ignorance

ignorance

nom, féminin, /iɲoʁɑ̃sə/ ou /iɲɔʁɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. État de celui qui ignore une chose, qui ne la connaît pas. Terme de pratique. Prétendre cause d'ignorance, alléguer son ignorance pour excuse. Dans le langage familier. Prétendre cause d'ignorance, faire semblant d'ignorer une chose que, de fait, on n'ignore pas.

    Ceux qui ne se sont pas mis en peine d'acquérir la sagesse, non-seulement sont tombés dans l'ignorance du bien, mais encore... — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Nous sommes dans une grande ignorance de toutes les affaires publiques — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Défaut de connaissance, manque de savoir.

    Un péché qu'il déclare avoir commis par ignorance — Pascal (1623-1662)

    Le monde juge bien des choses, car il est dans l'ignorance naturelle, qui est le vrai siège de l'homme ; les sciences ont deux extrémités qui se touchent : la première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant ; l'autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent en cette même ignorance d'où ils étaient partis ; mais c'est une ignorance savante qui se connaît — Pascal (1623-1662)

  3. Faute qui marque ignorance.

    Nous avons ce saint sacrifice, rafraîchissement de nos peines, expiation de nos ignorances et des restes de nos péchés — Bossuet (1627-1704)

    Que le nom de M. de Meaux va être flétri dans les écrits du ministre [Jurieu] ! déjà on ne trouve dans sa dixième lettre que les ignorances de ce prélat, ses vaines déclamations... — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Provenç. ignoransa, ignorantia ; esp. ignorancia ; ital. ignoranzia ; du lat. ignorantia, de ignorare, ignorer. Palsgrave, p. 63, au XVIe siècle, dit qu'on prononce inorance.

Historique : XIIe s. Les mesfaiz de la meie juvente [de ma jeunesse] e mes ignorances ne remembrer [ne te souviens pas de....] XIVe s. On ne doit mies trop reprendre Aucun fol, s'on li voit emprendre Par ynnorance aucunne cose Sur les petiz [il] fist la restinction [économie], Qui monte à pou ; vez ci large ignorance : Es grans cas chiet la bonne pourvoiance : Plus despent loups que brebis ne oustarde XVIe s. L'ignorance qui se sçait, qui se juge et qui se condamne, ce n'est pas une entiere ignorance ; pour l'estre, il fault qu'elle s'ignore soy mesme

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. état de celui qui est ignorant. Ignorance grossière. Profonde ignorance. Ignorance excusable. Ignorance invincible. Ignorance volontaire. Ignorance affectée. On a cru longtemps à tort que le moyen âge était un siècle d’ignorance. Croupir dans l’ignorance. Vivre dans une extrême ignorance de toutes choses. Ignorance du droit. Ignorance du fait. J’avoue mon ignorance sur ce point. J’étais dans l’ignorance de ce qui se passait.

  2. Il se dit quelquefois des Fautes qui marquent une ignorance grossière. Ce livre est plein d’ignorances impardonnables.

  3. Prétendre cause d’ignorance signifie, en termes de Procédure, Alléguer son ignorance pour excuse. Afin que nul n’en prétende, n’en puisse prétendre cause d’ignorance. Il signifie aussi, dans le langage familier, Affecter d’ignorer quelque chose.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • ignorances — pluriel — /iɲɔʁɑ̃sə/ ou /iɲoʁɑ̃sə/
  • ignorance — singulier — /iɲɔʁɑ̃sə/ ou /iɲoʁɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ignorance#32564.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.