imprécation

imprécation

nom, féminin, /ɛ̃pʁɛkasjɔ̃/ ou /ɛ̃pʁekasjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Souhait qu'on fait contre quelqu'un.

    Il a fait contre moi mille imprécations — Tristan L'Hermite (1601-1655)

    Bénissez ceux qui font des imprécations contre vous, et priez pour ceux qui vous calomnient — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Terme d'antiquité. Formule solennelle, par laquelle on flétrissait publiquement un ennemi de l'État, en l'exilant ou en le condamnant à mort par contumace.

    Ce tribun [Ateius], s'étant inutilement opposé au départ de Crassus, courut à la porte de la ville par où il devait sortir, mit à terre un brasier plein de feu, et, dès que Crassus fut arrivé vis-à-vis, il jeta dans ce brasier des parfums, y versa des libations, et prononça dessus des imprécations terribles qu'on ne put entendre sans frémir d'horreur — Rollin (1661-1741)

    Ils alléguaient, entre autres raisons, les imprécations et les exécrations prononcées par les prêtres et par tous les autres ministres de la religion contre Alcibiade, et même contre ceux qui proposeraient de le rappeler — Rollin (1661-1741)

  3. Terme de rhétorique. Figure par laquelle on souhaite des malheurs à celui dont on parle ou à qui l'on parle.

Étymologie : Lat. imprecationem, de in, dans, sur, contre, et precari, prier (voy. ce mot).

Historique : XIVe s. Une loy de horrible imprecacion XVIe s. Quand je tanse avec mon valet, je tanse du meilleur courage que j'aye ; ce sont vrayes et non feinctes imprecations

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Souhait de malheurs qu’on fait contre quelqu’un. Faire des imprécations contre quelqu’un, le charger d’imprécations. Il nous en assura avec mille serments et mille imprécations, en faisant mille imprécations contre lui-même.

  2. Il se dit particulièrement, en termes de Rhétorique, de la Figure par laquelle on souhaite des malheurs à celui dont on parle ou à qui l’on parle. Les imprécations de Camille contre Rome dans la tragédie d’Horace.

  3. IMPRÉCATION se disait, en termes d’Antiquité, de Prières solennelles faites contre quelqu’un pour attirer sur lui la vengeance, la punition divine.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • imprécations — pluriel — /ɛ̃pʁekasjɔ̃/ ou /ɛ̃pʁɛkasjɔ̃/
  • imprécation — singulier — /ɛ̃pʁekasjɔ̃/ ou /ɛ̃pʁɛkasjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée imprécation#33027.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.