importun
adjectif, /ɛ̃pɔʁtœ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui est fâcheux d'une manière répétée, continue. Importun à soi-même, qui est pour soi-même une cause continuelle de fâcherie. Substantivement.
Ainsi certaines gens faisant les empressés S'introduisent dans les affaires ; Ils font partout les nécessaires, Et, partout importuns, devraient être chassés — La Fontaine (1621-1695)
Je voudrais être en lieu d'où je pusse aisément Contempler la foule importune De ceux qui cherchent vainement Cette fille du sort [la fortune] de royaume en royaume — La Fontaine (1621-1695)
Il se dit aussi des choses.
Viendrait-il de nouveau d'une audace importune Pour la centième fois éprouver la fortune ? — Jean Mairet (1604-1686)
ôtez-nous de ces biens l'affluence importune, Dirent-ils l'un et l'autre — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Lat. importunus, de in négatif, et portus, port, qui n'a point de port, d'accès, qui est défavorable, et de là les significations dérivées.
Historique : XVe s. Il faut laisser le chalgrin importun à tout le moins à la table buvant XVIe s. La fortune ayant esté si importune que de mettre en une maison triumphale un si piteux dueil Il y en eut plusieurs à qui Titus sembla par trop importun et trop cruel, d'avoir ainsi fait mourir Hannibal Une ambition importune en tel aage Combien qu'il eust aussi bonne grace, et rencontrast aussi dextrement à se deffaire de tels importuns J'ai vu des gens importuns de courtoisie La peur est encore plus importune et insupportable que la mort Si quelqu'un donc par une legiereté intemperante ou temerité indiscrete…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui déplaît, qui ennuie, qui fatigue par des assiduités, par des discours, par des demandes, par une présence hors de propos, etc. Il craint de vous être importun, de se rendre importun, de devenir importun. C’est un solliciteur importun. Il est importun par ses questions incessantes. Substantivement, Un importun, une importune.
Il se dit aussi des Choses qui déplaisent, qui fatiguent parce qu’elles sont hors de propos ou semblent hors de propos. Flatteries importunes. Questions importunes. Arrivée importune. D’importuns souvenirs. La vérité lui est importune.
Il se dit par analogie, tant au propre qu’au figure, de Ce qui est insupportable par sa continuité, sa fréquence. Une pluie importune. Il a un babil importun. Les moustiques sont importuns. Ses fréquentes visites sont importunes.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- importunes — pluriel féminin — /ɛ̃pɔʁtynə/
- importuns — pluriel masculin — /ɛ̃pɔʁtœ̃/
- importune — singulier féminin — /ɛ̃pɔʁtynə/
- importun — singulier masculin — /ɛ̃pɔʁtœ̃/
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