indigne · indigné

indigne

adjectif, /ɛ̃diɲə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui n'est pas digne de...., en parlant des personnes. Indigne de, suivi d'un nom de personne, signifie qu'on n'est pas digne d'appartenir à cette personne.

    On mande des merveilles d'Allemagne ... ces Allemands se laissent noyer par un petit ruisseau.... on croit que M. de Luxembourg les battra.... ce n'est pas notre faute s'ils se rendent indignes d'être nos ennemis — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Indigne de vous plaire et de vous approcher — Jean Racine (1639-1699)

  2. À quoi on ne peut accorder de...., en parlant des choses. Une faute indigne de pardon.

  3. Terme de jurisprudence. Qui est déchu d'une succession pour avoir manqué à quelque devoir essentiel envers le défunt, de son vivant ou après sa mort. Déclaré indigne de succéder. Substantivement. Les enfants de l'indigne.

  4. Qui n'est pas séant, convenable, en parlant des choses.

    Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle — Bossuet (1627-1704)

    Comme un voleur, direz-vous ; indigne comparaison ! n'importe, qu'elle soit indigne de lui [Jésus-Christ], pourvu qu'elle nous sauve — Bossuet (1627-1704)

  5. Absolument. Qui n'est pas digne, c'est-à-dire qui mérite mépris ou haine, en parlant des personnes. Il se dit des choses dans le même sens. Communion indigne, communion qui n'est pas faite avec les dispositions requises.

    Qui ! la peur a glacé mes indignes soldats ! — Jean Racine (1639-1699)

    Quoi ! le ciel a permis Que ce vertueux père eût cet indigne fils — Voltaire (1694-1778)

  6. Indigne est quelquefois une épithète que l'on se donne par humilité. Signé : Un tel, prêtre indigne. J'osai, moi indigne, retoucher son ouvrage.

    Arrêtons ici, chrétiens, et vous, Seigneur, imposez silence à cet indigne ministre [Bossuet lui-même] qui ne fait qu'affaiblir votre parole ; parlez dans le cœur, prédicateur invisible.... — Bossuet (1627-1704)

  7. Indigne, en bonne part, signifiant qui ne mérite pas un reproche, un mauvais sort, etc.

    ....Un cavalier indigne des liens Où l'a mis aujourd'hui la trahison des siens — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sa perte est de ses faits un indigne salaire — Rotrou (1609-1650)

  8. S. m. et f. Un indigne, une indigne, une personne vile et sans mérites.

    D'où il s'ensuit qu'ils [le corps et le sang de Jésus-Christ] y sont [dans le pain et le vin] non-seulement pour les dignes, mais encore pour les indignes — Bossuet (1627-1704)

    Ce n'est pas que Jésus-Christ ne nous donne la propre substance de sa chair indépendamment de notre foi ; car il la donne, selon Calvin, même aux indignes ; mais c'est qu'il ne sert de rien de recevoir sa chair, si on ne la reçoit avec son esprit — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Lat. indignus, de in.... 1, et dignus, digne.

Historique : XVIe s. Indigne et barbare cruauté [la mort de Marie Stuart] Les ames bastardes et vulgaires sont indignes de la philosophie Je responds des songes et bestises indignes d'un enfant Une accusation indigne de response

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Qui n’est pas digne de quelque chose. Il est indigne des grâces que vous lui faites. Il est indigne de vivre. Il s’est rendu indigne de vos bienfaits. Puisque vous le jugez indigne de votre confiance. Il est indigne de créance, de foi. Il est indigne du rang qu’il occupe. Il est indigne qu’on lui témoigne le moindre intérêt. Un fils indigne de son père. Un crime, une faute indigne de pardon. Cet ouvrage est indigne de votre attention.

  2. Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de Ceux qui, pour avoir manqué à quelque devoir essentiel envers une personne, de son vivant ou après sa mort, sont privés de sa succession. Ceux que la loi déclare indignes de succéder, déclare indignes.

  3. INDIGNE est quelquefois Un titre que l’on se donne par humilité, surtout dans les formules de politesse. Serviteur indigne. J’osai, moi indigne, retoucher son ouvrage.

  4. INDIGNE signifie aussi Qui n’est pas séant, convenable, ou même Qui est condamnable. Une telle conduite est indigne d’un homme d’honneur. Ces paroles sont indignes de vous. Cela est indigne de votre rang. C’est une chose indigne. C’est une conduite indigne. Traitement indigne. Un indigne attachement. Une tenue indigne. C’est un livre indigne. Femme indigne. Homme indigne, et elliptiquement Un indigne. Des indignes.

  5. Communion indigne, Communion qui n’est pas faite avec les dispositions requises.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • indignes — pluriel — /ɛ̃diɲə/
  • indigne — singulier — /ɛ̃diɲə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée indigne#33553.

indigné

adjectif, /ɛ̃diɲe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Qui a conçu de l'indignation.

    Et de tant de mépris son esprit indigné — Pierre Corneille (1606-1684)

    Regagner les drapeaux que le Parthe a gagnés, Et venger de Crassus les mânes indignés — Georges de Brébeuf (1617-1661)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • indignées — pluriel féminin — /ɛ̃diɲe/
  • indignés — pluriel masculin — /ɛ̃diɲe/
  • indignée — singulier féminin — /ɛ̃diɲe/
  • indigné — singulier masculin — /ɛ̃diɲe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée indigné#33557.

indigné

nom, masculin

Voir aussi : forme féminine indignée

Grammaire et formes (2)
  • indignés — pluriel
  • indigné — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée indigné#101926.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.