impossible
adjectif, /ɛ̃posiblə/ ou /ɛ̃pɔsiblə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui ne peut être, qui ne peut se faire. Il est impossible que, avec le subjonctif. Elliptiquement. Impossible, cela ne se peut.
Tout ce qui n'est pas aisé, ils [les lâches conseillers] le nomment impossible — Guez de Balzac (1597-1654)
À qui sait bien aimer il n'est rien d'impossible — Pierre Corneille (1606-1684)
Par extension, qui est très difficile.
Il est impossible, quelque résolution que l'on fasse, de n'être pas un peu alarmée des désordres de la poste — Mme de Sévigné (1626-1696)
Terme de politique. Qui ne peut être employé dans telle ou telle position, ne peut entrer dans telle ou telle combinaison de gouvernement. Il s'est rendu impossible.
S. m. L'impossible, ce qui ne peut être fait, advenir. Par exagération. Faire l'impossible, façon hyperbolique d'assurer qu'on fera tout ce qu'on peut. Réduire quelqu'un à l'impossible, en exiger ce qu'il ne peut faire, et, en termes de logique, le réduire à ne pouvoir répondre sans tomber en contradiction. Familièrement. Gagner l'impossible, perdre l'impossible, etc., gagner beaucoup, perdre beaucoup.
Qui doute que vous ne le puissiez, et qui ne sait que pour votre esprit il n'y a point d'impossible ? — Voiture (1597-1648)
Ce beau feu dont pour vous mon cœur est embrasé Trouvera tout possible et l'impossible aisé — Rotrou (1609-1650)
Par impossible, en faisant une supposition qui paraît impossible ou tout à fait improbable. Terme de scolastique. Supposition par impossible, supposition dans laquelle on pose une alternative impossible. À l'impossible nul n'est tenu.
Le monde eût été mauvais si, par impossible, il eût été créé sans l'incarnation du Verbe — Fénelon (1651-1715)
Étymologie : Provenç. impossible ; espagn. imposible ; portug. impossivel ; ital. impossibile ; du lat. impossibilis, de in négatif, et possibilis, possible.
Historique : XIVe s. C'estoit impossible et non creable que li Volques peussent.... XVe s. Ils rapporterent qu'ils estoient tellement fortifiez que impossible chose seroit d'y rien faire qui peust proficter [Il] s'adresse vers la plus grant huée, là où le chevalier au griffon faisoit droit impossible d'armes XVIe s. La difference entre l'impossible et l'inusité Contraindre à quelque rançon excessifve et impossible Il les mena batant jusques en des lieux dont il estoit impossible que gens de cheval se peussent tirer
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui ne peut être, qui ne se peut faire. Le mouvement perpétuel, la quadrature du cercle, etc., sont des problèmes dont la solution est regardée comme impossible. Il n’y a rien d’impossible à Dieu. Cela est moralement impossible, matériellement impossible. Il m’est impossible, tout à fait impossible de vous satisfaire. Il est impossible qu’il soit vivant. L’exécution d’une telle entreprise est impossible. Substantivement, Je ne puis faire l’impossible. C’est entreprendre, c’est tenter l’impossible. Prov., à l’impossible nul n’est tenu.
Par exagération, Faire l’impossible, Faire tout ce qui est possible. Pour vous obliger je ferai l’impossible.
Réduire quelqu’un à l’impossible, En exiger ce qu’il ne peut faire; ou, en termes de Logique, Le réduire à ne pouvoir répondre sans tomber en contradiction.
PAR IMPOSSIBLE, Formule dont on se sert, dans le discours, lorsqu’on suppose une chose qu’on sait bien être impossible. Si, par impossible, cette affaire réussissait, vous en auriez tout le mérite.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- impossibles — pluriel — /ɛ̃pɔsiblə/ ou /ɛ̃posiblə/
- impossible — singulier — /ɛ̃pɔsiblə/ ou /ɛ̃posiblə/
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