idéal
adjectif, /ideal/ ou /idɛal/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui n'a d'existence que dans l'idée, dans l'esprit. Des êtres idéaux. Chimérique. Richesses idéales.
Plus une philosophie est subtile et idéale, plus elle est vaine et inutile pour expliquer des choses qui ne demandent qu'un sens droit pour être connues — La Bruyère (1645-1696)
Ne voyant rien d'existant qui fût digne de mon délire, je le nourris dans un monde idéal que mon imagination eut bientôt peuplé d'êtres selon mon cœur — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Par extension, qui réunit toutes les perfections que l'esprit peut concevoir, indépendamment de la réalité.
Cet état idéal d'innocence, de haute tempérance, d'abstinence entière de la chair, de tranquillité parfaite, de paix profonde a-t-il jamais existé ? — Buffon (1707-1788)
Malheur à qui du fond de l'exil de la vie Entendit ces concerts d'un monde qu'il envie ! Du nectar idéal sitôt qu'elle a goûté, La nature répugne à la réalité — Lamartine (1790-1869)
S. m. Assemblage abstrait de perfections dont l'âme se forme l'idée, mais sans pouvoir y atteindre complétement. Le modèle intérieur du poëte, de l'artiste. Au plur. Faut-il dire des idéals, comme on dit des chorals, ou des idéaux ? L'usage n'a pas prononcé. L'adjectif fait idéaux au pluriel. Le substantif peut le suivre ; cependant il semble que les idéals conserve mieux le sens du mot et a une forme moins lourde ; en traduisant la pièce de Schiller intitulée die Ideale, ne vaudrait-il pas mieux dire les Idéals que les Idéaux ?
Des traits qui portent l'empreinte des passions, mais ne retracent point l'idéal de la beauté — Mme de Staël (1766-1817)
Il règne ici [dernière scène d'Alzire] un idéal de vérité au-dessus de tout idéal poétique — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Lat. idealis, de idea, idée.
Historique : XVIe s. Leur forme idéale [des beaux pensers]
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui n’existe ou ne peut exister que dans l’entendement, dans l’imagination. Il s’oppose à Réel. Les choses que désignent les mots abstraits n’ont qu’une existence idéale. Le héros de ce poème est un personnage idéal.
Il signifie aussi Qui réunit toutes les perfections, ou qui est plus beau que les modèles offerts par la nature. Beauté, perfection idéale. Formes idéales. Type idéal. On l’emploie quelquefois comme nom masculin dans cette dernière acception et il se dit de Ce qui donnerait à l’intelligence, à la sensibilité humaine une satisfaction parfaite. Nous concevons Dieu comme l’idéal de la bonté, de la puissance. Il faut viser à l’idéal, tendre à l’idéal. Rêver un idéal impossible. Rencontrer son idéal.
IDÉAL s’applique aussi à Tous les intérêts moraux, intellectuels, esthétiques, qui s’opposent à ceux de la vie matérielle et qui les dépassent. Sacrifier ses droits à son idéal.
Dans un sens plus restreint, il est quelquefois simplement synonyme de Modèle. Cet homme est l’idéal du fonctionnaire.
IDÉAL fait au pluriel Idéaux ou Idéals.
Idéaux est employé plutôt dans la langue technique de la Philosophie et des Mathématiques, Idéals dans le langage de la Littérature, des Beaux-Arts et de la Morale.
IDÉAUX, en termes d’Arithmétique supérieure, se dit de Certains ensembles de nombres dont la considération permet d’étendre sans réserve aux nombres algébriques les théories élémentaires fondamentales de la divisibilité et des nombres premiers.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (5)
- idéales — pluriel féminin — /idealə/ ou /idɛalə/
- idéals — pluriel masculin — /ideal/ ou /idɛal/
- idéaux — pluriel masculin — /ideo/ ou /idɛo/
- idéale — singulier féminin — /idealə/ ou /idɛalə/
- idéal — singulier masculin — /ideal/ ou /idɛal/
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