inertie

inertie

nom, féminin, /inɛʁsi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme scientifique. Etat de ce qui est inerte ; défaut d'aptitude à changer spontanément d'état. Terme de physique. Propriété qu'ont les corps de ne pouvoir modifier d'eux-mêmes l'état de mouvement ou de repos dans lequel ils sont. Force d'inertie dans les corps, résistance au mouvement qui ne vient que de leur masse et qui est proportionnelle, comme la pesanteur, à la quantité de matière qui leur est propre. Fig. Force d'inertie, résistance passive qui consiste principalement à ne pas obéir aux ordres qui prescrivent une action. Il rencontra dans la nation une force d'inertie qui arrêta toutes ses mesures.

    Tout corps, étant indifférent de lui-même au repos et au mouvement, et ayant cette inertie qui est un attribut de la matière, suit nécessairement la ligne dans laquelle il est mû — Voltaire (1694-1778)

    Cette tendance de la matière à persévérer dans son état de mouvement ou de repos est ce que l'on nomme inertie ; c'est la première loi du mouvement des corps — LA PLACE

  2. Terme de médecine. Inertie de la matrice, état de cet organe qui, après l'expulsion du fœtus, ne revient pas sur lui-même, et ne resserre ni ne rapproche ses parois.

  3. Manque d'activité intellectuelle ou morale.

    Si une grande application de l'esprit compense souvent le défaut de pénétration, c'est que l'application est une force qui se déploie sur les organes et en surmonte l'inertie — Charles Bonnet (1720-1793)

    Il retombe promptement dans son inertie naturelle — Mme de Genlis (1746-1830)

Étymologie : Lat. inertia, de iners, inerte.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. didactique — état de ce qui est inerte. Principe d’inertie.

  2. Spécialement, Force d’inertie, La propriété qu’ont les corps de rester dans leur état de repos ou de mouvement, jusqu’à ce qu’une cause étrangère les en tire. Il signifie, figurément, Résistance passive, qui consiste principalement à ne pas obéir, à ne pas exécuter ce qui est commandé. Il oppose à toutes les réclamations la force d’inertie. Il rencontra dans la nation une force d’inertie qui neutralisa toutes ses mesures.

  3. INERTIE se dit, figurément, du Manque absolu d’activité ou d’énergie. Rester dans une complète inertie. être plongé dans une profonde inertie. Tirez-le de cette inertie. Vivre dans un état d’indifférence et d’inertie. Tomber, languir dans l’inertie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • inerties — pluriel — /inɛʁsi/
  • inertie — singulier — /inɛʁsi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée inertie#33760.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.