indigne
adjectif · /ɛ̃diɲə/
Usage : d'usage courant (9.68 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui ne mérite pas ce qui lui est accordé ou attribué.
Il est indigne de la confiance que vous lui accordez.
« Joyeuse, né d'un sang chez les Français insigne, D'une faveur si haute était le moins indigne »Voltaire (1694-1778)
Qui suscite le mépris par sa bassesse morale.
C'est un père indigne qui a abandonné ses enfants.
Synonyme : méprisable.
« Arrêtons ici, chrétiens, et vous, Seigneur, imposez silence à cet indigne ministre [Bossuet lui-même] qui ne fait qu'affaiblir votre parole ; parlez dans le cœur, prédicateur invisible.... »Bossuet (1627-1704)
« Cette voie est basse, indigne et étrangère »Pascal (1623-1662)
Droit. En droit, déchu du droit d'hériter pour avoir gravement manqué envers le défunt.
Le fils indigne a été écarté de la succession.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- indignes : pluriel · /ɛ̃diɲə/
- indigne : singulier · /ɛ̃diɲə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 8 sens
adj.
Qui n'est pas digne de...., en parlant des personnes. Indigne de, suivi d'un nom de personne, signifie qu'on n'est pas digne d'appartenir à cette personne.
On mande des merveilles d'Allemagne ... ces Allemands se laissent noyer par un petit ruisseau.... on croit que M. de Luxembourg les battra.... ce n'est pas notre faute s'ils se rendent indignes d'être nos ennemisMme de Sévigné (1626-1696)
Indigne de vous plaire et de vous approcherJean Racine (1639-1699)
À quoi on ne peut accorder de...., en parlant des choses. Une faute indigne de pardon.
Terme de jurisprudence. Qui est déchu d'une succession pour avoir manqué à quelque devoir essentiel envers le défunt, de son vivant ou après sa mort. Déclaré indigne de succéder. Substantivement. Les enfants de l'indigne.
Qui n'est pas séant, convenable, en parlant des choses.
Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elleBossuet (1627-1704)
Comme un voleur, direz-vous ; indigne comparaison ! n'importe, qu'elle soit indigne de lui [Jésus-Christ], pourvu qu'elle nous sauveBossuet (1627-1704)
Absolument. Qui n'est pas digne, c'est-à-dire qui mérite mépris ou haine, en parlant des personnes. Il se dit des choses dans le même sens. Communion indigne, communion qui n'est pas faite avec les dispositions requises.
Qui ! la peur a glacé mes indignes soldats !Jean Racine (1639-1699)
Quoi ! le ciel a permis Que ce vertueux père eût cet indigne filsVoltaire (1694-1778)
Indigne est quelquefois une épithète que l'on se donne par humilité. Signé : Un tel, prêtre indigne. J'osai, moi indigne, retoucher son ouvrage.
Arrêtons ici, chrétiens, et vous, Seigneur, imposez silence à cet indigne ministre [Bossuet lui-même] qui ne fait qu'affaiblir votre parole ; parlez dans le cœur, prédicateur invisible....Bossuet (1627-1704)
Indigne, en bonne part, signifiant qui ne mérite pas un reproche, un mauvais sort, etc.
....Un cavalier indigne des liens Où l'a mis aujourd'hui la trahison des siensPierre Corneille (1606-1684)
Sa perte est de ses faits un indigne salaireRotrou (1609-1650)
S. m. et f. Un indigne, une indigne, une personne vile et sans mérites.
D'où il s'ensuit qu'ils [le corps et le sang de Jésus-Christ] y sont [dans le pain et le vin] non-seulement pour les dignes, mais encore pour les indignesBossuet (1627-1704)
Ce n'est pas que Jésus-Christ ne nous donne la propre substance de sa chair indépendamment de notre foi ; car il la donne, selon Calvin, même aux indignes ; mais c'est qu'il ne sert de rien de recevoir sa chair, si on ne la reçoit avec son espritBossuet (1627-1704)
Étymologie : Lat. indignus, de in.... 1, et dignus, digne.
Historique : XVIe s. Indigne et barbare cruauté [la mort de Marie Stuart] Les ames bastardes et vulgaires sont indignes de la philosophie Je responds des songes et bestises indignes d'un enfant Une accusation indigne de response
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens
adj. des deux genres
Qui n’est pas digne de quelque chose. Il est indigne des grâces que vous lui faites. Il est indigne de vivre. Il s’est rendu indigne de vos bienfaits. Puisque vous le jugez indigne de votre confiance. Il est indigne de créance, de foi. Il est indigne du rang qu’il occupe. Il est indigne qu’on lui témoigne le moindre intérêt. Un fils indigne de son père. Un crime, une faute indigne de pardon. Cet ouvrage est indigne de votre attention.
Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de Ceux qui, pour avoir manqué à quelque devoir essentiel envers une personne, de son vivant ou après sa mort, sont privés de sa succession. Ceux que la loi déclare indignes de succéder, déclare indignes.
INDIGNE est quelquefois Un titre que l’on se donne par humilité, surtout dans les formules de politesse. Serviteur indigne. J’osai, moi indigne, retoucher son ouvrage.
INDIGNE signifie aussi Qui n’est pas séant, convenable, ou même Qui est condamnable. Une telle conduite est indigne d’un homme d’honneur. Ces paroles sont indignes de vous. Cela est indigne de votre rang. C’est une chose indigne. C’est une conduite indigne. Traitement indigne. Un indigne attachement. Une tenue indigne. C’est un livre indigne. Femme indigne. Homme indigne, et elliptiquement Un indigne. Des indignes.
Communion indigne, Communion qui n’est pas faite avec les dispositions requises.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée indigne#33553.