâmes, Ma mie, et l'on décrète aussi contre les femmesMolière (1622-1673)
Sale, malpropre. On le logea dans un taudis infâme. Vous avez là un habit infâme.
S. m. et f. Celui, celle qui a fait des choses flétries par la loi ou par la morale. Les infâmes ne sont pas reçus en témoignage. Par exagération. Un infâme, une personne qui mérite les plus graves reproches.
Ne me parlez jamais en faveur d'un infâmePierre Corneille (1606-1684)
Épouse-la, parjure, et fais-en une infâmePierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Provenç. espagn. et ital. infame ; du lat. infamis, de in.... 1, et fama, réputation.
Historique : XIVe s. Il n'est cueur [cœur] qui peüst d'eus dire trop laidure ; Faus, traistres, desloyaux, sont infame et parjure, Complainte sur la bat. de Poitiers Vous avez menti faulsement, Ord, vilain paillart, Glasidas ; Infame, maleureusement Avant douze jours tu morras Et personnes de touz mestiers Sont tuit fraint par beauté de femme ; Et maint en ont esté infame, Mutilé, mors et affolez XVIe s. Un palefrenier aussi laid, ord et infame que le gentilhomme estoit beau, honneste et aimable
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
adj. des deux genres
Qui est noté, flétri par les lois, par l’opinion publique. Il y a des châtiments qui rendent infâmes. Ceux qui sont réputés infâmes par la loi ne peuvent être admis en témoignage. Une infâme prostituée. Substantivement, Il faut punir l’infâme.
Il signifie plus ordinairement Qui est indigne, honteux, avilissant. Action infâme. Une infâme trahison. Conduite infâme. Moeurs infâmes. Avarice infâme. Faire un trafic, un commerce infâme. Une infâme profession.
Il se dit, par exagération, de Tout ce qui est sale, malpropre. Un infâme taudis.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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