inclination
nom, féminin · /ɛ̃klinasjɔ̃/
Usage : d'usage courant (1.54 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Penchant naturel qui porte quelqu'un vers une activité, un goût ou un comportement particulier.
Elle a une inclination marquée pour la musique ancienne.
Synonyme : penchant.
« Ces deux grands rois se connaissent ; c'est l'effet des soins de Madame ; ainsi leurs nobles inclinations concilieront leurs esprits, et la vertu sera entre eux une immortelle médiatrice »Bossuet (1627-1704)
« Cette inclination bienfaisante qui n'a jamais perdu une occasion de servir ceux qui ont eu besoin de son secours »Fléchier (1632-1710)
Littéraire. Sentiment d'affection ou d'attirance amoureuse que l'on éprouve pour quelqu'un.
Il éprouvait pour sa cousine une tendre inclination.
« J'ai toujours eu pour vous une pente et une inclination qui m'a mise à deux doigts d'être ridicule »Mme de Sévigné (1626-1696)
« Du moment que je vous ai vu, je me suis senti pour vous de l'inclination »Molière (1622-1673)
Degré d'écart d'une surface, d'un axe ou d'une trajectoire par rapport à un plan ou à une direction de référence.
L'inclination de l'axe terrestre explique l'alternance des saisons.
Synonyme : inclinaison.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- inclinations : pluriel · /ɛ̃klinasjɔ̃/
- inclination : singulier · /ɛ̃klinasjɔ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
s. f.
Action de pencher. Terme de laboratoire. Verser par inclination, verser quelque liqueur en penchant doucement le vaisseau.
Particulièrement. Action de pencher la tête ou le corps en signe d'acquiescement ou de respect.
On les [saint Marceau et sainte Geneviève] en empêche [de s'approcher tout à fait dans une procession], ils font seulement l'un à l'autre une douce inclination, et puis chacun s'en va chez soiMme de Sévigné (1626-1696)
On leur voyait [aux solitaires de la Thébaïde] multiplier leurs oraisons, inclinations ou génuflexions jusqu'à cent fois, jusqu'à deux cents fois, et même beaucoup plus souvent pendant le jourBossuet (1627-1704)
Fig. Mouvement de l'âme par lequel on est porté à quelque chose. Contre son inclination, contre la volonté même qu'on a.
Je connais que nos premières inclinations sont toujours les maîtressesVoiture (1597-1648)
Et l'inclination jamais n'a démenti Ce sang qui t'avait fait du contraire partiPierre Corneille (1606-1684)
Affection, amitié, amour. Mariage d'inclination, mariage où l'inclination est le motif déterminant, par opposition à mariage d'argent ou de convenance.
Mon inclination a bien changé d'objetPierre Corneille (1606-1684)
Je donnai par devoir à son affection Tout ce que l'autre avait par inclinationPierre Corneille (1606-1684)
Familièrement. La personne qu'on aime. Maîtresse. Il a fait une inclination. Il a une inclination. Boire aux inclinations de quelqu'un, boire à la santé de la dame qu'il aime.
N'auriez-vous point quelque secrète inclination avec qui vous souhaiteriez que votre père vous mariât ?Molière (1622-1673)
Sostrate : Verse à boire. - Straton, buvant : à vos inclinationsMme DE LA MOTTE
La chose pour laquelle on a du penchant. La chasse est son inclination.
Étymologie : Provenç. enclinatio ; espagn. inclinacion ; ital. inclinazione ; du lat. inclinationem, de inclinare, incliner.
Historique : XVe s. Et aussi leur principale inclination est de desirer leur prince estre foible XVIe s. Ils l'enhortoient de suivre l'inclination de sa nature, laquelle l'avoit fait naistre à plus grandes choses Là où le pole est si fort elevé pour l'inclination [inclinaison] des cercles equidistans, que.... Voilà les causes que l'on alleguoit de l'inclination que Ciceron avoit à ce jeune Caesar L'inclination aux voluptez et la fuitte du labeur ne sont point en nous estrangeres Nostre façon ordinaire, c'est d'aller aprez les inclinations de nostre appetit, à gauche, à dextre Ignorants nos baise-mains et n…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. f.
Action d’incliner. Dans ce sens, il ne se dit guère que de l’Action de pencher la tête ou le corps en signe d’acquiescement ou de respect. Il fit une légère inclination de tête. Faire une profonde inclination devant le Saint Sacrement.
Il signifie au figuré Mouvement de l’âme qui vous porte vers quelque chose, et, dans ce sens, on ne l’applique ordinairement qu’aux Personnes. Inclinations naturelles, vertueuses, vicieuses, basses. De bonnes, de nobles, de mauvaises inclinations. Gêner, combattre les inclinations d’une personne. Inclination au bien, à la vertu, au jeu, à la débauche. Avoir de l’inclination à bien faire, à mal faire, à médire. Il faut quelquefois forcer son inclination. Faire une chose contre son inclination, contre sa propre inclination.
Il signifie aussi Mouvement du coeur qui vous porte à aimer quelqu’un. Avoir, se sentir de l’inclination pour quelqu’un. Il a beaucoup d’inclination pour elle. Mariage d’inclination. Une inclination contrariée.
Il se dit encore, familièrement, de la Personne qu’on aime. Avoir une inclination. Changer d’inclination. N’aurait-il pas quelque secrète inclination? Cette jeune fille est l’inclination d’un tel, est son inclination.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée inclination#33310.